LES INCOMPÉTENTS VEULENT REVENIR

Quand l’absence de projet se déguise en opposition politique

L’histoire politique des nations ressemble parfois à un éternel recommencement. Les acteurs changent de costumes, les slogans se renouvellent, les alliances se recomposent, mais certaines habitudes demeurent. Parmi elles, la tentation du retour de ceux qui ont déjà exercé le pouvoir sans convaincre et qui, pourtant, aspirent à reprendre les commandes de l’État.

En République démocratique du Congo, certains anciens mandataires, dignitaires et cadres du régime passé occupent à nouveau le devant de la scène politique. Depuis quelques jours, ils multiplient les déclarations, les meetings et les initiatives destinées à fragiliser les institutions en place. Leur dernier mot d’ordre est une manifestation baptisée « Ville morte » annoncée à Kinshasa pour le 3 juin 2026 pour s’opposer contre le changement de la constitution annoncé par le pouvoir en place.
Derrière cette initiative, une question fondamentale mérite d’être posée : Ces opposants, que proposent ils réellement au peuple congolais ? Rien à ce jour. Tout ce qu’ils savent faire c’est organiser la contestation par des marches.
L’opposition est un pilier indispensable de toute démocratie. Elle critique, contrôle et propose des alternatives. Mais encore faut-il qu’elle dispose d’une vision, d’un projet de société et d’un programme crédible. Or, ce qui frappe aujourd’hui de nombreux observateurs, c’est l’absence de propositions concrètes au sein d’une partie de cette opposition.
Leur discours semble se résumer à une seule ambition : conquérir le pouvoir.
Conquérir le pouvoir pour faire quoi ?
La question reste sans réponse.

L’on peine à entendre des propositions détaillées sur l’emploi des jeunes, l’industrialisation du pays, la transformation des ressources minières, la modernisation de l’agriculture, la réforme de l’enseignement ou encore la sécurité nationale. À la place, le débat public est souvent réduit à des attaques personnelles, des accusations spectaculaires et des slogans destinés à provoquer l’émotion plus que la réflexion. Une opposition qui ne réfléchit pas. Une partie du pays est encore occupée par l’ennemi à ce jour. L’opposition ne fait rien. Mais elle organise une « VILLE MORTE »
L’exemple d’une maison est souvent parlant.
Lorsqu’un propriétaire souhaite remplacer un gardien, il ne se contente pas d’accuser celui qui occupe actuellement le poste. Il cherche d’abord à savoir si le candidat au remplacement est capable d’assurer une meilleure protection du bâtiment. De même, un peuple responsable ne peut confier son destin à des hommes politiques uniquement parce qu’ils critiquent ceux qui gouvernent. Il doit aussi examiner leurs bilans, leurs compétences et leurs solutions.
Plusieurs figures de l’opposition actuelle ont déjà exercé des responsabilités importantes dans le passé. Certaines ont été ministres, parlementaires, gouverneurs ou hauts responsables d’institutions publiques. Elles ont eu l’occasion d’agir. Elles ont participé à la gestion de l’État. Elles ont influencé les décisions du pays. Elles n’ont rien de nouveau à apporter.
Pourquoi les solutions qu’elles avanceraient aujourd’hui n’ont-elles pas été mises en œuvre lorsqu’elles disposaient du pouvoir ou de l’influence nécessaire ?
La question mérite d’être posée sans passion et sans haine. Mais plus grave encore , l’ancien Président Joseph KABILA accusait les mêmes opposants de s’être opposés aussi à la même constitution qu’ils disent défendre aujourd’hui sous TSHISEKEDI. Est-ce une façon de vouloir exister, amnésie politique ou prendre le peuple pour idiot.
Plus préoccupant encore est le recours à des discours qui relèvent parfois davantage de la démagogie que de l’argumentation politique. Dire que l’actuel Président de la République serait de mèche avec l’ennemi qui ensanglante et pille aujourd’hui la nation congolaise ne relèverait que du pure mensonge de mauvais goût.
Les spécialistes des sciences politiques définissent la démagogie comme étant l’art de flatter les émotions populaires au détriment de la vérité et de la raison. Le démagogue ne cherche pas à éclairer le peuple ; il cherche à le séduire. Il ne construit pas ; il excite. Il ne propose pas ; il accuse.
L’histoire mondiale regorge d’exemples.
Dans plusieurs pays, des leaders populistes ont promis des solutions miraculeuses à des problèmes complexes. Ils ont désigné des coupables, attisé les frustrations et nourri les colères populaires. Une fois au pouvoir, leurs promesses se sont souvent dissipées comme de la fumée sous le vent.
La République démocratique du Congo mérite mieux.
Elle mérite un débat politique fondé sur les faits, les programmes et les idées.
Elle mérite des opposants capables de démontrer en quoi leur projet est supérieur à celui du pouvoir en place.
Elle mérite également des citoyens capables d’exercer leur esprit critique et de ne pas se laisser entraîner par les passions du moment.
La démocratie n’est pas un concours de slogans.
Elle n’est pas davantage une compétition de frustrations.
Elle est un affrontement pacifique de visions pour l’avenir.
Demain, comme hier, le dernier mot appartiendra au peuple. Lui seul possède la souveraineté nécessaire pour distinguer les bâtisseurs des illusionnistes, les visionnaires des opportunistes, les serviteurs de la nation des simples conquérants du pouvoir, les pilleurs des ressources naturelles des honnêtes et loyaux citoyens de la République.
Le verdict ne tombera ni dans les réseaux sociaux ni dans les déclarations tapageuses. Il tombera dans la conscience du peuple congolais.
Et ce peuple, malgré toutes les épreuves qu’il traverse, a souvent démontré qu’il savait reconnaître ceux qui lui parlent avec sincérité et ceux qui cherchent simplement à l’utiliser pour satisfaire leurs ambitions.

ZADAIN KASONGO T.

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