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jeudi, janvier 15, 2026

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LE SAVANT EST PARTI

Il s’est éteint dans la discrétion, comme il a vécu, ce dimanche 14 décembre 2025, aux petites heures du matin. Il venait de célébrer sa nonantième bougie, le 25 novembre dernier.


Avec lui s’éteint une lumière, mais non la clarté qu’il a semée.
Patrice MUFUTA KABEMBA, homme des lettres, Professeur des universités, n’était plus à présenter dans les milieux intellectuels congolais, africains et internationaux. Son œuvre et sa pensée ont franchi les frontières, porté haut la voix des savoirs africains, et inscrit durablement son nom dans l’histoire universitaire.

Tenter de retracer ici son parcours relèverait de l’impossible tant son curriculum vitae, déjà long de plus de dix pages en 1989, débordait de recherches, d’enseignements et d’engagements.
Chercheur infatigable, enseignant jusqu’à son dernier souffle, il a consacré sa vie à transmettre. Transmettre le savoir, son savoir, mais surtout le goût du savoir.


Depuis l’obtention de sa licence en philologie africaine en 1962 à l’Université Lovanium de Kinshasa, jusqu’à son doctorat en ethnologie obtenu en 1968 à Paris Nanterre, combien d’étudiants, combien de professeurs sont passés par son école, façonnés par son exigence, éclairés par sa rigueur et nourris par sa générosité intellectuelle ?
Aux côtés de son épouse, mamu Tshianda NGALULA, il a fondé une famille solide et digne. Cinq enfants perpétuent aujourd’hui son héritage humain et moral : Gabriel MUFUTA KANKOLONGO, Jean-Michel MUFUTA MUKENA, Marie-Tecla MUFUTA MASENGU, Nicole Sophie MUFUTA MUSWAMBA et Muntu Dikanda MUFUTA.

À la Faculté des Lettres de Lubumbashi, sa chaire reste silencieuse. Les étudiants l’appelaient simplement “le Savant”.

Un vieil adage africain dit : « Quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. »
Mais Patrice MUFUTA KABEMBA était à la fois une bibliothèque et tout un village à lui seul, porteur de mémoires, de traditions, de savoirs et de visions.
Ses œuvres continueront de parler pour lui. Parmi elles, Le Kasala, cette étude magistrale du panégyrique luba, qu’il a su analyser, transmettre et magnifier avec une maîtrise inégalée. Il en demeure le père incontesté. Qui mieux que lui savait chanter les vertus du kasala, lui qui l’a tant enseigné et tant honoré ?
C’est désormais aux poètes de faire résonner cet écho, et de lui offrir, à leur tour, un kasala digne de son nom.

Mon savant est parti.

Notre savant s’est tu à jamais.
Mais jamais le poète, jamais l’enseignant ne meurt tout à fait.
Leurs œuvres parlent, enseignent et demeurent.
Patrice MUFUTA KABEMBA,
insuffle-moi ta sagesse et ton savoir,
afin que je sache te pleurer avec la dignité et la profondeur
que toi seul savais enseigner.

ZADAIN KASONGO

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