-Bruxelles a entendu le cri cri du Congo
-La marche du 25 mai 2026 : quand la diaspora congolaise fit résonner sa voix au cœur de l’Europe.
Le 25 mai 2026 restera, pour de nombreux Congolais de la diaspora, une date gravée dans la mémoire collective. Ce jour-là, les rues de Bruxelles ont été le théâtre d’une mobilisation exceptionnelle. Ceux qui avaient promis de marcher l’ont fait. Ceux qui avaient annoncé leur présence ont répondu à l’appel. Et la capitale belge, habituée aux manifestations de toutes origines, a ressenti la force d’un peuple venu rappeler au monde que la souffrance du Congo ne saurait être éternellement ignorée.
Depuis les premières heures de l’après-midi, des milliers de Congolais convergeaient vers la Place du Trône. Ils étaient venus de Belgique, de France, d’Allemagne, des Pays-Bas, du Luxembourg, du Royaume-Uni et d’autres pays européens. Certains avaient parcouru plusieurs centaines de kilomètres durant la nuit afin d’être présents à ce rendez-vous que beaucoup considéraient comme un devoir patriotique.
Ce n’était pas seulement une marche. C’était l’expression d’une douleur accumulée au fil de trois décennies de conflits, de massacres, de déplacements de populations et de pillages des richesses naturelles de la République démocratique du Congo. Une douleur longtemps contenue, mais qui, ce jour-là, trouvait enfin un espace d’expression publique.
À 13 heures précises, comme prévu, le cortège s’ébranlait en direction de la Place Schumann, siège symbolique des institutions européennes. Sous l’encadrement professionnel de la police belge, les manifestants avançaient dans le calme et la discipline. Hommes, femmes, jeunes et anciens marchaient côte à côte, portés par une même conviction : celle de défendre la souveraineté du Congo et d’exiger justice pour les victimes des violences qui ensanglantent particulièrement l’Est du pays.
Le spectacle était saisissant. Les drapeaux bleu ciel frappés de l’étoile jaune flottaient au-dessus de la foule comme autant de fragments d’une même nation dispersée. Les pancartes portaient des messages clairs : appels à la paix, dénonciation des massacres, exigence de sanctions contre les responsables des violences, plaidoyer pour une implication plus ferme de la communauté internationale.
Les braves et vrais congolais de la Diaspora ,toutes activités cessantes ont tenu à apporter de manière significative et pacifique une réponse au groupuscule d’individus ayant organisé aussi une autre marche 10 jours plus tôt. Ceux-là disaient aussi marcher au nom du Congo et des Congolais. Dieu seul sait de quel Congo et de quels congolais s’agissait il? Ils n’avaient rien du Congo ni des congolais. Il s’agissait des non congolais bien connus et facilement identifiables par leur narratif mensonger. Revenons à la manifestation des vrais congolais.
Les slogans retentissaient d’une seule voix :
— « Justice pour le Congo ! »
— « Non au pillage de nos ressources ! »
— « Paix à l’Est du Congo ! »
— « Respect de la souveraineté congolaise ! »
Pour beaucoup, cette marche constituait également une réponse à certaines initiatives antérieures prétendant parler au nom du peuple congolais. Les participants voulaient démontrer que la véritable force de la diaspora réside dans sa capacité de mobilisation lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts supérieurs de la nation.
L’ambiance demeurait fraternelle tout au long du parcours. Des chants patriotiques étaient entonnés. Des femmes hululaient en signe d’encouragement. Des jeunes scandaient des messages d’unité nationale. Les différences régionales s’effaçaient derrière une identité commune. Congolais du Nord, du Sud, du centre,de l’Est et de l’Ouest parlaient le même langage : celui de l’amour de la patrie.
LES BANYAMULENGE ABSENTS
Les Banyamulenge qui se disent pourtant congolais, n’ont pas été aperçus au cours de cette marche. Ils ont brillé par leur absence. C’est à se demander s’ils sont ou se croient réellement congolais? Question pertinente dans ce contexte patriotique. Tout semble se clarifier. On ne les voit que quand il faut partager le pouvoir et les titres. Ne seraient ils congolais que par intérêt s’interrogeait un manifestant congolais de père et de mère.
Parmi les moments les plus marquants figuraient les lectures publiques de plusieurs textes et mémorandums destinés aux autorités européennes. Ces documents reprenaient les principales revendications des manifestants : la protection des populations civiles, la condamnation des violences, la lutte contre l’exploitation illégale des ressources minières et le respect de l’intégrité territoriale de la RDC.
Une question demeure toutefois suspendue dans les esprits : ce cri sera-t-il enfin entendu ?
Car depuis des années, les Congolais ont souvent le sentiment que leur drame est connu mais insuffisamment pris en compte. Les rapports s’accumulent. Les condamnations verbales se succèdent. Pourtant, sur le terrain, les populations continuent de payer un lourd tribut.
L’histoire nous enseigne cependant que les grandes causes avancent grâce à la persévérance de ceux qui refusent le silence. Les manifestations contre l’apartheid en Afrique du Sud, les marches pour les droits civiques aux États-Unis ou encore les mobilisations populaires en faveur de la liberté dans plusieurs régions du monde ont démontré qu’une voix collective, lorsqu’elle demeure constante, finit toujours par ébranler les consciences.
La marche du 25 mai 2026 s’inscrit dans cette logique. Elle ne résoudra pas à elle seule les problèmes du Congo. Mais elle rappelle que, même loin de leur terre natale, les Congolais restent attachés à leur pays et déterminés à défendre sa dignité.
Le combat pour la paix, la justice et la souveraineté continue. Et ce jour-là, au cœur de Bruxelles, le Congo a parlé.
ZADAIN KASONGO T.


