Dès la mise en marche de l’État moderne sur l’ensemble du territoire de la RDC – tour à tour marquée à travers le temps par l’État indépendant du Congo (EIC), la colonisation belge, et la période courante de l’indépendance – les migrations et conquêtes des peuples occupant actuellement ce pays se sont arrêtées, et le système de gouvernance devait au fur et à mesure changer pour s’adapter aux exigences du contexte nouveau.
De l’EIC à la colonisation belge, la colonisation étant par essence la transformation des structures politiques, économiques et sociales au profit du pouvoir occupant, c’est à dire de la métropole, des changements énormes ont été opérés faisant notamment passer peu à peu les sociétés traditionnelles de l’économie de subsistance à l’économie de marché dominée par l’introduction de la monnaie, de même que des populations ont pu être amenées de leur milieu d’origine à travailler pour le pouvoir colonial, allant jusqu’à constituer des centres extra-coutumiers, des centres d’exploitation minière et autres, qui allaient progressivement devenir des agglomérations et villes dans le paysage démographique actuel de la RDC. De ce fait des villes précoloniales de la RDC – puisque certainement il y en a eu, une ville étant, selon la définition de l’école américaine de Mumford, une place centrale, un point de polarisation de l’espace – allaient pour la plupart perdre leur envergure et revenir de simples villages. Ainsi en a-t-il été de Bolobo sur le fleuve Congo, et même des capitales des empires, royaumes et organisations non étatiques précoloniaux de la RDC, qui n’ont pas eu à figurer dans les orientations politiques et économiques tracées par le pouvoir colonial belge en fonction de ses intérêts à atteindre au Congo.
Des plans ont été conçus à cette époque par le pouvoir colonial belge, qui ont conduit au tracé des routes, des chemins de fer, qui n’ont pas tenu compte des intérêts locaux pour la vie des populations autochtones,dites indigènes. Il en a aussi été ainsi de la politique des pôles de développement économique du Congo, au nombre de trois ( Léopoldville – Elisabethville – Stanleyville), qui in fine n’ont pas pu produire des effets d’entraînement attendus en amont et en aval pour développer l’ensemble du Congo- laissant dans la pauvreté toutes les régions de l’intérieur ayant été mises à leur contribution ; et le Plan décennal pour le développement économique et social du Congo, de 1949, n’a pu rien changer sous cet aspect, jusqu’à l’indépendance en 1960.
Il est de notre devoir- puisque nous parlons de villes, de l’essor économique et social et de mouvements de populations – de faire remarquer que le pouvoir colonial belge a dans sa gestion initié le peuplement d’un territoire industriel qui auparavant avait été pauvre en habitants : le Haut-Katanga industriel, qui jusqu’il a peu s’étendait de la province actuelle du Haut-Katanga au Lualaba. De même il a introduit par vagues des populations rwandaises qu’il a installées ça et là dans Kivu, tandis que d’autres étaient acheminées dans le Haut-Katanga industriel pour pallier au besoin en main-d’oeuvre. Et ce sont les disparités économiques et sociales qui influent sur la vie des populations, repérables à vue d’œil sur la carte économique et la carte démographique de la RDC, qui ne s’accordent pas, qui constituent un important défi à relever par le pouvoir actuel qui préside aux destinées du peuple congolais ; en vue de l’intégration politique, économique et sociale de tous les congolais.
Avec l’accession du Congo à l’indépendance, c’est à dire à la reconnaissance nationale et internationale, le peuple congolais est censé être devenu souverain et devoir profiter de sa libération politique et économique pour mieux vivre de ressources abondantes de son sol. Mais hélas, le paradoxe persiste comme au bon vieux temps de l’exploitation coloniale belge : celui d’un pays riche aux habitants pauvres. À qui profitent les richesses, alors que depuis Jean-Baptiste Say, dans son Catéchisme d’économie politique, il est indiqué que l’économie est à mettre au service des populations ? À quoi sert-il de mettre en valeur d’énormes richesses, réputées légendaires,si elles ne profitent pas à l’amélioration des conditions de vie économique et sociale des congolais, qui appartiennent à ce pays et à qui ce pays appartient ? Ceci implique d’avoir, de la part des gouvernants et des gouvernés, un sens très élevé de responsabilité patriotique, le respect du principe des investissements éthiques évitant par ailleurs le recours récurrent à la passation de marchés publics de gré à gré et des contrats léonins,du principe d’un commerce équitable, et de celui de traçabilité. Deux obstacles majeurs, à mon humble avis, empêchent de mieux faire en faveur du peuple congolais : il s’agit de prime abord de la pression constante du néo-colonialisme, qui à travers des relations bilatérales et même par l’entremise des organisations et institutions internationales,cherche à garder la mainmise sur les pays en développement ; mais aussi et surtout de la gabegie financière, des évasions de fonds qui vont se loger à l’extérieur – que les grandes puissances, soit disant champions de la démocratie et de la bonne gouvernance n’ont jamais osé dénoncer et chercher à réparer – qui empêche de se constituer en interne un degré de capitalisation qui permettrait au pays de se développer dans la durée sans trop avoir à tendre la main à l’extérieur.
Tous les régimes politiques ayant eu à se succéder au pouvoir en RDC depuis le 30 juin 1960 – mis à part celui de Joseph Kasavubu, dépassé par les turbulences des premières heures de l’indépendance, et celui de Laurent- Désiré Kabila,pris au cou par ses parrains rwandais et ougandais et la communauté internationale, qui n’a pu avoir ni le temps,ni les moyens de sa politique – ont laissé un héritage tant soit peu positif, qui dans la durée aura encore à profiter au peuple congolais. Et c’est de ces faibles acquis que le pouvoir actuel en RDC et d’autres qui avec le temps viendront prendre le relai ,basent leurs actions pour évoluer vers des nouveaux horizons.
Nous en arrivons justement au régime du président Félix Tshisekedi qui depuis son avènement au pouvoir en RDC marque des points sur la scène politique internationale où il ne cesse d’améliorer et consolider l’image de la RDC, et sur le plan national où, au delà de la lutte pour le recouvrement de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC, il développe des initiatives pour l’amélioration de la vie économique et sociale des congolais, qu’il s’agisse des efforts pour l’intégration de la RDC dans le corridor de Lobito, de la construction du port en eau profonde de Banana,du PDL- 145 territoires,du Projet d’extension de la ville de Kinshasa, des infrastructures routières, aéroportuaires, scolaires, sanitaires et hospitalières, et de bien d’autres faits impactant positivement la vie des congolais de partout en RDC.
Notre préoccupation en nous penchant sur ce sujet consiste à aborder en deux points successifs le bien-fondé du PDL- 145 territoires et du Projet d’extension de la ville de Kinshasa, et dans un troisième point nous évoquerons l’impact négatif à provenir éventuellement de l’extension et l’industrialisation exagérée de la ville de Kinshasa sur l’environnement global, économique et sociale, et démographique de la RDC.
I. LE PLAN DE DÉVELOPPEMENT LOCAL – 145 TERRITOIRES.
Dans l’effort visible de mettre l’homme congolais au centre de toutes les préoccupations de l’État congolais, et pour qu’aucune partie géographique ou administrative de la RDC ne soit négligée ou oubliée, le PDL- 145 territoires saute à nos, comme de beaucoup osons-nous croire, comme le résultat de toutes les études réunies, ayant porté sur le développement de la RDC de la colonisation belge à ce jour et sur les points faibles qui en ressortent.
La RDC devant être considéré comme un tout, un ensemble à intégrer sur tous les plans, politique, économique et social, toutes les factures politiques, économiques, et sociales, devraient être peu à peu éliminées, de manière à favoriser et obtenir la croissance économique la plus inclusive, la plus partagée possible ; de manière à obtenir l’amélioration des conditions de vie du point de vue du développement humain et éviter des disparités qui créent des déséquilibres qui provoquent depuis la nuit des temps des mouvements de populations des campagnes vers les villes.
Le PDL-145 territoires, qui de la sorte tend à aborder et éradiquer les problèmes structurels inhérents de l’économie congolaise, présente les principaux avantages suivants :
- la possibilité de ramener la vie dans toutes les contrées de l’intérieur de la RDC, depuis longtemps abandonnées à leur triste sort, notamment par l’érection de bâtiments administratifs, des écoles, hôpitaux et centres de santé ;
- la possibilité, par la construction des routes, le curage des voies d’eau et le redéploiement de moyens de transport, de réduire les effets liés à l’enclavement ;
- la possibilité d’arriver à constituer, par le développement des échanges interrégionaux , un marché intérieur unifié, qui aurait pour effet, à défaut de rompre, de réduire drastiquement la dépendance de différentes aires géographiques de la RDC presqu’exclusivement tournés vers les pays voisins pour faire des affaires ;
- la possibilité de favoriser des populations autochtones à demeurant sur leur terroir d’origine, et de la sorte réduire l’élan dévastateur de l’exode rural et ses déferlements incessants vers les villes, où pour beaucoup de gens les critères de la vie la meilleure recherchée deviennent finalement difficiles à réunir ;
- la possibilité d’arriver dans la durée à relativiser en RDC entre d’une part la richesse de certaines provinces – qui n’est pas une panacée, un remède qui vient à bout de tous les maux, parce qu’il se rencontre aussi dans l’étendue de ces provinces une misère noire provenant du fait systémique de l’exploitation,du libéralisme économique qui a la propension de créer des richesses, mais d’engendrer aussi des inégalités – et la pauvreté de certaines autres provinces – qui n’est pas une fatalité, une condamnation à mort ; parce que ces provinces détiennent à leur tour des richesses non exploitées et d’autres pas encore prospectées pour livrer leurs secrets au grand jour ;
- la possibilité d’ouvrir le pays au monde et au domaine du savoir universel par l’extension jusqu’au fin fond de la forêt, des nouvelles technologies de l’information et de la communication,NTIC; etc.
Il.LE PROJET D’EXTENSION DE LA VILLE DE KINSHASA ET SES PROBLÈMES.
De par le site où elle bâtie et l’orientation du plan de son érection, la ville de Kinshasa dévoile des problèmes particuliers, que ne présentent pas généralement la plupart de villes africaines héritées de la colonisation.
Son CBD ( central business district), qui est l’ancienne cité d’habitation européenne, est aussi le centre des affaires commerciales, le siège des institutions nationales et provinciales, le lieu où résident les différentes missions diplomatiques et consulaires et leurs bureaux,etc.
Ce lieu où convergent chaque jour ouvrable des milliers et des milliers d’habitants de Kinshasa pour travailler et se livrer à toutes sortes de courses d’affaires suscite de très importants mouvements de déplacement en sens unique, le matin pour se présenter au service, et le soir pour rejoindre les cités africaines anciennement appelées » cités dortoirs ».
Les routes pour joindre la ville et la cité et les cités entre elles,rendues généralement difficiles par la présence d’un relief accidenté, entrecoupé de cours d’eau et de marais, confère à la plupart de ce voies de circulation, un caractère linéaire à cause de la difficulté d’ériger des véritables voies de dédoublement sur la plupart de tronçons à parcourir.
Avec le temps et l’augmentation incontrôlable de la population, la ville de Kinshasa qui de la colonisation belge jusqu’à certaines années de l’indépendance pouvait encore être appelée » Kin la belle »,a peu à peu perdu ses caractéristiques d’éloges, en devenant une ville bondée de monde, soumise à une urbanisation très rapide, à des constructions anarchiques s’étendant jusque dans les marais, à la surchauffe des loyers et des prix de l’immobilier, des vivres, de transport… jusqu’à l’avènement traumatisant des bouchons monstres dans la circulation appelés » embouteillages »,etc.
Les chiffres de population de Kinshasa consultés sur les différents sites officiels de la RDC ne sont pas fournis de manière régulière, d’année en année, et diffèrent les uns des autres. Mais toutes les sources les ayant présentés sont unanimes à reconnaître que ces chiffres imprécis provenant – en dehors du recensement administratif de 1970 et du recensement scientifique de 1984 – des estimations, des projections, de mises à jour,ne sont pas strictement fiables, bien que traduisant des tendances apportant une certaine idée de la réalité. C’est ainsi que nous avons jugé utile d’en tirer des extraits qui arrivent à illustrer de manière acceptable notre propos de ce moment.
Les projections officielles sur le net des données de l’Institut national de la statistique ( INS) pour l’année 2019/2020 donnent pour Kinshasa une population estimée à 13916000 habitants ( sur 98000000 pour toute la RDC) sur une superficie de 9965 km2. Ce qui en fait la première province la plus peuplée de la RDC, confinée sur une superficie des plus petites de la RDC, ne dépassant que de peu le Kasaï oriental rétréci avec ses 9481km2.
La population de Kinshasa constitue en soi un problème difficile à gérer avec de très fortes densités, tout en continuant à être sans arrêt galopante. Une série statistique sortie site du Ministère de l’intérieur, dressant l’évolution estimée de la population de Kinshasa de 1990 à 2026 indique en résumé que la population de Kinshasa est très rapidement passée de 3286471d’habitants en 1990 à plus de 18-20 millions d’habitants en 2026.
Il ne s’agit donc plus d’une croissance démographique constante, même au taux de croissance annuel moyen de 3,3 %reconnu par l’UNFPA qui permettrait d’attendre s’écouler autour de 20 ans pour qu’une population donnée puisse uniquement doubler. On se trouve confronté à travers toutes ces séries statistiques à un phénomène d’excroissance, d’une croissance démographique incontrôlable, d’une explosion démographique. Toutes ces vagues de migrations qui déferlent en masse sur la ville de Kinshasa en une trentaine d’années ne sont pas, en dehors du seul mouvement naturel de la population résultant de la différence positive du taux de natalité par rapport à celui de la mortalité, le seul fait de l’exode rural – des personnes qui fuient la misère des » aires géographiques de la pauvreté », pour emprunter un terme du PNUD. Elles sont dans leur flux accentuées par des déplacements intempestifs provoqués par la guerre de l’Est de la RDC et tous autres conflits limités ayant eu par moments à survenir ça et là en RDC.
Que l’État congolais ait trouvé bon d’initier un programme destiné à résoudre des problèmes particuliers à la ville de Kinshasa – notamment par l’érection de sauts-de-moutons, des routes de un dérivation, de déviation dont le point culminant ceci découle d’un sens de responsabilité à saluer, opéré en faveur des attentes du peuple congolais.
Mais le programme d’extension de la ville de Kinshasa et son industrialisation à outrance ne sont pas de nature à résoudre les problèmes de vie de ses habitants et freiner les flux migratoires tant que l’arrière-pays restera en retard de développement économique, n’aura pas bénéficié de retombées économiques équitables de la croissance économique de la RDC. C’est aussi l’avis de l’UNFPA, qui trouve que l’instabilité des flux migratoires rend le suivi de la population extrêmement complexe, et que l’absence de données actualisées freine l’élaboration de la Politique Nationale de Population (PNP).
Comment l’extension de la ville de Kinshasa pourrait-elle venir soulager le poids de la misère du petit peuple quand il ne s’agit même pas d’une action orientée vers l’érection des logements sociaux de type HLM ( habitation à loyer modéré) ou vers l’appropriation progressive de lieux de résidence par les plus démunis, comme ce fut à l’époque avec l’ONL ( office national de logement) ou avec l’organisme Fonds d’avance ?
Les terres coutumières acquises auprès des chefs coutumiers dans l’extension de la ville à l’Est comme à l’Ouest – au détriment des villages, qui perdent leur espace vital, disparaissent de la carte, exposent leurs habitants à la vulnérabilité – reviennent pour une très grande part aux milieux d’affaires et aux dignitaires politiques des régimes ancien et actuel. De leurs » grandes propriétés », les uns ont fait des parcs luxueux ; d’autres en ont fait des cimetières dont les tombes se vendent à des prix dépassant le revenu moyen d’un ouvrier ou d’un fonctionnaire public ; tandis que d’autres encore procèdent au morcellement de leurs domaines acquis à vil prix en bouts de terrain de 20 m sur 20, ou moins, qu’ils revendent à prix d’or.
Et quel ne fut pas notre étonnement d’apprendre de la bouche du ministre en charge de l’urbanisme et habitat, en compagnie de ses collègues des affaires foncières, et de l’aménagement du territoire – au cours d’une émission sur la recevabilité, diffusée sur Rtnc – qu’il était prévu l’implantation de 2400 entreprises industrielles dans la périphérie de Kinshasa !
Des questions peuvent fuser de toutes parts et dans tous les sens ; à commencer par celle très importante de savoir combien d’entreprises du même genre sont prévues d’être implantées dans les différentes aires démographiques de l’intérieur afin que des équilibres de développement économique et social ne soient pas rompus.
L’histoire nous apprend que de tout temps les phénomènes économiques et politiques, initiés par le pouvoir public ou soutenus par lui ont eu pour effet de déclencher des mouvements de populations et modifier la carte de peuplement, de l’occupation de l’espace.
Pour preuve, l’implantation de l’industrie du cuivre dans le Haut-Katanga industriel a conduit,par l’introduction de la main-d’oeuvre, à constituer un effectif de population dense dans une contrée qui à l’origine n’en avait pas autant. De même la faillite provoquée de la Miba et les perspectives sombres de l’industrie du diamant dans le monde qui s’en sont mêlées, ont pour conséquence en ce moment précis, des départs massifs de kasaiens, qui vident peu à peu leur espace, qui pour rejoindre le Lualaba et le Haut-Katanga, qui pour atteindre Kinshasa.
Aussi faut-il rappeler que même dans le milieu naturel sauvage, quand les ressources vitales viennent à manquer même de manière saisonnière, il se déclenche généralement et instinctivement des mouvements de déplacement, de transhumance.
IlI.IMPACTS NÉGATIFS À ÉVITER DU DÉVELOPPEMENT ACCÉLÉRÉ DE LA VILLE DE KINSHASA PAR RAPPORT À L’INTÉRIEUR DE LA RDC.
Puisqu’il est question de mettre l’homme congolais au centre des préoccupations de l’État congolais, selon le mot d’ordre » le peuple d’abord », pour qu’aucune partie de la RDC ne soit négligée et que les ressources vitales de la RDC profitent à tous, l’État congolais devra, aujourd’hui et demain, éviter :
Primo, de tomber dans le piège expressément tendu par le Rwanda, qui a asséné un coup dur à la RDC, qui se concrétise dans les faits notablement par l’explosion démographique constatée à Kinshasa.
L’amorce du mouvement de déstabilisation de la RDC nous est bien expliqué par Charles Onana dans son ouvrage, Holocauste au Congo – L’omerta . En envahissant le Rwanda le FPR de Paul Kagame avait fermé les frontières de pays voisins de manière à pousser des rwandais à entrer en masse sur le territoire de la RDC. Le retour des réfugiés dans leur pays a été empêché par la communauté internationale en étouffant l’initiative prise par Léon Kengo,premier ministre à l’époque. Et l’étape de l’invasion de la RDC à partir de l’Afdl,du Rcd,du CNDP,du M23,etc..a fait une bonne partie du travail voulu par Paul Kagame de pousser le plus de population à l’Ouest et de procéder à l’épuration ethnique pour le remplacement des autochtones par des rwandais, l’objectif final de la guerre étant la balkanisation de l’Est.
L’essor économique accéléré de Kinshasa avant l’activation sérieuse du PDL-145 territoires aura certainement pour conséquence d’attirer le plus de monde dans le corridor de Banana, en dehors de celui Lobito. Ce qui donnerait le courage à certaines langues qui ne veulent pas de grandeur de la RDC et se plaisent du vide démographique qui par la force se crée à l’Est, de proférer de conseils déplacés,au mépris du droit international, de » savoir partager les espaces,les richesses, parce que la géographie a ses lois !
Secundo, l’accaparement de terres des autochtones dans le but de les privatiser – que recommandent des institutions en appui du libéralisme – n’est pas une bonne chose. Avec le temps elle conduit à l’impasse.L’Afrique du Sud et le Zimbabwe en sont des exemples éloquents.
Deux coopérants français, François de Ravignan et Albert Provent, dans leur ouvrage, Le nouvel ordre de la faim – Révolutions paysannes, s’insurgent contre la pratique d’aliénation de terres des autochtones. Ils reconnaissent que le libéralisme économique crée certes des richesses, mais aussi des inégalités, et des laissés-pour-compte, que le système n’intègre pas, qui peuvent dans cette éventualité se rabattre sur le village, où ils peuvent vivre même de la houe.
CONCLUSION
Il reste permis d’espérer que le retour de la paix durable au moyen du recouvrement de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC par l’État congolais, va favoriser le retour de nombre de congolais pour reprendre leurs activités à l’Est de la RDC et partout à l’intérieur où ils avaient été obligés de fuir les hostilités.
La mise en chantier de projets industriels à impact certain comme l’exploitation du fer de Banalia, celle du cuivre, nickel et autres métaux précieux dans le Kasaï, et bien d’autres de ce genre devraient avoir la capacité de retenir sur place de très nombreux candidats éventuels à l’exode rural.
Il reste enfin à craindre que le conflit d’intérêts naisse fortement dans le chef des dirigeants politiques de la RDC dans l’orientation des investissements publics et privés entre le PDL-145 territoires et le Plan d’extension de Kinshasa où ils auraient des intérêts. Il est universellement admis qu’il est très difficile d’être à la fois juge et partie.
Hilaire Mfute, historien.


