LA DIPLOMATIE CONGOLAISE À L’ÉPREUVE DE LA FRANCOPHONIE

Au cours de ce mois de novembre 2026, le sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui se tiendra à Phnom Penh, permettra de mesurer la performance de la diplomatie congolaise. L’enjeu est de taille : le poste de secrétaire général de l’organisation. Si la candidate de qualité présentée par la République démocratique du Congo venait à être battue, notre pays serait en droit de s’interroger sérieusement sur l’intérêt de son maintien au sein de cette organisation. Une telle défaite constituerait un désaveu politique difficile à accepter. Elle montrerait, une fois encore, que le statut de premier pays francophone du monde par sa population ne garantit à la RDC aucun avantage particulier au sein de la Francophonie. Plus encore, la reconduction éventuelle de l’actuelle secrétaire générale, d’origine rwandaise, serait ressentie comme une humiliation supplémentaire par les Congolais, alors qu’une partie du territoire national demeure sous occupation, dans un contexte où le Rwanda est régulièrement mis en cause pour son implication dans le conflit à l’est de la RDC, malgré les résolutions des Nations unies exigeant le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale congolaises. L’heure serait alors venue de s’interroger sur les motivations de la France et sur les raisons qui pourraient la conduire à soutenir une candidature rwandaise au détriment des intérêts diplomatiques de la RDC. Comment comprendre qu’un pays qui entretient des relations privilégiées avec Kinshasa puisse, dans une telle circonstance, favoriser les intérêts d’un État accusé d’agression contre notre pays ? L’heure serait également venue de tirer toutes les conséquences politiques et diplomatiques d’un tel revers. La RDC ne saurait continuer à célébrer son appartenance à une organisation dans laquelle son poids démographique, son histoire et sa contribution à la construction de la Francophonie ne seraient pas reconnus à leur juste valeur. Face à ce qui pourrait être interprété comme une nouvelle offense à la dignité nationale, notre pays devrait faire entendre sa voix avec fermeté et envisager une réévaluation de son engagement au sein de l’OIF.
José Tshisungu wa Tshisungu
(Coauteur de Discours sur l’Universalité de la francophonie, Paris, ACCT, 1987)

Article précédent

Related Articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Stay Connected

0FansJ'aime
0SuiveursSuivre
0AbonnésS'abonner
- Advertisement -spot_img

Latest Articles