Le cinéma africain est en deuil.
Une voix s’est tue, un regard s’est éteint, une présence s’est retirée de l’écran et de nos cœurs.
L’actrice sénégalo-maroco-algérienne Halima Gadji s’est éteinte hier à Dakar, à l’âge de 36 ans, laissant derrière elle une trace lumineuse, faite de grâce, de talent et d’audace.
Née en 1989, entre les quartiers populaires et vibrants de la Médina et de Sacré-Cœur, à Dakar, Halima portait en elle la richesse de plusieurs héritages :
celui d’une mère maroco-algérienne, et celui d’un père sénégalais. De ce métissage, elle avait tiré une identité ouverte, fière, profondément africaine et résolument universelle.
Actrice, consultante mode, mannequin et entrepreneuse, Halima Gadji ne se limitait pas à un seul cadre. Elle explorait, elle créait, elle osait. Elle incarnait cette génération de femmes africaines modernes, libres, déterminées, conscientes de leur image et de leur pouvoir d’inspiration. Le grand public la découvre et l’adopte à travers la série à succès : Maîtresse d’un homme marié, où son jeu, à la fois intense et nuancé, révèle une actrice capable de porter des personnages complexes, proches des réalités sociales, et profondément humains.
À l’écran, Halima ne jouait pas seulement des rôles : elle racontait des vies. Son rayonnement a dépassé les frontières du Sénégal. En 2023, elle est choisie comme Marraine du 39ᵉ Festival international de cinéma Vues d’Afrique, à Montréal (Canada), aux côtés du parrain Stanley Février.
Un honneur qui consacrait son engagement pour la promotion du cinéma africain et des talents issus du continent et de la diaspora.
Dans la vie comme dans l’art, Halima était aussi une sœur, une présence aimante et inspirante pour son cadet, l’acteur Kader Gadji, avec qui elle partageait non seulement le sang, mais aussi
la passion des projecteurs et de la création.
Aujourd’hui, le rideau tombe trop tôt sur une carrière encore pleine de promesses. Mais les images demeurent, les scènes restent, les souvenirs persistent. Et dans chaque rediffusion, dans chaque évocation de son nom, Halima Gadji continuera de vivre, comme vivent les artistes véritables :
dans la mémoire collective et dans la lumière des écrans. Ma foi d’artiste et le zèle de professionnel de média qui m’habitent font foi.
🕊️ Paix à ton âme, Halima.
Que ton sourire traverse encore longtemps les frontières du temps.
Pour LAUTREINFO
ZADAIN KASONGO T.


