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Faustin Twagiramungu : Les Banyamulenge, de la pure fiction ! [Interview]

Faustin Twagiramungu ancien Premier ministre et candidat malheureux aux dernières présidentielles du Rwanda avait daigné s’expliquer en son temps sur la problématique Banyamulenge. Dans les lignes qui suivent, Il ne se limite pas à accuser. Mais il démontre que l’histoire des Banyamulenge ne relève que de la pure fiction. Des noms sont cités pour illustrer ses dires empreints de franchise et d’honnêteté. Licencié en sciences politiques, l’homme a une maîtrise en Relations internationales de l’Université Mc Gill du Québec à Montréal (Canada). Condamné à l’exil pendant longtemps en Belgique, il y a aiguisé ses armes de ténor de l’opposition contre le régime de Kagame. C’est à ce titre là que nous l’avions rencontré pour réaliser cette interview bien avant qu’il décide de retourner dans son Rwanda et se présenter aux élections présidentielles qu’il a du reste ratées lamentablement. D’aucuns se demandent si ça n’a pas été un arrangement avec son ennemi d’hier. C’est quand même étonnant qu’un hutu ait été ainsi laminé et rejeté de ses pairs. Redécouvrons Faustin Twagiramungu dans cet entretien quelque peu réactualisé, et que nous sortons des tiroirs pour des besoins circonstanciels.

Q : Comment réagissez-vous face à ceux qui pensent que l’invasion de l’Est du Congo par le Rwanda est Une guerre de race ?

F. Twagiramungu : Oui. Une guerre de race, il faudrait même ajouter que c’est une guerre de race imposée. Ce ne sont pas des Congolais qui l’ont imposée mais plutôt des Rwandais. En plus, ce ne sont pas des Rwandais que l’on connaissait avant 1990. Ce sont des Rwandais venus de l’Ouganda. Ils ont imposé aussi au Rwanda une guerre de race entre les Hutus et les Tutsis. Je continue à l’affirmer, du temps de Habyarimana ce conflit entre les deux ethnies commençait à disparaître petit à petit. Malheureusement certaines personnes, c’est à dire des Rwandais qui s’étaient réfugiés en Ouganda ont tenu à s’en servir pour leurs intérêts personnels en présentant au monde un conflit qui n’en était pas un. Actuellement ce même problème a été exporté au Congo. On parle de guerre d’ethnie et de race, des Hutu et des Tutsis. C’est quand même curieux qu’on invente aujourd’hui le phénomène Tutsi à l’intérieur du Congo. Je ne connais pas, à mon âge, un pays qui a pu héberger des Rwandais comme le Congo. Les réfugiés rwandais ont inventé la guerre dans l’Est du Congo notamment dans le Masisi, nous en avons des preuves. Tout cela pour que le monde pense qu’il y a un problème entre les Tutsis et le Congo, le problème de nationalité. Soyons sérieux, on ne doit pas prendre des armes pour demander la nationalité. Il y a des instances internationales qui auraient pu aider ces Rwandais congolais à acquérir cette nationalité sans passer par la violence. En conclusion, sans me répéter, cette guerre de race a été imposée aux congolais.

Q : Des origines des Banyamulenge, qu’en savez-vous ?

F. Twagiramungu : Avant que je ne lise les journaux en novembre 1996, lorsqu’on parlait des banyamulenge qui se seraient révoltés contre le pouvoir central, j’ai été surpris. Parce que moi étant enfant, j’ai connu les banyamulenge. La plupart des gens qui s’appellent banyamulenge venaient même de ma région, donc de Cyangugu. Ils conduisaient leurs vaches et allaient faire leurs aventures dans les pâturages congolais. Alors ils allaient aux alentours des collines appelées « Mulenge ». Je les voyais venir chez mon père des temps en temps quand ils allaient se faire soigner à l’hôpital de Mimilizi pas loin de Cyangugu. Alors quand j’ai appris leur supposée révolte, je me suis aussi révolté. Car, je ne comprenais pas comment ils pouvaient quitter ces collines et s’éparpiller à travers tout le Congo et surtout occuper les régions de Goma, de Bukavu etc… Les Banyamulenge pour moi, c’est une entité inventée par les Kagame et consort afin de tromper l’opinion occidentale, les occidentaux qui ne connaissent pratiquement pas cette région-là. Et ces derniers vont jusqu’à inventer que les Banyamulenge seraient là depuis quatre siècles, qu’ils seraient à peu près un demi-million ? Alors que pour moi ils ne dépasseraient même pas quarante mille personnes. Je continue toujours à défendre que les Banyamulenge ne sont pas des congolais qui doivent engager des combats contre le peuple congolais. Ce sont des Congolais qui peuvent acquérir la nationalité comme tant d’autres. Mais de là à prendre des armes, c’est servir les intérêts de monsieur Kagame. Ce dernier n’est pas seul. Il est avec monsieur Museveni. Et les deux, j’imagine servent les intérêts de certains pays occidentaux, il faut l’affirmer.

Q : Mais avant l’arrivée de Kagame au pouvoir, nous avions aussi entendu parler des Banyamulenge. Vous semblez dire que c’est un phénomène inventé par Kagame et les siens. Pouvez-vous donner des précisions ?

F. Twagiramungu : Je crois l’avoir précisé dans mon développement. J’ai bien dit qu’avant Kagame et avant l’invasion du Congo, les Banyamulenge existaient au Congo.

Q : Etaient-ce des Tutsis rwandais ou des congolais à morphologie tutsie ?

F. Twagiramungu : Ecoutez ! C’est en fait une question pertinente. Si ces gens se sont établis au Congo, à mon point de vue, je les qualifie de Tutsis congolais.

Q : Mais d’origine rwandaise ?

F. Twagiramungu : Bien entendu. Et d’ailleurs comme je vous le disais, je sais dès mon jeune âge qu’il y a des Rwandais qui quittaient Cyangugu pour aller s’installer dans cette région de Mulenge et qui sont donc devenus congolais

Q : Automatiquement par voie de fait ?

F. Twagiramungu : Bien entendu. Mais il y a un élément que les gens ignorent et c’est peut-être le plus important. Les réfugiés rwandais qui ont quitté le Rwanda en 1959 forment aujourd’hui et je le souligne, plus de 60% de ces gens qu’on appelle Banyamulenge. Nous en avons des preuves. Parce que nous les connaissons. Ce sont des gens qui habitaient avec nous sur les collines. Qu’ils s’improvisent aujourd’hui congolais jusqu’à réclamer même le pouvoir congolais c’est extraordinaire. Ça m’étonne beaucoup. Tenez ! Je vais vous donner un bête exemple : monsieur Bisengimana Rwema, ce monsieur-là est de Cyangugu. Il est de la paroisse de Shangi. Il a fait des études au Rwanda. Il a continué ses études supérieures à l’Université de Lovanium à Kinshasa. Après sa formation universitaire au Congo, il est revenu au Rwanda réclamer du travail qu’il n’a pas eu. Il est retourné au Congo. Vous savez vous-même quelles fonctions il a occupées. S’il était encore vivant, il se serait fait passer aussi pour un Congolais. C’est ça qu’il avait fait de son vivant, ce n’est un secret pour personne. Et pourquoi ? Avait-il acquis la nationalité ? Peut-être. Mais de là à dire qu’il est originairement congolais, c’est un mensonge. Prenez le cas de beaucoup d’autres Congolais sur lesquels les congolais eux-mêmes se sont largement trompés tels que les Gaiga, et d’autres que je ne citerai peut-être pas.

Q : Pourquoi ne les citeriez-vous pas ?

F. Twagiramungu : Écoutez ! La plupart vous les connaissez. Un homme comme Mitsho qui s’est fait appeler Miko pour s’accommoder aux congolais est un Rwandais par excellence. C’est quand-même extraordinaire que les congolais se fassent voler un pays-continent par un groupe d’individus, des Rwandais qui se nomment Banyamulenge, ces pauvres pasteurs qui ont quitté le Rwanda, qui se sont installés au Congo où ils ont bénéficié de toutes les protections, de toute la sécurité de la part des autorités et du peuple congolais et qui réclament maintenant la prise totale du territoire congolais. Ce n’est pas normal. Il y a quelque chose d’illogique. Nous ne pouvons pas accepter que les occidentaux se servent des menteurs pour inventer une histoire afin qu’ils continuent l’exploitation du Congo. Nous ne pouvons pas l’accepter, je ne suis pas congolais. Mais j’ai beaucoup d’amis congolais et j’aime le Congo parce que c’est un pays voisin que je connais depuis mon jeune âge et que je préfère fréquenter. Alors vous comprenez mon indignation quand je constate que certains de mes compatriotes racontent des mensonges et trompent l’opinion internationale sur l’affaire des Banyamulenge, nous ne pouvons pas l’accepter. Je vais vous donner un petit exemple qui n’est peut-être pas nécessaire dans cette analyse-là, c’est le cas d’un Rwandais qui est en Belgique et qui s’appelle Ndoba. Savez-vous que ce monsieur-là est Congolais ? Il est arrivé en Belgique en tant que Congolais. Avec les événements du Rwanda, il est redevenu Rwandais. Aujourd’hui, il plaide la cause des Rwandais et même des Banyamulenge. Moi j’ai connu son père qui était sous-chef chez-nous. Il est de retour au Rwanda venant de la région de Mulenge, il s’appelait Mwenyamulenge. Alors ses cousins qui sont restés là continuent à s’appeler Banyamulenge. Vous conviendrez avec moi qu’on ne devra pas continuer avec cette confusion. Au besoin ce problème doit être analysé au niveau du tribunal international. On ne peut pas se bercer et dire tous on est des Banyamulenge. Il faut que des vrais banyamulenge soient connus. On ne doit pas se servir d’un peuple comme les banyamulenge pour prendre le territoire congolais.

Q : Quelle région du Rwanda est limitrophe de celle de Mulenge ?

F. Twagiramungu : Vous avez la prolongation de Mulenge avec le Bufulero. Là, il y a la commune de Bugarama frontalière avec la région de Bufulero qui descend jusqu’à englober Mulenge où vivent aussi des Babembe. Disons que la région la plus proche serait une région burundaise, pas très loin de Bujumbura. Je ne suis pas très loin de Bujumbura car je n’habite qu’à 90 Km de là. La région de Banyabugarama, celle de Bafulero, de Bujumbura et de Mulenge c’est la même région. On ne peut pas nous tromper. Personne ne peut venir raconter des histoires sur les Banyamulenge que nous ne connaîtrions pas du tout.

Q : A votre avis, les Banyamulenges qui se réclament aujourd’hui congolais et qui revendiquent tout ce que nous savons, sont-ils essentiellement d’origine tutsie ou Hutue ?

F. Twagiramungu : Ceux qui réclament sont d’origine tutsie. Ceux qui seraient d’origine hutue, même s’ils sont banyamulenge, sont toujours rejetés et je sais qu’il y en a. Mais on ne les accepte pas. C’est là où la situation est très grave. Parce que l’idéologie kagamiste et compagnie est purement raciste. Elle (idéologie) consiste à toujours dire que les tutsis sont victimes, il faut que la communauté internationale leur donne des armes pour se protéger. Pourtant personne ne chasse ces gens-là. Au Rwanda, j’imagine que la situation aurait trouvé une issue heureuse si les gens n’avaient pas manipulé l’élément raciste. Et comme cette situation raciste leur donne facilement accès au pouvoir en anéantissant des milliers des personnes, ils vont toujours continuer avec la même histoire au Congo. Ils causent des situations douloureuses dans le Masisi, dans le Sud-Kivu et veulent continuer dans le Katanga notamment à Moba prochaine ville visée en prenant prétexte que le roi Musinga après avoir été chassé du Rwanda par les Belges, s’est installé à Moba. Il y aurait laissé des Banyamulenge, donc cette ville leur reviendrait et partant toute la région du Katanga. C’est quand-même un phénomène extraordinaire qu’il faut absolument combattre. C’est du racisme. Nous n’avons pas d’autres analyses. Nous n’avons d’autre choix que de le combattre. Parce que ceci peut nous amener à une sorte d’apartheid à la rwandaise ou à l’africaine et nous ne l’accepterons pas.

Q : Pensez-vous comme Pasteur Bizimungu, alors président du Rwanda, qui lors d’un sommet des Chefs d’États d’Afrique et de France à Paris, disait qu’il faudrait revoir les tracés des frontières, c’est-à dire remettre en question la Conférence de Berlin de 1885.

F. Twagiramungu : Non. Je crois que monsieur Bizimungu est un homme tout à fait apolitique. J’ai eu l’occasion de travailler avec ce monsieur là quand il était sous mes ordres pendant trois ans, je n’en dirai pas davantage. Mais réclamer les frontières qui existaient bien avant 1885 lors de la Conférence de Berlin, c’est franchement une aberration. Ce n’est pas possible qu’au-delà d’un siècle et plus des gens viennent modifier ce qui ne doit pas l’être. Que deviendraient le Cameroun, le Tchad, le Congo et tous les autres ? Devraient-ils revoir aussi leurs frontières ou bien doit-on le faire uniquement parce que le Rwanda est supposé lésé ? Et curieusement pourquoi est-ce que monsieur Bizimungu qui travaillait sous les ordres de Kagame et en particulier de Museveni, il faut le préciser, ne réclamait pas la région du Rwanda qui s’appelle Bufumbira qui se trouve à l’intérieur de l’Ouganda aujourd’hui ? Pourquoi ces gens ne réclament pas la région d’Ankole d’où vient Museveni lui-même qui faisait partie intégrante du Rwanda ? Les habitants de Bufumbira, les Bagandais c’est à dire Ougandais les appellent des Rwandais. C’est une région frontalière avec Ruwengeri, pourquoi ne réclame-t-on pas ça avant d’aller réclamer les régions congolaises ?

Q : Vous voulez dire que c’est une partie du Rwanda qui a été prise par L’Ouganda ?

F. Twagiramungu : Non ! Elle a été prise lors de ce fameux partage de Berlin. Ce sont des rwandais qui sont là. Ils parlent notre langue et dans la classification des tribus ougandaises, les gens qui habitent cette région sont de la tribu Benyarwanda donc des rwandais. Alors, je me demande pourquoi monsieur Bizimungu prétendument politicien ne commencerait pas par réclamer ce territoire à monsieur Museveni plutôt que d’aller se battre au Congo au-delà de 1000 Km où il n’y a même pas un grain de poussière du territoire rwandais. L’objectif n’est pas celui-là. Je crois que monsieur Bizimungu est utilisé par les forces du mal qui sont au Rwanda. Personnellement ce n’est pas pour le dénigrer mais je ne sais pas s’il comprend ce qu’il dit. Sur le plan international, envisager de revoir le tracé des frontières qui existaient avant 1885 équivaudrait à dire que les américains doivent revenir et donner le continent aux peaux rouges et puis les Australiens etc…Nous devons vivre en paix et respecter l’intangibilité des frontières des autres pays. C’est l’essentiel. Le Rwanda peut vivre mieux en respectant les frontières du Congo et de tous ses autres voisins. Le reste, ce sont des histoires chimériques.

Q : A votre avis, pourquoi Kagame et ses affidés s’acharnent-ils à récupérer une partie du Congo ?

F. Twagiramungu : Il y a d’abord une ambition personnelle. Il trouve qu’aujourd’hui la conquête est devenue facile. Il faut tuer et savoir mettre ses morts sur le dos des autres et continuer la bataille. Kagame trouve que c’est facile, il a massacré 200.000 personnes. Et il n’a jamais été inquiété pour cela. Personne ne le qualifie de génocidaire. On est en train de courir après l’ex-dictateur Pinochet pour 3000 personnes. Kagame a accepté lui-même en juillet 1997 qu’il a massacré 200.000 personnes, qu’il a chassé Mobutu du pouvoir. Curieusement là, le silence est absolu. Pourquoi ? La question reste posée. Revenons à la question de savoir pourquoi Kagame réclame le territoire congolais, à mon avis, c’est d’abord une ambition personnelle. Mais ça cache autre chose. Il ne faut pas se gêner de dire que la partie occupée est une région riche. Compte tenu de cela, ce monsieur voudrait s’en approprier et ça lui permettrait bien entendu l’exploitation d’autres régions non réclamées historiquement.

Q : Pensez-vous réellement que Kagame et compagnie prendraient un jour tout le Congo ? Ma question n’est pas anodine parce que vous avez dit, lors de votre voyage au Congo en 1995, que vous aviez eu des contacts avec certains Congolais et vous leur aviez prédit ce qui se passe actuellement. A l’époque ils ne vous avaient pas compris. Avez-vous le sentiment que l’objectif ultime de Kagame est de prendre tout le Congo ?

F. Twagiramungu : Je pense que si les congolais ne s’organisent pas, Kagame prendra le Congo. Pourquoi ? C’est un problème d’alliance aujourd’hui. Si monsieur Kagame continue à flirter avec les américains qui vont lui fournir des armes tout en neutralisant les Angolais qui soutiennent Kabila. C’est un problème d’intérêt. Qui peut assurer que l’exploitation du Congo se fasse sans entraves ? Monsieur Kagame peut enrichir ses frères et cousins tout en exploitant le Congo en assurant peut-être une sécurité pendant une quinzaine d’années pourquoi pas, je ne vois pas de raison. Mais alors à très long terme. Il risque beaucoup. Parce que je suis sûr que les Congolais vont s’organiser et combattre Kagame jusqu’à le bouter hors du Congo. Ceci se fera. Mais si les congolais ne font pas attention, je ne vois pas pourquoi Kagame ne prendrait pas tout le Congo. D’ailleurs en commençant par Kitona, Matadi et autres coins de l’Ouest du pays, n’eut été l’intervention de l’Angola et du Zimbabwe, ne croyez-vous pas que le Congo serait déjà pris ? Je pense que oui, de mon point de vue. Et par qui ? Par James Kabarebe envoyé de Museveni et Kagame. Je crois que si on ne fait pas des alliances, si le congolais lui-même ne se réveille pas pour combattre les envahisseurs, il y a des risques que ce pays puisse être partagé entre les aventuriers de toutes sortes. C’est pourquoi d’ailleurs je déplore le fait que les anciens mobutistes croient que les alliances qu’ils font avec Kagame peuvent durer longtemps. Ils se trompent. Je crois que ce que Kagame fera une fois la victoire réalisée sera de les éliminer l’un après l’autre. Et ce sera un coup terrible. Je crois fermement que les congolais ont un devoir absolu de s’organiser eux-mêmes et de combattre les envahisseurs. S’ils ne le font pas, ils seront battus et le pays sera déchiré en petits morceaux. L’Ouganda et le Rwanda continueront paisiblement leurs exploitations. Je crains fort que les Burundais qui sont au pouvoir aujourd’hui puissent réclamer aussi une part. Ça peut durer une quinzaine d’années, je vous assure. Tenez ! Savimbi a exploité un territoire à l’intérieur de l’Angola, pourquoi est-ce que les autres ne le feraient pas ? Toujours sous le parapluie de mensonge des banyamulenge. Telle est ma réponse à votre pertinente question.

Q : Au fait si je vous ai bien compris, les banyamulenge, ce n’est qu’une fiction ?

F. Twagiramungu : Quoi d’autre puis-je ajouter à cela ? Comme je vous l’ai dit, moi tel que je connais ces gens, ce que je viens de vous dire, c’est ce que je connais, je ne l’ai pas lu. Je ne peux pas croire un seul instant que les vrais Banyamulenge puissent prendre les armes pour s’emparer du pouvoir au Congo. Ces gens-là sont utilisés par ceux qui veulent exploiter ce pays. Mais retenez ceci : Dans cette fiction, c’est surtout les rwandais qui ont quitté leur pays en 1959 et en 1963 qui se transforment en banyamulenge congolais parce qu’ils savent que le contrôle est relaxe. On les connaît. Et j’imagine que vous-même, vous les connaissez. Mais les pauvres banyamulenge, ces pasteurs qui courraient après leurs bêtes, je ne crois pas qu’il soit temps pour eux de prendre les armes et réclamer le pouvoir central. Tout au plus ils peuvent réclamer pacifiquement la nationalité et pas aller au-delà des centaines de kilomètres pour prendre le pouvoir. En bref il y a des voleurs qui poussent les banyamulenge. Et ces voleurs de pouvoir, les Congolais doivent savoir les chasser eux-mêmes.

Q : Et James Kabarehe ou Kabarebe est-il un mwenyamulenge ?

F. Twagiramungu : Oui bien entendu c’est ce que Kagame a affirmé sans honte devant un journaliste de Washington Post au mois de juillet 1997.C’est incroyable ! Ce jeune monsieur je le connais. Il s’appelle Kabarebe et non Kabarehe comme il l’a fait croire aux congolais. C’est un nom d’Ankole. Lui, c’est un Rwandais. Il est né dans cette région de l’Ouganda. Il parle notre langue. Je l’ai rencontré pendant les 13 mois que j’étais aux affaires au Rwanda ; je m’entretenais avec lui. Pour des raisons que vous connaissez, ils l’ont appelé Kabarehe afin de créer une confusion entre les congolais qui portent ce nom, il y en a beaucoup surtout chez les Bashis et tirer la conclusion qu’il s’agit là d’un mwenyamulenge, c’est trop facile. Kagame avait dit qu’il s’agit d’un mwenyamulenge de Masisi. On n’a jamais vu de banyamulenge à Masisi. Un Occidental, Américain particulièrement qui lit la déclaration de Kagame, il y croit profondément. Il croit que ce dernier dit la vérité et que monsieur Kabarebe est un congolais qui combat pour récupérer sa nationalité. On ne peut pas continuer à utiliser le mensonge, à obnubiler l’esprit des occidentaux qui fournissent des armes à ces aventuriers pour prendre le territoire des autres en racontant des mensonges. Je ne cesserai de le répéter, je ne peux pas accepter que des gens se servent de mon pays pour aller conquérir d’autres pays. Sur ce principe, moi-même je suis prêt à me battre. Ces gens se battent tout en sachant pertinemment bien qu’ils sont Rwandais. Il n’y a que les congolais qui les acceptent des temps en temps pour dire que ce sont des banyamulenge. Ils ont créé une réelle confusion dans l’esprit des congolais, même vous aujourd’hui vous hésitez. Vous vous demandez si Kabarebe est réellement rwandais ou mwenyamulenge ? C’est une confusion totale. Quand ils ont échoué à Kitona et Matadi, ce monsieur est retourné tranquillement au Rwanda. Nous avions reçu des informations, à l’époque, selon lesquelles il serait tué. Je n’en étais pas très sûr. C’était de l’intox. Je sais que quand je suis arrivé à Kigali, on m’a attribué la résidence qu’il occupait. Vous comprenez que je n’invente rien. C’est la preuve la plus authentique que je connais bien James Kabarebe. C’est lui qui m’envoyait la garde chaque semaine. Je causais avec lui chaque semaine.

Q : Qui était-il à ce moment-là ?

F. Twagiramungu : Il était commandant de ce que nous appelions la garde républicaine du Rwanda. C’est lui qui était chargé de mettre des soldats à la disposition du président, du vice-président et du premier ministre pour assurer leur garde. Ça me surprend que ce monsieur prenne l’avion pour aller dire qu’il est Congolais. On ne peut pas tolérer ce genre de mensonge pour que des gens se fassent piétiner, qu’on tue des pauvres paysans, etc…

Q : Mais toutes ces vérités, pourquoi les gardiez-vous ?

F. Twagiramungu : Je ne les garde pas je suis entrain de vous les livrer.

Q : Oui mais c’est seulement aujourd’hui que vous les livrez !

F. Twagiramungu : Que voulez-vous que je fasse ?

Q : Pourquoi n’êtes-vous jamais passé sur le plateau de télévision pour expliquer tout ça. Vous parlez si clairement et si librement qu’on se rend compte que vous maîtrisez la situation.

F. Twagiramungu : Quel plateau de télévision ? Les journalistes d’ici préfèrent leurs experts français, belges et américains à Faustin Twagiramungu. Moi, évidemment, ça m’agace quand je vois ces occidentaux discuter des affaires de mon pays alors que je suis ici. Ça me fait très mal au cœur. Je ne peux pas comprendre que quelqu’un puisse prétendre connaître mon histoire plus que moi. Ça m’énerve. Je préférerais qu’il y ait un débat avec des gens du FPR [Front Patriotique Rwandais, le mouvement insurrectionnel tutsi de Paul Kagame qui s’est emparé du pouvoir par les armes après les assassinats des présidents rwandais Juvénal Habyarimana et burundais Cyprien Ntaryamira ; NDLR] qui sont ici et aussi avec ces prétendus experts qui défendent le F.P.R.

Q : Seriez-vous prêt à en découdre avec eux sur un plateau de télévision ?

F. Twagiramungu : Bien entendu ! Pourquoi pas ? J’ai lu l’interview que vous avez accordée à l’ambassadeur du Rwanda en Belgique. Soyons honnêtes, il n’a pas voulu avouer qu’il était Congolais. Il est redevenu rwandais après la victoire du FPR. Je sais qu’il ne peut pas modifier car je sais comment nous l’avions nommé ambassadeur. Je reste radical. Les congolais doivent demeurer plus agressifs en ce qui concerne leur territoire. Les Rwandais qui veulent rester au Congo devraient essayer de travailler avec les Congolais pour qu’il y ait la paix dans cette région.

Q : A vous entendre dire tout à l’heure que vous invitez les congolais à récupérer leur territoire et à combattre le mensonge, n’étiez-vous pas choqué de voir à la télévision lors de la fameuse guerre de rébellion, des Congolais brûler certaines personnes, les traîner longtemps par terre et les jeter dans des cours d’eau tout simplement parce qu’ils les considéraient comme des Rwandais ?

F. Twagiramungu : Vous voulez parler de ce qu’il s’est passé dernièrement à Kinshasa. Il y a des choses qu’il faut considérer. Il y a d’abord la bataille entre les soldats eux-mêmes, et la bataille entre la population et les infiltrés. Le deuxième cas est un phénomène plutôt psychologique. On ne peut pas croire un seul instant que si quelqu’un vient vous tuer, tuer votre président et occuper votre territoire vous vous laisserez faire. La réaction est peut-être sauvage. Mais dans certains cas, j’imagine qu’il faut essayer de l’interpréter et de la comprendre (la réaction). C’est absolument essentiel que ça ne se fasse pas de façon étendue. Je crois qu’en cas d’auto défense certaines personnes qui attaquent, doivent faire attention.

Q : Ne pensez-vous pas vous attirer des ennuis de la part de vos compatriotes qui vous entendraient réagir de cette façon et sur ce ton-là ?

F. Twagiramungu : Quels ennuis ? Les voleurs doivent être punis. Il n’y a pas d’autre langage. Ce n’est pas ce genre de vocabulaire qui puisse m’effrayer. Je ne veux pas qu’on me traite de révisionniste de négationniste. Je ne suis pas de l’idéologie occidentale. Je vois les affaires africaines avec un œil africain. Le négationnisme et le révisionnisme ne répondent pas à notre idéologie. Ce sont des analyses politiques que des gens font ici et qui répondent à l’idéologie occidentale. Chez-nous en Afrique, un voleur qui veut vous tuer, vous arracher votre bien ou votre enfant, la punition est connue. Il y a des circonstances où l’on ne peut pas faire justice, où les gens se font eux-mêmes justice. C’est très regrettable. Mais c’est comme ça. Ceux qui attaquent, souvent veulent d’ailleurs que ces scènes apparaissent pour qu’ils trouvent la raison d’accuser l’agressé ou la victime. Ne le savez-vous pas ? Ils trouvent des raisons pour dire qu’on les a sauvagement tués et par conséquent ils doivent se défendre. C’est ce qui est arrivé. Dans d’autres mots : les gens sont provoqués et cette provocation engendre des réactions douloureuses et regrettables.

Q : Tout au début, vous avez dit que Kagame a personnellement reconnu avoir tué un certain nombre des rwandais. Il aurait reconnu certains massacres et tous ses abus. Mais personne ne l’attaque ni ne l’inquiète comme on l’a fait à Pinochet et à Fidèle Castro. Et vous-même qu’avez-vous fait à Kagame ? C’est à vous de porter plainte contre ce monsieur que vous qualifiez de génocidaire. Je ne parle pas seulement de vous individuellement mais des Rwandais lésés en général. Soit dit en passant, les Congolais l’ont fait contre Kabila lors de son dernier passage en Belgique et en France.

F. Twagiramungu : Les Rwandais aussi l’ont fait à maintes reprises. Ils ont même manifesté quand Kagame était en Belgique. Mais ça n’a pas donné gain de cause. Je crois que monsieur Kagame jouit d’une certaine crédibilité sur le plan international puisque les gens ne le connaissent pas assez. C’est dommage ! Et même quand il se déclare comme étant violent, personne ne prête l’oreille à ce qu’il dit. Il a donné plusieurs exemples pour démontrer qu’il a des capacités de nuisance et de violence extraordinaires qui dépassent de loin celles de monsieur Pinochet. Revenons tout simplement à l’assassinat de monsieur Juvénal Habyarimana, quelle hypothèse voudriez-vous encore qu’on puisse adopter ? Des extrémistes qui l’auraient tué ? Je ne crois pas. Monsieur Kagame devrait endosser la responsabilité entière de l’assassinat de deux présidents Habyarimana et le burundais Ntaryamira. Une fois de plus, c’est un silence assourdissant autour de ces deux morts quoique toutes les preuves soient réunies pour que ce monsieur-là soit traduit devant les tribunaux. D’autre part, lui-même a avoué avoir confectionné le plan d’attaque des camps de réfugiés et que tout ce qui s’est passé au Congo en 1996 et en 1997 tombe sous ses responsabilités. Mais la communauté internationale ferme les yeux, comme je l’ai dit plus haut. Et c’est comme si elle nous lançait un défi en disant : les hutus ce sont des génocidaires, ils méritent d’être punis n’importe comment. Les Tutsis ce sont des victimes, ils doivent se défendre toujours en tuant. Ce n’est pas normal.

Q : Revenant au dossier « Banyamulenge », pensez-vous que la main mystérieuse pour ne pas dire la main noire de Museveni reste toujours présente ?

F. Twagiramungu : Oh là là ! La main cachée de Museveni est toujours là. Museveni a fait ses stratégies à long terme. C’est là, je crois, son point fort. Car il planifie. L’africain en général ne planifie pas. C’est là toute la différence avec les autres. Museveni sait pertinemment bien ce qu’il va faire dans les cinq ans à venir. Les autres ne le savent pas. Ils travaillent au jour le jour. Museveni et ses compagnons avaient bien ce plan de conquérir le Rwanda, y créer des contradictions internes, rebondir et sauter sur le Congo et faire la même chose. On a utilisé les réfugiés rwandais pour le Rwanda, on devrait utiliser les banyamulenge pour le Congo. Cela a tenu et jusqu’à aujourd’hui ça tient encore. Museveni est toujours là. Il exploite les mines de diamant aux alentours de Kisangani et poursuit son avancée militaire tant au sud qu’au nord du Kivu et à l’intérieur de la région du Haut-Congo.

Q : Quelle solution préconisez-vous pour mettre fin à cette fiction ?

F. Twagiramungu : Je crois qu’il appartient aux congolais de trouver une solution. Moi je ne pourrai pas. Il faut faire un recensement et déterminer qui est qui ? et qui n’est pas mwenyamulenge ? Ceci n’est possible que dans des circonstances pacifiques. Pour l’heure, c’est très compliqué. Car, ils risquent de déverser des gens venus de l’Ouganda et même des Rwandais authentiques dans des régions du Congo. Ils les appelleront Banyamulenge. Ils les présenteront devant la presse internationale comme tels. Personne ne contredira. Ceux qui oseront riposter seront assassinés. C’est ce qu’on fait aujourd’hui. Alors là je crois que le Congo est en train de perdre, si pas la totalité, mais une bonne partie de la région du Nord et du Sud Kivu sous des arguments de récupération des territoires perdus lors de la conférence de Berlin et d’ assurer la protection de leurs congénères Banyamulenge se trouvant au Congo. Croyez-moi, à cette allure cette histoire peut durer un demi-siècle si les congolais ne font pas preuve de vigilance. La deuxième solution envisageable pour le Congo, c’est de créer une puissance militaire qui permette de dire un mot dans la région des Grands Lacs. Le Congo est un grand pays qui s’il était mieux organisé, même l’Afrique du sud ne prétendrait pas être plus forte. Malheureusement à ce jour, c’est manifestement la faiblesse économique, politique et militaire qui handicapent le Congo. S’il réunissait les trois conditions, pensez-vous que Kagame oserait combattre ? Je ne le crois pas. Donc la solution se trouve dans la réorganisation de ce pays comme je l’ai tantôt décrit.

Q : Seriez-vous prêt à participer à un débat télévisé au Congo ?

F. Twagiramungu : Bien entendu ! Pourquoi pas ? Même au Rwanda si on m’assure la sécurité j’y irai. Oui aussi parce que des menteurs dominent la politique de notre région, des voleurs, des bandits, des aventuriers attirés par la richesse du Congo. Vous ne savez pas combien ce pays est en train d’être déchiré et volé par des gens que je connais personnellement et qui avaient juré qu’ils prendraient le Congo ne fût-ce que pour voler le diamant et l’or qu’il y a parce le pays est désorganisé.

Q : Qui sont-ils ?

F. Twagiramungu :  Il n’est peut-être pas temps de citer leurs noms ou les confidences. Sachez que je le sais. Le moment viendra où je citerai les noms. Ce n’est pas par amour des Banyamulenge que ce pays est attaqué. Mais par amour du diamant, de l’or, du cobalt, du cuivre et de toutes ces richesses dont le Congo est plein.

Q : A l’heure qu’il est, quel est le mot de soutien que vous aimeriez adresser particulièrement aux vrais congolais habitant la région de Banyamulenge. Je ne parle pas de Tutsi mais plutôt des Congolais qui sont entrain de mourir dans cette partie de la République.

F. Twagiramungu : Il n’y a pas une autre formule que de les encourager. Ils sont en train de mourir actuellement. Ils se donnent en sacrifice pour la libération de leur pays. Ce qui leur manque, c’est peut-être l’organisation mais sûrement le soutien de la communauté et de la presse internationales. Les distances étant ce qu’elles sont entre Kinshasa et les régions d’Uvira et de Banyamulenge, ils en souffrent beaucoup. Personnellement je les encourage à résister. Le pays leur appartient et ils ne doivent pas reculer ; bien au contraire il faut qu’ils cherchent des alliances et continuent leur combat.

Q : Pouvez-vous confirmer que vous iriez au Rwanda si toutes les conditions de sécurité étaient réunies ?

F. Twagiramungu : Pensez-vous que je continuerai à faire ma politique dans cet appartement à Bruxelles ? Il faudra que j’aille dans mon pays. On ne peut pas abandonner son pays aux mains des gens qui le connaissent très mal et qui comptent curieusement sur l’appui des américains. Mon pays est dirigé par fax et par téléphone, ce qui est regrettable. Il est temps que l’on ouvre les yeux et que l’on discute de la politique. Mais on ne peut pas parler politique avec des gens qui vous tiennent le couteau sur la gorge. Quand vous dites qu’ils tuent, ils disent non et vous qui dénoncez-vous devez disparaître. C’est pourquoi je ne le dirai jamais assez, l’assassinat de monsieur Sendashonga est un grand coup. On ne peut pas trouver un homme qui s’était donné corps et âme pour son pays et même pour le FPR mieux que ce personnage-là. Il était le ministre de l’intérieur du F.P.R. au sein du gouvernement que je conduisais. Nous avions démissionné ensemble. Il a été assassiné au mois de mai 1998 à Nairobi parce qu’il contredisait monsieur Kagame. Nous réclamons la sécurité. Nous ne pouvons pas aller au Rwanda sans sécurité.

Q : Il a été assassiné tout simplement parce qu’il disait la vérité ou il contredisait Kagame.

F. Twagiramungu : Il contredisait Kagame tant quand nous étions au gouvernement que quand nous en étions partis. Après notre démission, nous avions mis en place l’organisation politique qui nous permettrait de nous exprimer. C’étaient les forces démocratiques de résistance. Je suis indéniablement dans l’opposition. Les méthodes que Kagame utilise pour assassiner les politiciens sont un peu sophistiquées, dans lesquelles il doit être assisté par des services secrets étrangers. Si le Kenya, les États-Unis notamment voulaient que la vérité soit connue au sujet de l’assassinat de monsieur Sendashonga, ça ne prendrait pas deux heures. Nous avons des informations sur sa mort. Mais curieusement on continue à couvrir Kagame toujours en se servant du génocide rwandais. Même pour le Congo, c’est le même scénario. Je crois qu’il y a eu un génocide au Rwanda. Mais s’en servir continuellement tant sur notre territoire que sur celui des voisins, je trouve cela ridicule.

Q : Et le dernier mot ?

F. Twagiramungu : Puisque vous m’offrez cette occasion je dirai : Le Congo est un pays d’avenir et qui constitue un grand espoir pour beaucoup d’africains compte tenu de ses dimensions, de ses richesses et de ses citoyens. Il y a beaucoup d’intellectuels et de politiciens intelligents au Congo. Nous souhaitons qu’ils se mettent ensemble pour trouver des solutions appropriées à la situation actuelle. Ce faisant, ils pourront concrètement définir ce que c’est les Banyamulenge. Ces derniers (les banyamulenge) s’ils réclament la nationalité, ils peuvent l’obtenir sans prendre les armes et sans prêter main forte aux aventuriers venus de l’Ouganda et qui veulent dominer toute la région des Grands Lacs. Je demanderai aux Congolais d’être plus agressifs et de rester unis entre-eux pour que la vérité puisse triompher. Pour terminer je ne peux qu’exprimer le regret de ce qui se passe au Congo, l’exploitation de ses richesses qui sont aujourd’hui vendues à Kigali et à Kampala. Les deux capitales étant devenues les plaques tournantes de presque toute l’économie de la région. Ce que veulent ces gens, c’est l’exploitation de ce pays et non pas le bien ni la paix de son peuple. C’est là ma conclusion.

Interview réalisée par Zadain KASONGO. T.

Malheur aux maîtres-chiens !

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Depuis quelques temps, une avalanche d’injures couvrent la presse et les réseaux sociaux. Les habitués s’en délectent et semblent trouver une occupation favorite. Pas un jour ne passe sans que les activistes politiques congolais s’invectivent. Des noms d’oiseaux volent en éclat. Des complots réels et ou imaginaires sont dévoilés. Des politiciens en mal de positionnement s’inventent des stratégies. Une véritable foire politique où le vrai se mêle du faux.

Chrétiens et païens, commerçants et charlatans, voyous et savants se confondent.  Le congolais moyen, ne comprenant rien de ce qui lui arrive, ne sait plus où donner de la tête. Il ne se retrouve plus. Lui qui depuis deux ans attend de saluer l’arrivée du successeur. Hélas ! le monarque reste à la manœuvre des stratégies et de sa pérennisation. Pendant ce temps, dans le fin fond de mon Congo natal, une grand-mère du haut de ses 96 ans, imperturbable, bon pied, bon-œil attend de voter pour son arrière-petit-fils candidat à l’élection présidentielle. Personne n’ose lui expliquer l’imbroglio entretenu à Kinshasa par des activistes politiques et amplifié par leurs valets. Le nombre de ces derniers augmente de jour en jour. Sans culture politique aucune pour la plupart, ils sont surtout reconnaissables par la capacité à l’usage des mots orduriers, des injures et autres formules de persiflage.

Inconstants, versatiles à souhait, ils naviguent d’un clan à un autre sans transition c’est-à-dire sans réflexion. A trop vouloir manger à plusieurs râteliers, ils ne peuvent rien proposer de consistant d’où le vagabondage politique. C’est à ce genre de spectacle que nous assistons. Les valets politiques ne sont pas encore en panne d’idée pour amuser la galerie. Incapable de lire ce qui semblerait être sa déclaration politique devant les caméras l’un d’eux annonce renoncer à ses origines ethniques pendant que l’autre, c’est-à-dire son collègue vilipende la même ethnie qu’il menace de renvoyer de la capitale. Inculture consacrée !

Tout porte à croire que les valets ne sont pas maîtres de leurs actes. Que dire ? Ils restent valets aussi bien pour eux que pour la communauté. Et pour quel apport en politique ? Aucun, si ce n’est demeurer chiens de la meute lâchés contre un certain Félix TSHISEKEDI dont le seul péché serait celui d’être ce qu’il est, c’est-à-dire muluba. Pour mieux l’anéantir, tous les coups sont permis, y compris utiliser certains balubas sans scrupules prêts à vendre leur âme pour des miettes. C’est du déjà vu et du déjà entendu. C’est à croire que le fils du Sphinx aurait hérité de tout. Notamment ce charisme de faire trembler les adversaires politiques, insuffler peur et panique dans le camp de l’ennemi par sa seule présence. Observons bien ! Il est là sans rien dire, sans chercher à se défendre ni à se justifier pour des accusations aussi farfelues que grotesques. Et les médias sont débordés des propos incendiaires contre lui. Il y a de quoi se demander si ce n’est le même Sphinx, le même père qui renaît en lui. Le mystère de la réincarnation serait-il entrain de se réaliser sous nos yeux et la barbe des pourfendeurs du plus grand parti de l’opposition congolaise ? Si oui, auraient raison ceux qui avaient surnommé et considéraient le père comme Moise. Ils auraient ainsi prédit l’arrivée de Josué aujourd’hui en route vers la terre promise. De quoi faire trembler les kabilies, la régnante et l’oppositionnelle. Le bal des chauves ne fait que commencer pour ceux qui auraient compris la nécessité de retrouver fierté et dignité du peuple congolais. Le pays aujourd’hui est sous occupation. Seuls les chiens de la meute susdite d’ici et d’ailleurs tiennent à prolonger le bail de l’occupant en amplifiant la division entre Congolais, pour le bonheur de leurs maîtres. Le train de la révolution est sur les rails. Malheur aux maîtres-chiens ! 

Zadain KASONGO

Docteur LOSEKE serait-il atteint ?

La bombe a explosé dans les mains de son poseur. Il croyait rouler tout le monde. L’ancien médecin de CNPP se serait-il mué en goinfre politique? Sa plainte portée contre Jean-Marc KABUND-A-KABUND le secrétaire général de l’UDPS a été rejetée.

Il espérait obtenir l’annulation du congrès extraordinaire du parti. Selon lui, les organisateurs de cet important événement n’en avaient point qualité. Le procès vient de démontrer que c’est plutôt lui Tharcisse LOSEKE Nembalemba qui n’a aucune qualité de porter plainte contre KABUND-A-KABUND.

Pour longtemps, docteur Loseke en a eu et en aura pour son compte. Quelle mouche aurait piqué notre brave médecin et politicien sans envergure? Serait-il atteint? Oui certainement de la boulimie politique.

Bravo Docteur KABANDA! Pour avoir mis à nu la roublardise du toubib neurologue de Tshumbe. Véritable combat entre médecins politiques ? Pas vraiment car le match vient de se solder au premier round par arrêt de l’arbitre au tribunal de matete à Kinshasa.

Mis K.O  technique débout, le neurologue osera-t-il solliciter un match retour contre le néphrologue Kabanda? Rien n’est moins sûr. Maintenant, il ne faut plus relâcher. Toutes les bêtes politiques en divagation devront en prendre acte. Le neurologue, se serait-il tellement occupé des extravagants qu’il en devient un à surveiller?

l’affection mentale aurait-elle déjà commencé, par effet de contagion, à le ronger tout doucement ? Réponse à cette question dans un futur proche. Ce qui est sûr, docteur Loseke restera pour l’histoire politique de notre pays celui par qui le scandale de la boulimie politique a commencé mais surtout celui qui aura poussé les congolais à s’interroger sur la vraie nationalité de ses dirigeants. Qui est qui ? 

Zadain KASONGO

Etienne TSHISEKEDI Wa Mulumba : Le Baobab s’est écroulé ! [OPINION]

En ce 1er février 2017, une seule nouvelle préoccupe les Congolais tant de la diaspora que du pays. Jour pour jour en ce jeudi 1er février 2018, il y a un an. Elle les divise autant qu’elle les rassemble. C’est l’annonce de la disparition d’Étienne Tshisekedi Wa Mulumba. Figure emblématique de la politique congolaise. Opposant historique aux 3 derniers régimes non démocratiques du Congo.

Personne n’a l’air d’y croire. Les téléphones sonnent de quatre coins du monde. Ceux du Congo demandent confirmation à ceux de la Diaspora. Est-ce en Belgique qu’il aurait rendu l’âme se demandent les congolais, perturbés. Dans moins d’une heure, la planète entière est au courant. Le temps passe et la lugubre nouvelle se précise.

Le baobab s’est écroulé ! Des pleurs se font entendre. Jeunes et vieux, militants,combattantes,combattants et simples sympathisants prennent d’assaut la permanence de l’UDPS à Kinshasa. Tous consternés, ils pleurent celui qu’ils nomment « Père de la démocratie congolaise ». Il n’est plus.

A Bruxelles, c’est le même triste spectacle. La ville finit par mettre l’espace du Palais des Expositions sur le plateau du Heysel à la disposition de la famille. Seul endroit pouvant contenir cette marée humaine qui y déferle pour s’incliner devant la dépouille mortelle de celui qui incarnait l’espoir d’une réelle démocratie.

Et ils sont nombreux, des congolais venus de toute l’Europe, du Canada et des États-Unis. L’entrée dans le lieu est filtrée, contrôlée et bien régulée. Les incrédules se rendent à l’évidence. L’atmosphère est pesante. Tout le monde veut partager ces moments avec la famille Tshisekedi. La file est longue pour passer devant le cercueil exposé à l’intérieur du bâtiment. Anecdotes, vérités et mensonges autour de sa mort se racontent dans la foule. Plus on se rapproche du cercueil, plus on se rend réellement compte qu’il n’est plus.

Celui qui a fait vaciller Mobutu premier dictateur du pays cher à Simon Kimbangu. Celui qui, par son courage de dire la vérité au rebelle M’zée Kabila, s’est fait reléguer par ce dernier dans son village natal. C’était le prix à payer pour avoir exigé entre autres, la facture à devoir aux mercenaires qui ont aidé l’ancien trafiquant d’or et de diamant à conquérir le pouvoir. C’est toujours lui qui a dit tout haut que le pays était dirigé par un jeune rwandais incompétent et sans aucune culture politique.

Il n’avait pas sa langue en poche quand il fallait dénoncer la dictature, les anti-valeurs et l’occupation du pays. Son heure a sonné loin de son quartier général de Limete. Les nouvelles technologies de l’information facilitent la communication entre congolais éparpillés aux quatre coins du monde. Les membres de son parti, l’UDPS peinent à trouver des mots pour confirmer la triste nouvelle. Devant l’inévitable, ils sont réduits à l’impuissance. Des communiqués se préparent tant bien que mal.

Le choc est frontal, inattendu, la douleur indescriptible. La famille biologique effondrée, recherche les dernières énergies pour faire face à la suite des évènements. Pendant qu’elle tente de réunir ses membres, le régime de Kinshasa se prépare quant à lui, à les diviser en sablant le champagne. La fête se veut grandiose, triomphale, mais malsaine et immorale. Tant le chemin, pour les opposants à l’opposant historique, semble libre et dégagé. C’est lui (Tshisekedi) qui faisait peur au régime.

Maintenant qu’il est parti sans partir, les thuriféraires du pouvoir se frottent les mains. Ils multiplient interviews et communiqués dans la presse. Tantôt pour apaiser tantôt pour accuser les militants du parti et la famille biologique du défunt. Pendant ce temps le corps sans vie du leader Maximo traîne dans un funérarium bruxellois. Un an passé aujourd’hui à tergiverser sur le lieu de l’enterrement. La famille, le parti et le régime se rejettent la balle. Qui a tort ? Qui a raison dans ce duel sans raison ? Seul le plus lucide comprend et mesure les enjeux de la communication.

Pendant que certains membres de la majorité présidentielle, s’illustrent par des démonstrations accusatrices, le temps pour la veuve Tshisekedi affectueusement appelée maman Marthe semble s’arrêter. Celle qui une année durant porte le deuil de son regretté et charismatique mari. Elle ne peut enterrer l’homme de sa vie, de sa jeunesse. Les autorités de Kinshasa se refusent à faciliter le rapatriement du corps.

Ils sont nombreux au sein de cette plate-forme présidentielle dont les sorties médiatiques ne laissent pas indifférents. Même le moins averti des observateurs de la politique congolaise n’aurait de la peine à démêler le faux du vrai. Cependant deux parmi eux semblent battre le record et se disputent la première place dans la nouvelle discipline d’excellence à rebours au Congo Kinshasa. Quand l’un affirme, la main sur le cœur que le corps d’Étienne Tshisekedi a déjà été enterré, il prend soin de préciser même le nom du cimetière. L’autre déclare, pince-sans-rire, que la famille biologique aurait conditionné le rapatriement du corps de Tshisekedi par la nomination de Félix Tshisekedi son fils au poste de premier ministre.

L’amalgame est perceptible et le doute palpable. Interrogé par des journalistes, Félix Tshisekedi lève le voile. Ni ma famille biologique, ni ma famille politique n’ont posé aucune condition pour le rapatriement du corps du leader de l’UDPS. Je ne suis demandeur d’aucun poste politique précise celui qui a tout l’air d’incarner son père dans le combat politique. L’accord de la Saint-Sylvestre signé par l’opposition et la majorité présidentielle est clair. Il fixe les conditions de nomination d’un premier ministre.

Pour confondre les médiocres, à la veille du premier anniversaire du décès d’Étienne Tshisekedi, sa veuve et ses enfants décident de se réunir autour du cercueil de l’illustre disparu au Funérarium d’Ixelles. Les images font le tour de la toile et de différentes chaînes de télévision du monde. L’information circule. Les flatteurs du régime en prennent un coup. Ils semblent se taire depuis, tant la réplique est indiscutable.

Difficile désormais de croire à ces chantres de contre-vérités. Les connaissant, ils n’auront pas froid aux yeux pour rebondir dans l’art qui leur est cher. La médiocrité ! Pendant ce temps, le corps de feu Président Tshisekedi reste bloqué à Bruxelles et ne peut être enterré dans son pays. L’on peut se demander, par la volonté de qui? La réponse peut sembler simple, mais pas aussi simple que ça quand on se dit qu’en Afrique, devant la mort ou le défunt, c’est l’occasion d’enterrer la hache de guerre entre frères ennemis.

La communauté africaine, ici l’ensemble de dirigeants africains, s’avère impuissante de faire fléchir le Pharaon de Kinshasa ne serait-ce que le temps d’organiser les funérailles. Ceci aurait eu le mérite d’éluder les gesticulations des hommes du pouvoir. Jamais un mort n’aura fait tant parler de lui comme le sphinx de Limete. Même mort, il fait toujours peur.

L’occasion est toute belle de dénicher d’autres médiocres. Notamment ceux qui l’ont trahi pour embrasser Pharaon dans son camp. Ils se pressent aujourd’hui d’organiser des messes en son honneur. Question de marquer une certaine visibilité dans l’opinion, toute honte bue. Que reste-t-il du Baobab et de son combat ? Poser la question, c’est y répondre. Des jeunes gens décidés à perpétuer l’œuvre du vieux entendent poursuivre la lutte jusqu’à l’instauration effective de la démocratie dans un État des droits.

Zadain KASONGO

RÉACTION  A l’article de MARIE FRANCE CROS contre Félix TSHISEKEDI 

Je viens de lire non sans dégoût l’article ci-dessus sous la plume de madame Marie-France Cros, journaliste à la Libre-Belgique. Seul le titre renseigne des intentions malveillantes et de haine. 

 On peut se demander en quoi ceci est un article de presse. Aucun élément probant dans le corps du texte ne vient étayer l’argumentaire sur une certaine prétendue fuite du Président Félix TSHISEKEDI. 

 Madame Cros se plaît à rapporter ce qui peut s’apparenter à des sornettes. Et ce, dans l’unique but d’affaiblir les ardeurs de tout un peuple qui espère le départ du pantin terroriste placé à la tête du pays. C’est ça qui est lamentable madame Cros et non la prétendue fuite, fruit de l’imaginaire d’un prétendu interlocuteur en mal du sensationnel, si ce n’est l’auteure même . 

En ces temps de tensions et de profondes crises multisectorielles au Congo, est-ce le moment de diffuser des « chiens écrasés? » Impensable. Le seul mérite de ce papier est de briser l’espoir de tout un peuple et de redonner vigueur à un régime décadent, à la dictature . C’est ça qui est lamentable ! Les chaînes de télévision belges présentes à Kinshasa couvrant l’évènement ont diffusé des images d’un Félix TSHISEKEDI combattant et combatif, présent , assistant à la messe de ce dimanche. 

Aucune chaîne ne nous a arrosé de la prétendue fuite, sauf l’interlocuteur sans nom et non autrement identifié de madame Cros. Du journalisme ? Peut-être! Cet interlocuteur, à dire vrai « informateur chargé d’intox » n’avait-il qu’ un seul angle de vue pour réaliser son reportage sur un si important évènement ? C’est ça qui est lamentable ! 

Aucun digne professionnel de l’information ne peut se contenter de voir à travers un tel prisme des préjugés. Dans ce papier, aucun mot sur le jet de gaz lacrymogènes, ni sur la brutalité dont ont été victimes, prêtres, chrétiens et population venus nombreux défier la dérive dictatoriale du régime d’occupation. C’est ça qui est lamentable !

Aucun mot sur la mort des paisibles citoyens frappés, rançonnés sans vergogne par la soldatesque barbare. C’est ça qui est lamentable! Aurait-il des lunettes ultraviolettes pour identifier ce vent de distraction qui souffle en direction d’un peuple déchaîné et déterminé? 

Faudrait-t-il encore des preuves de la haine nourrie contre le peuple congolais et à travers lui tous ses dignes représentants dont Félix TSHISEKEDI ? 

Le prétendu interlocuteur s’il en était un, ne serait-il pas un colporteur au service du pouvoir finissant et chargé de détourner l’attention du peuple, diviser et affaiblir davantage l’opposition? 

 Autant des questions à se poser avant diffusion d’un tel papier lamentable. Oui ! Sauf quand on partage la même intention que son interlocuteur. 

 La lutte sera longue, les ennemis sont nombreux. Les congolais patriotes doivent se le dire. D’où l’impérieuse nécessité de s’unir pour renverser le rapport des forces. Prenez-vous en charge, dixit Étienne TSHISEKEDI wa Mulumba d’heureuse mémoire! 

Zadain !

Zadain

Le Cardinal AMBONGO SERAIT-IL UN MÉDIOCRE ?

Chez les chrétiens catholiques, le prestigieux titre de Cardinal est porté par le plus haut dignitaire chargé avec ses homologues d’autres pays, d’élire et d’assister le Chef suprême de l’église Catholique Romaine. Pour cela, la formation intellectuelle chez les catholiques est l’une des plus rigoureuses si pas la meilleure dans les pays d’Afrique sub-saharienne. Leurs écoles s’occupent de l’intellect. Mais forment elles l’homme, ce dernier étant un tout ?

Le Cardinal AMBONGO, archevêque de Kinshasa, serait-il un médiocre ? Telle serait juste une innocente question qu’un congolais imaginerait se poser à la suite de l’observation de derniers évènements et du climat politique actuel en République démocratique du Congo. 

La justification de cette interrogation est liée à l’attitude affichée par le Cardinal Ambongo ainsi qu’à la place qu’il s’est donnée dans le débat politique en cours. La preuve ? Son nom est actuellement le plus cité dans les discussions tant à la cité que sur les réseaux sociaux. Curieusement, il apparaît plus que celui de Mgr Utembi, président de la Cenco en exercice.  Malheureusement, l’Archevêque Ambongo lui a ravi la palme du succès ou de l’insuccès. C’est selon.

Pourtant, chacun sait qu’aucun prêtre, semble-t-il, ne peut accéder à ces hautes charges cardinalices en étant un nul, convenons-nous-en. Les critères d’accessibilité sont simples et ou multiples. Seuls les concernés et les initiés s’y intéressent, mais aussi en savent un peu plus. Si chez les catholiques on peut supposer que la qualité d’un certain cursus, d’un certain parcours serait nécessaire, elle l’est aussi dans d’autres domaines par et pour ceux qui y œuvrent. 

Les catholiques, mieux que tous les autres devraient le savoir. Les membres du clergé ajoutent souvent si pas toujours, c’est Dieu qui choisit. La formule consacrée est : « Les voies de Dieu sont insondables, voire impénétrables ». Comme pour dire : ce que Dieu a décidé, personne ne peut le remettre en doute. Curieusement ces mêmes voies ne sont pas insondables quand il s’agit du choix fait par le peuple en contradiction avec la volonté du Cardinal.

Déjà peu avant la chute du précédent régime Kabila et début de celui de TSHISEKEDI actuellement en cours, l’autre archevêque de Kinshasa en l’occurrence feu Laurent Monsengwo Pasinya, dans son style déclamatoire habituel, tel un prophète, lançait cette tirade restée gravée dans la mémoire politico-religieuse congolaise. Il avait déclaré ceci : « Il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systémique. Que les médiocres dégagent et que règnent la paix et la justice en République démocratique du Congo ».

Ce bref rappel peut rassurer chacun de mes lecteurs que l’intention de l’auteur ici n’est pas de porter atteinte à l’intégrité morale de qui que ce soit, mais de nous en servir, de tourner autour de cette réflexion pour peaufiner la présente analyse. Toutes choses étant égales par ailleurs, devant Dieu, les humains restent égaux.

Oui certains prêtres du Congo sont réguliers, présents plus dans l’une que dans l’autre de ces deux sphères de vie, religion et politique par excellence. Et ils s’en défendent.

Cependant, les médiocres auxquels il faisait allusion n’étaient pas si loin. Ils n’étaient pas seulement là où on semblait les imaginer, sous-entendu dans la sphère politique. Le Cardinal Monsengwo ne l’avait point clairement insinué. Les médiocres sont pourtant là. On les a vu à l’œuvre, et on les a même côtoyés. 

Par ailleurs, depuis deux ans, s’opère un renouvellement de la classe politique congolaise par un changement de régime qui signe une alternance apparemment apaisée peut-on le dire par rapport aux craintes d’avant les élections. Mais cette alternance n’est pas de tout repos tant pour les gouvernants que pour les autorités de l’église catholique. 

Si pour les premiers notamment le Président de la République, il s’agit de trouver des solutions à apporter aux difficultés majeures, et aux problèmes laissés ou causés par le régime précédent, pour l’église catholique cependant, il s’agirait d’imaginer, inventer, créer des mécanismes par lesquels il faut mettre fin au mandat en cours du Président Felix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Mieux encore, il s’agirait d’éviter avec adresse que l’actuel Président de la République rempile, alors que la Constitution lui en donne le droit. 

Donc, il s’agirait pour ces « prêtres » de marquer nettement leur opposition politique tout en se réclamant apolitiques en faisant la politique. Le beau rôle tout aussi ambigu qu’ils jouent n’a de sens que quand on cerne leurs objectifs. Le chaos, l’échec du Président actuel. Comment interpréter et comprendre certaines sorties médiatiques si pas toutes quand le premier représentant du Pape en RDC semble se mêler les pinceaux en faisant des déclarations hors contexte. 

Référons nous au dernier cas en date. En pleine célébration de la messe, lors des funérailles de feu Laurent MONSENGWO PASINYA, le Cardinal Ambongo déclare : « On ne peut rendre hommage à la mémoire du Cardinal Laurent Monsengwo si on laisse la population croupir dans la misère, alors que les gouvernants vivent dans l’opulence ».

C’est la phrase de trop. C’est la phrase qui tue. Ni le contexte, ni l’atmosphère de deuil pendant la cérémonie ne justifiaient pareille sortie impromptue ! Sauf à vouloir régler certains comptes politiques contre des ennemis ou adversaires ou même à vouloir s’attirer de la sympathie politique chez les adversaires du Chef de l’État qui était présent en première ligne en face de la chaire utilisée par le Cardinal pour soi-disant prêcher. Même dans un combat de catch le plus sauvage, le célèbre catcheur Edingwe parvient à respecter arbitre, spectateurs et téléspectateurs.

Et les participants de se demander de quelle opulence parle-t-il ? Sûrement pas de la sienne. Lui qui a reçu gratuitement deux véhicules de luxe en l’espace de deux mois. De quelle opulence parle-t-il ? Il est admis que l’usage des paraboles, d’adages et autres formes de style langagier reste courant dans les prédications des hommes de Dieu. Mais ici, la question a été tournée dans tous les sens pour comprendre. Rien n’y fait. C’était tout simplement hors contexte. Propos difficiles à contextualiser. C’est ce que les professeurs de cours de français soulignaient au Bic rouge sur le papier de l’étudiant en inscrivant cette annotation célèbre : « HORS SUJET!» 

Cette note scolaire appelée cote en Belgique, cumulée à d’autres, aboutissait à l’appréciation générale qui se traduisait par « médiocre ». Dans les écoles catholiques, un élève coté médiocre en était exclu à la fin de l’année. Ses chances de se réinscrire dans une autre école catholique étaient nulles. De même, aucun autre élève venant d’une autre école que catholique ne pouvait être inscrit, admis dans une école catholique avec un bulletin portant cette cote de Médiocre.

Or, le constat est qu’actuellement ces médiocres se retrouvent malheureusement au sein de la classe politique, mais aussi au sein du clergé.

Tribalisme primaire ou lubaphobie ?

Tout peut être dit. Des conclusions aussi hâtives soient elles peuvent être encore tirées. L’homme peut être tout sauf un religieux, encore moins un politique. L’habit ne fait pas le moine nous dirait on. Lui est moine et porte cet habit. Cet habit cache-t-il le moine que l’œil ordinaire du commun des Congolais ne semble point voir ? Plutôt que cache le moine qui serait dans cet habit ? Le Cardinal AMBONGO y cacherait il un guerrier à la recherche des glorioles, ou un politicien qui n’ose pas se déclarer à travers un véritable parti politique ? 

De mémoire de congolais aucun comportement de prêtre catholique n’a autant nourri en mal des conversations de salons aussi bien huppés que ceux des bidonvilles de la République démocratique du Congo. Ambongo par-ci, Ambongo par-là ! Il est sur toutes les lèvres. O mon Dieu ! quel exploit de se faire tirer vers le bas à force d’accumuler couac, bourdes, indélicatesse et indécence à l’intelligence ? 

Dans certains secteurs professionnels autres que la religion, seul le sceau de l’incompétence aggravée mériterait d’être apposé sur le document de licenciement d’un pareil ouvrier ou cadre d’entreprise. Les Congolais constatent que dans le dire et l’agir du prélat transpire la tare d’un tribalisme primaire mortel. Tenez ! Un candidat s’est vu refuser d’aspirer à ce poste de Président de la CENI (Commission Électorale Nationale Indépendante) pour un seul motif qu’il était de l’ethnie luba. Alors que ce critère d’exclusion ne figure sur aucun texte de règlement. 

Décision ne reposant sur aucun critère. Seule la voix du Cardinal compte pour écarter le candidat. Tout autour de lui y compris dans son cabinet, la province majoritairement représentée est la sienne, à savoir celle de l’Équateur. Dans les années antérieures, selon des informations en notre possession, il se révèle qu’il ne suffisait pas de déclarer sa vocation pour devenir prêtre. Un jeune homme en avait fait les frais. 

Après avoir attendu et avoir travaillé auprès de son éminence Évêque Ambongo, il s’était vu refuser l’ordination sous un motif le plus fallacieux possible qu’il était jugé inapte. Voilà une autre manière de déclarer quelqu’un de médiocre. Or il se dit clairement dans ce milieu là que l’appartenance tribale du jeune homme aurait beaucoup pesé dans l’appréciation de son chef spirituel qu’était Mgr AMBONGO. 

Ainsi le pauvre n’a jamais été ordonné prêtre et avait dû retourner dans son Kasaï natal à Kananga. Il avait mis ainsi une croix sur ce qu’on appelle vocation sacerdotale. Plus près de nous monsieur AKUSUL SUKULA professeur d’université, chrétien catholique devant l’Éternel jure de ne plus mettre ses pieds à l’église catholique vu le comportement et le tribalisme avéré du Cardinal. Ils sont nombreux à jurer pareil. La baisse de vocation s’ensuivra. 

Madame Lisette Lisa Mongendu congolaise de père et de mère originaire de l’Équateur n’a pas attendu pour épingler dans une lettre ouverte, le tribalisme primaire du Cardinal AMBONGO son frère de clan. Plus forte encore est la réaction de l’analyste de télévision sur les réseaux sociaux l’excellent Christian BOSEMBE, congolais de père et de mère, lui-même originaire de l’Équateur. Juriste de formation, il demande au Cardinal sans le citer, sur base de quel texte de loi ce dernier se permet de rejeter les candidatures des originaires luba au poste de la présidence de la CENI entre autres.

La nouvelle a traversé les frontières. A l’ère du numérique, plus rien ne peut longtemps rester caché. Hier, le Cameroun faisait écho d’un courrier adressé au Cardinal en signe de lettre ouverte pour le rappeler à l’ordre. Aujourd’hui c’est du Sénégal que nous vient un cri de détresse et de profonde déception des chrétiens catholiques indignés du comportement du non moins célèbre prélat catholique congolais AMBONGO. 

Que dit-on ? Célèbre ? Oui célèbre, le qualificatif l’est dans tous les sens. Seuls comptent, le déterminant et l’explication que l’on met devant et derrière. Le premier et le dernier de la classe sont tout autant célèbres l’un et l’autre. Surtout quand c’est à répétition, donc sur une longue durée. Autant on s’habitue à admirer le premier de classe ou de promotion donc le meilleur, autant on se lasse d’encourager le cancre qui n’écoute aucun conseil et continue à en faire à sa tête. Il est tout autant célèbre.

Star du mal, star en mal !

Lors de la lecture d’une libre tribune diffusée cette semaine dans les réseaux sociaux, deux confrères ayant lu un article où le prélat catholique est pris à parti n’ont pas hésité à interpeller son auteur. On ne peut pas critiquer un ministre de l’Église disent ils. Pourtant le même ministre ne met pas de gant pour dénuder par un vocabulaire cru d’autres ministres, en l’occurrence ceux du gouvernement qu’il critique sans considération. Il ne fait d’ailleurs que ça. 

On pourrait se demander si sa profession était celle de critiquer le gouvernement et ses animateurs, ne se limiterait qu’à cela, au point de se contredire quand il déclare que sa fameuse CENCO aurait une mission prophétique d’accompagner le peuple de Dieu. Lequel peuple ne serait visible que dans sa pensée.

LA PARABOLE DE LA PAILLE ET DE LA POUTRE :

« Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. »  

Évangile selon Matthieu chapitre 7, versets 3 à 5 :

Il nous revient de constater qu’une certaine loi non écrite serait d’application au sein de l’église catholique congolaise. Mais, on n’en parle jamais. Pour être fait Cardinal, il faut être originaire de l’Équateur ou y avoir des liens même indirects. 

Simple observation :

1)Joseph Albert MALULA fait premier Cardinal est de père lubakasai et de mère de l’Équateur. C’est sur l’identité de sa mère qui l’a élevé seule qu’il avait été fait Cardinal. L’étonnement du Président Mobutu au stade lors d’un meeting en disait long. Il venait d’apprendre que le père du tout premier cardinal était d’origine luba-kasai. Car Malula avait décidé de dédier sa première messe à son père en allant la célébrer sur le sol Kasaïen.

2) Cardinal Frédéric Etsou Nzabi Bamungwabi, né le 3 décembre 1930 et décédé le 6 janvier 2007, était de l’Équateur.

3) Cardinal Laurent MONSENGWO Pasinya originaire d’Inongo, ancienne localité de l’Équateur, rattachée plus tard au Bandundu

4)Cardinal Fridolin AMBONGO Besungu originaire de l’Équateur

Comme on peut le constater, le Cardinal AMBONGO n’a jamais dit mot sur ça. Il ne serait pas étonnant qu’il soit considéré dans le futur comme un incitateur à la haine tribale dans ce pays par des prochaines générations. 

PARADOXE COMIQUE

Le paradoxe qui ferait rire certains serait ce constat de similitude à rebours entre un prêtre qui se comporte comme un catcheur et un catcheur qui décide d’abandonner le ring , les fétiches et le monde de spectacles mondains pour embrasser la parole de Dieu. Il s’appelle EDINGWE. Quelqu’un nous avait prévenus qu’il y aurait dans ce pays un Président entrant et un Président sortant. C’était sans préciser qu’il s’agirait d’un catcheur sortant pour l’église et d’un prêtre sortant de l’église pour entrer sur le ring pas seulement du spectacle mais aussi politique. 

Et KADIOMBO s’invite !

Pendant tout ce temps maman Nicole NGALULA Ilunga veuve Kadiombo se bat seule pour rétablir la vérité sur le meurtre de son cher époux Mars Kadiombo Yamba Bilonda décédé depuis plus de deux semaines.Comme si cela ne suffisait pas pour cette famille, maman LUSAMBA NZEBA mère du défunt comédien vient de le rejoindre dans l’au-delà sans avoir enterré son fils. Double deuil pour la veuve. Elle reçoit du réconfort moral du monde entier par des coups de fil, mais jamais celui du Cardinal pourtant réputé être du côté des plus faibles, veuves et orphelins. Le seul combat qui accapare le représentant du Christ à Kinshasa est celui de la prochaine élection présidentielle.

Quoiqu’il en soit, l’histoire nous démontre que le choix de faire de quelqu’un président de la République Démocratique du Congo ne dépend pas du président de la CENI seul, mais aussi de Dieu. Sinon, les congolais savent qu’un certain monsieur dénommé Emmanuel Ramazani Shadary, Tout puissant Secrétaire Général du PPRD, parti au pouvoir et dauphin de son état du Président Joseph Kabila Kabange lors des dernières élections présidentielles de 2018, ayant déclaré avant de déposer son bulletin dans l’urne « que dès ce soir, il serait élu président de la République Démocratique du Congo ». Il ne le deviendra jamais et la suite est connue de tous. 

Que reste-t-il de l’évangile selon saint Ambongo? Sûrement mettre sur le chemin de l’exil tous les baluba-kasai à défaut de les éliminer physiquement comme l’avait fait un autre Saint en Allemagne Nazie ou Saint Antoine Gabriel KYUNGU wa Kumwanza au Katanga en 1992-1993.L’homme est déterminé à faire parler de lui, à laisser ses traces dans l’histoire de la République démocratique du Congo. Quel euphémisme ! Mais quelle histoire ? Celle de l’évangile de la haine. Faudra-t-il attendre la mise à exécution de son plan ? Il se chuchote entre certains congolais la désertion pure et simple de l’église catholique comme l’a déclaré ce professeur d’université en Belgique et d’autres qui ont requis l’anonymat. Ils n’entendent pas prier et partager la même parole qui prône l’amour avec ceux qui prêchent la haine sans masque, c’est-à-dire sans se voiler la face. En ce temps dominé par des mesures sanitaires contre la pandémie de Covid-19,la précision reste utile.

Notre Cardinal Ambongo n’en a-t-il jamais tiré de leçon ? A moins qu’il n’ait rien appris de l’histoire récente. Ce qui serait une des caractéristiques des potentiels médiocres !Il serait un véritable défi à la médecine, un malade qui s’ignore.

Ce qui, cependant reste vrai, est que les médiocres du futur, ce n’est pas la peine de les chercher ailleurs ni de les attendre, ils sont déjà parmi nous !

Zadain KASONGO

RDC : Quid d’une opposition bananière ? [OPINION]

Dans le microcosme universel d’analystes politiques, le langage a toute son importance. Car, il reste le code de base qui permet à tous de communiquer, mais aussi d’être compris par les autres.

Cela étant retenu comme principe de base, on a coutume de lire ou d’entendre parler de République bananière. Peut-être pas ou jamais de l’opposition bananière. Pourtant il en existe bien une dans cette République du centre de l’Afrique où tout le monde fait de la politique tant en robe qu’en costume ordinaire.

Le plus important, semble-t-il, étant de parler politique. Ce qui sous-entend que le reste importe peu pour les semeurs du désordre, confusionnistes et autres manipulateurs à souhait de tous bords regroupés sous le vocable des « politiques ou politiciens ».

La situation étant ce qu’elle est, comment pouvons nous les distinguer dans ce champ d’action ? Cette question est très importante. Car elle permet au citoyen lambda de pouvoir y voir clair. Par exemple, de pouvoir choisir entre l’ivraie et le bon grain.

Les acteurs portent ils des signes particuliers ? Affichent ils des attitudes singulières qui les distinguent des autres ? Bien sûr que oui. Faut-il être initié pour savoir découvrir leurs signes distinctifs ? Pas nécessairement, car leur tempérament et leur attitude les trahissent facilement et souvent les isolent du reste de la société.

Vous constaterez qu’ils sont passés maîtres dans l’art de la désinformation. Leurs propos frisent l’intolérable, ils diffusent la haine, incitent à la subversion. Ils ont aussi l’injure facile à la bouche. Ils s’en défendent pourtant de très belle manière par une citation chère à l’ancien premier ministre français Michel Rocard. Mais parfois ou souvent, cette citation si mal assimilée est abusivement mal pratiquée. Notamment elle dit : « Si vous ne vous occupez pas de la politique, elle s’occupera de vous ».

Si les uns le disent tout haut, d’autres l’appliquent sans jamais le dire ni tout haut, ni tout bas. Entre temps, les faits les accusent, les portent aux nues, c’est selon, en les propulsant au-devant de la scène politique. Alors une fois dans cette arène au goût de Machiavel, en robe ou en costume, en cravate ou en nœud papillon, les seules règles qui y prévalent demeurent tout autant politiques. Le jugement aussi. C’est à s’y méprendre pour les non-initiés.

Vous avez dit : République bananière ! 

L’expression plaît certainement. Elle semble plaire à l’usager même sans qu’il en maîtrise le sens ni l’origine. Mais elle ne demeure pas moins péjorative pour qui en connaît l’origine.

L’histoire politique immédiate nous ramène à celle du début du siècle dernier, outre atlantique. Elle nous renseigne qu’à une certaine époque l’écrivain et journaliste américain William Sydney Porter, signant ses papiers sous le pseudonyme de O. Henry. Caressant sa plume dans le sens de la description et du compte rendu, il dépeignait à sa manière le désordre politique dont il était témoin en son temps. Il n’avait pas trouvé mieux que de qualifier de bananière cette république du Centro-Américain, le HONDURAS.Car il s’agissait en fait de l’implication directe en politique de United Fruit Company. Cette grande compagnie était spécialisée autant dans le commerce de fruits que dans la sale besogne d’exploiter et de sous payer les ouvriers de plantations de banane. Ainsi l’entreprise s’adonnait elle allègrement à la manipulation et au financement de dictatures d’Amérique du Sud. On peut constater qu’il était tout simplement question de corruption savamment bien entretenue et de manipulation pour empêcher toute réforme sociale.

Contextualisée et prise dans ce sens, l’expression « OPPOSITION BANANIÈRE » peut trouver toute sa substance dans la cacophonie délibérément créée et entretenue au Congo par ceux qui hier semblaient prêcher la bonne nouvelle, et qui ont pour mission de ne prêcher que celle-là. Malheureusement ce n’est pas cela qui s’observe sur le terrain politique congolais.

Incapables de susciter l’unanimité autour de leur prise de position déjà au sein de leur église, Ambongo et Nshole, puisqu’il est question d’eux ici, semblent naviguer à contre-courant. Tout commence par le refus inexpliqué du Cardinal d’assister à la cérémonie d’investiture du Président Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO. Pire, l’homme censé apporter la paix entre individus, chrétiens et parmi les hommes est celui qui apporte la guerre et la haine entre eux. Celui par qui le scandale arrive. Ce n’est pas tout comme attitude négativiste et méprisante.

Plus tard, il se distinguera par des prises de position et petites phrases aussi sibyllines qu’irrespectueuses. Des réactions qui divisent le peuple de Dieu qu’il est appelé à gérer en bon pasteur.

Interrogé par la presse, on s’en souvient, sur son refus de répondre à l’invitation à l’investiture du nouveau Président. Une invitation n’est pas une convocation avait répondu le Cardinal AMBONGO. Une réplique sans tact, indigne d’un pasteur et plus qu’une injure. Ceci peut ressembler à tout sauf à un modèle d’éducation pour les plus jeunes qui assistent médusés à ce spectacle politico-religieux. Quant aux vertus démocratiques, loin d’être comprises, elles sont encore davantage loin d’être appliquées par ces deux hommes d’Église. Ils se sont distingués par la fausse et mauvaise assimilation des principes régissant les règles démocratiques.

Tenez ! Lorsqu’au cours d’un vote ou d’un processus de délibération, un camp l’emporte sur l’autre en termes de nombre comme ici 6 contre 2 pour la désignation du président de la CENI, tout est conclu et d’ailleurs démocratiquement. La loi du nombre en démocratie est une valeur sûre et indéniable. Malheureusement les deux princes de l’Église Catholique trouvent à redire en réinventant une autre règle, celle de la proximité tribale entre le candidat président de la CENI et le Président de la République. Une proximité qu’ils n’auraient pas repérée depuis le début du processus de désignation.

Étonnant ! Pourrait on les croire et continuer à leur faire confiance ? Poser la question c’est y répondre. Alors, NON ! Il y a ici fausse et mauvaise assimilation des principes régissant les règles démocratiques. Toute forme d’estime appelée confiance s’avoue rompue. Comme pour désapprouver l’ordre de sa hiérarchie désorientée, le diocèse de Mbuji-Mayi a organisé une messe de soutien aux institutions et au Président de la République le même jour où la fameuse opposition avec deux prêtres en tête, avait prévu une marche de la honte contre la République.

Depuis, les deux prélats, en duo infernal, ont entrepris une tournée dans les capitales occidentales. Dans leur cahier de charges, ils cherchent désespérément appui afin de consolider leur position d’opposants. Ils demandent à l’Union Européenne :

1°-d’appuyer diplomatiquement les mesures nécessaires à des élections transparentes.

2°-l’obligation pour la CENI de publier les résultats électoraux de vote bureau par bureau.

3°-L’allongement à un minimum de deux semaines du délai de recours.

Y a-t-il encore des doutes que ces deux-là font de la politique à temps plein ?

Injures publiques

L’opposition actuelle accuse un déficit en matière démocratique. Très présente là on ne l’attend pas, mais elle s’affiche absente du vrai débat démocratique. Les spécialistes et utilisateurs habituels des réseaux sociaux découvrent chaque jour des nouvelles formules d’injures contre le Président de la République et son gouvernement. Un coup d’œil survolant certaines plateformes de communication rend compte de cette carence.

Il serait inadmissible de penser à retrouver, de nos jours hommes et femmes suffisamment instruits user des mots aussi orduriers pour offenser le chef de l’État. Pourtant, nous le lisons et l’entendons de certaines bouches insoupçonnées. Et cela est produit par certains catholiques, à la limite de l’extrémisme religieux pour appuyer leur commandant en chef AMBONGO et son adjoint Nshole auxquels ils croient pouvoir faire plaisir. Certainement un plaisir avilissant !

Telle est l’une des facettes peu reluisantes de l’actuelle opposition à la tête de laquelle trône le duo infernal Ambongo-Nshole. Elle en est à ses premiers pas. On peut comprendre ses balbutiements. Devrait elle commencer à compter le nombre d’années qui lui restent pour égaler la longévité de cette autre opposition aujourd’hui au pouvoir ?

Déstructurée, sans idéal et engluée dans le mensonge de ses représentants attitrés, on dirait qu’elle se recherche encore. L’exemple venant d’en haut n’est pas le plus digne pour faire avancer le débat dans ce pays en convalescence de 50 ans de ruine morale et de tant de maux qui ont miné la société congolaise. L’on ne peut compter sur ses représentants pour effacer ce sombre tableau, tant ils sont des garants et initiateurs de cette forme d’opposition. C’est à croire que le duo infernal en manque évident de l’Esprit Saint nourrit une haine inavouée contre le Président de la République.

Marche de l’opposition bananière

C’est aujourd’hui qu’a été prévue la première marche de l’opposition sous Fatshi à Kinshasa la Capitale de la République Démocratique du Congo. Annoncée plusieurs fois et plusieurs fois reportée, elle a finalement eu lieu. Les organisateurs ne sont jamais parvenus à fixer l’opinion publique sur l’opportunité et les objectifs de cette marche. Parmi eux, Le FCC de triste mémoire, Lamuka aile-Fayulu, l’Eglise catholique et d’autres parmi lesquels la présence des étrangers serait soupçonnée de vouloir commettre des dégâts à imputer aux adversaires politiques. L’on parle ainsi d’un mélange détonnant des groupes jadis incompatibles, mais qui seraient aujourd’hui obligés de s’unir semble-t-il sans le consentement de tous leurs membres. Alors là, point n’est besoin de se demander pourquoi ce qualificatif de BANANIÈRE ne leur conviendrait il pas ?

Manipulation, corruption, mensonges, frustration, haine constituent, le lot de qualificatifs accompagnant cette opposition. Elle aurait plus besoin d’apprendre les rudiments de la vraie opposition constructive plutôt que de continuer à gratter sans gain sur la fibre du tribalisme, de l’injure facile. Pendant que nous mettons la dernière main à ce texte, Les nouvelles en provenance de Kinshasa font écho de la fin de la marche au cours de laquelle les partisans d’Ambongo et de Nshole se sont illustrés par des casses, injures publiques à l’égard de la mère du Président de la République. Comme qui dirait les enfants reproduisent le modèle du père.

Dans un État des droits, casses et injures publiques sont passibles de poursuites judiciaires. Ici aussi quand les présumés coupables ou leurs autorités morales et initiateurs de la dite marche seront convoqués par le tribunal, peut-être diront ils une convocation n’est pas une invitation. Il convient de signaler que la marche n’a pas été un succès. Pour tout gâcher, même madame la pluie s’est invitée. Personne ne l’a vu venir, mais tout le monde l’a vu arroser tout le monde. Un prophète aurait dit : « Même Dieu dans le Ciel ne veut pas de cette marche sans objectif ». Cependant, connaissant les acteurs de l’opposition BANANIÈRE présents sur le terrain, il ne serait pas impossible qu’une plainte soit déposée contre X pour conspiration. 

Quant à la presse étrangère appelée à la rescousse de la « Bananière », elle y va par son lot de désinformation, de contrevérités, de calomnies, voire de l’intox pour obtenir un quelconque dialogue facilitant ainsi l’entrée au pouvoir des faux opposants. Ceux-là même qui viennent de faire chou blanc aujourd’hui.

Malheureusement rien n’y fait. Au pouvoir ce n’est pas un roseau mais un béton qui y règne. Pourvu qu’ils puissent s’en rendre compte une fois de plus !

Zadain KASONGO

PAPA FLOS NE JOUERA PLUS AU BASKET!

Il était grand, très grand. Il mesurait  quasiment 2 mètres. Si non1,96m précisent ses proches sans sous estimer l’impression de géant qu’il dégageait. Toujours souriant et exprimant en permanence une très vive sympathie jamais forcée, papa Flos, s’est tu à jamais  ce vendredi 10 mai 2024. Loin de  sa terre natale du Congo Kinshasa, c’est plutôt en France son lieu de résidence depuis quelques années, que l’irréparable vient de se produire. Notamment à l’hôpital HAD de Bois-Guillaume de la  Croix-Rouge française en Normandie. 

Jeunes et vieux, hommes et femmes, tout le monde l’appelait Flos et souvent papa Flos. De son nom complet Floribert LUBOYA BEYA . Il laisse 3 orphelins : Gradi LUBOYA 25 ans, Maria LUBOYA 23 ans et Corine LUBOYA 21 ans. Il vivait seul avec ses enfants. La mère de ces derniers étant restée à Kinshasa où elle a refait sa vie. C’est dans le Katanga profond, précisément à Kongolo qu’est né notre Champion un certain 8 février 1959.

Les membres de l’excellente plateforme de communication LAUTREINFO dont il était un de plus influents, se souviennent de cette date qu’ils ont ensemble célébrée pendant les 5 dernières années pour lui souhaiter ,à chaque fois, un heureux anniversaire. Il réagissait toujours joyeusement non sans humour. Excepté cette année ci où il s’est révélé très affaibli par l’altération de son état de santé. Pendant 10 mois, la tumeur au cerveau qui l’a cloué au lit, a résisté à la radiothérapie et à la chimiothérapie. Elle a eu enfin raison de lui. Et notre géant s’est écroulé.

Mon frère , mon ami s’en va calmement comme il a vécu. Triste fin pour un homme toujours prêt à aider et toujours prêt à égayer son monde. Pas conflictuel, en revanche toujours conciliateur entre amis en conflit, en difficulté. Il aimait et prêchait la paix en tous temps. Un homme bon, un homme de bien. Tous ses amis peuvent se réclamer plus proches de lui. Car il était ami et même frère de tout le monde. Un principe de vie qui le caractérisait. Il en a presque fait un sacerdoce.

Sportif par excellence de haut niveau, le Basket était sa passion. Chez eux c’est une histoire d’amour familial. C’était son sport favori . Il l’a pratiqué toute sa vie comme joueur avant de se perfectionner en Suisse comme coach. Il a joué aussi avec deux membres de notre Forum ,à savoir maman Mado MBUYI TSHITENDA et son mari papa Jean-René tous membres de LAUTREINFO. 

Quatrième né de sa famille sur les 11 enfants dont 3 filles. Au regard de ce chiffre 11 les LUBOYA constituaient toute une équipe, plus de foot que de basketball. Mais c’est ce dernier sport qu’ils affectionnaient tous sans exception. Il convient de reconnaître qu’ils en avaient des prédispositions innées.  

Enseignant  de profession comme son géniteur, papa Flos est un ancien de l’IPN, (Institut Pédagogique National). Après ses études supérieurs ,il a donné cours de français au Lycée TOBONGISA de Binza  Ozone de Kinshasa. Il ne manquait ni de l’humour ni de la répartie pour s’attirer la sympathie de son entourage. Assurément, l’homme impressionnait autant par sa taille que par une certaine tournure d’esprit agréable. Son affabilité demeurait totale. Papa Flos était ce mélange d’altruisme de bonhommie et de plusieurs autres ingrédients pour être l’homme toujours jovial qu’il était. C’est à dire un homme agréable à vivre selon une certaine expression. Il répandait de la bonne humeur .

LES-A-COTES

Aussi tôt la nouvelle du décès  annoncée ce 10 mai 2024, amis et connaissances sous le choc se réunissent et organisent le deuil chez le défunt autour de ses 3 enfants. Question de leur remonter le moral  par compassion. Du véritable soutien psychologique. En Afrique et particulièrement au Congo ,le deuil n’est jamais l’affaire d’une personne ni d’une seule famille. Pendant que les amis tentent de s’organiser pour un enterrement digne et de consoler les enfants, un homme, le jeune frère de papa Flos absent depuis le début, fait irruption  après 4 jours de deuil.

Toute honte bue, Il ordonne la dispersion des compatissants et met fin  à ce qu’il considère comme attroupement. Il déclare avoir pris la décision de ramener le corps de son frère à Kinshasa sans aucune précision sur les moyens de sa démarche. Se sentant humiliés, les amis de papa Flos plient bagage et retournent vaquer ,chacun à ses occupations avec toutes les peines du monde.   Voulant prendre des nouvelles du deuil ,à notre tour, c’est la jeune sœur de papa Flos qui répond au bout du fil :

-Allo ! Bonjour madame, je suis un ami de Flos. Nous faisons partie d’une même plateforme de communication dénommée LAUTREINFO.  Je vous appelle de Bruxelles en mon nom personnel mais aussi en celui de tous les membres de notre forum.. Je voudrais vous présenter nos sincères condoléances et aussi prendre des nouvelles du deuil.

-OK !  Je suis sa petite sœur. Nous allons ramener le corps à Kinshasa

-A la question de savoir si c’était ça la volonté du défunt de ramener son corps au pays de ses ancêtres ?

La jeune  dame hausse le ton, répond violemment et agressivement :

-Qui es tu pour savoir  si c’est sa volonté ou pas. Nous, nous avons décidé de ramener le corps à Kinshasa  et c’est tout..

Et la communication s’est interrompue par :

-Veuillez m’excuser madame pour cette question qui semble vous désaxer.  

Drôle de manière de réagir aux témoignages de sympathie présentés par un ami en ces moments de profonde affliction ! 

Aujourd’hui deux semaines après le décès, le corps de notre cher ami papa Flos est ballotté entre différentes pompes funèbres et n’a jamais été ramené à Kinshasa. Ses 2 frère et sœur ont déjà quitté le lieu du deuil. Les orphelins sont restés seuls ne sachant à quel Saint se vouer. Ci-après un numéro de compte pour contribuer aux frais du deuil et aider les enfants à enterrer leur père, notre ami et frère Flos LUBOYA. Au nom de ses enfants ,nous vous disons infiniment merci pour le geste.

FICHE TECHNIQUE

Papa FLOS, ancien basketteur d’IMANA a joué  à la même période que MUTOMBO DIKEMBE à Kinshasa. Ils s’appelaient régulièrement en cette période de maladie.

-Directeur technique des équipes nationales féminine et masculine. 

-En 1999, directeur technique de l’équipe nationale 

– Plusieurs formations dans le cadre du basket en vue de se perfectionner dont la dernière est celle de la Suisse en 2009.-

-De 1999 à 2009 il était directeur technique de l’équipe nationale.

Voici les équipes qu’il a entraînées : BCZ, Anongo devenue Azur INSS( filles) ONATRA, DSP (garçons).

RÉTROSPECTIVE

Plus loin que l’on remonte au début de ses ennuis de santé, nous pouvons retrouver dans ses écrits, des cris de désespoir d’inquiétude et d’angoisse pour le lendemain. Nous sommes en pleine période de pandémie de Covid 19.  Ci-dessous quelques échanges entre lui et les membres de notre forum. Faisons parler nos archives :

FLOS :

-Je me suis fait vacciner le 29 juin dernier. Depuis quatre jours, une douleur envahit mon bras gauche, celui qui a reçu le vaccin. La douleur s’amplifie chaque jour et devient de plus en plus insupportable. Les anti douleur prescrits par mon médecin ne me soulagent pas longtemps. Si, parmi nous il y en a qui ont reçu le vaccin Pfizer, dites moi si vous avez ressenti la même chose. Que le Bon Dieu soit avec nous.

-En ce moment, je souffre terriblement. Je lutte contre la douleur. Vous n’avez aucune idée. J’ai l’impression  de perdre l’usage de mon bras gauche.

-J’espère et je souhaite que ce qui m’arrive n’est pas lié au vaccin. La grande inquiétude est que ça intervient juste après la vaccination.

Réactions:

-Je suis vacciné depuis février contre le COVID et me porte très bien comme la majorité des vaccinés.

-tous les organismes ne réagissent pas de la même manière

-Essayez de vous rapprocher du médecin, le plus vite possible. Tenez bon, ça peut être juste un petit rien

Il faut absolument consulter un médecin. Courage !

-Très cher Flos , je t’appelle pour demander à un ami médecin de te contacter si tu ne peux le faire. Tu es un grand sportif je compte sur ton énergie de sportif de haut niveau pour braver la peur. Si tu es parvenu à l’avouer c’est que c’est très sérieux. Te connaissant je suis de cœur avec toi.

-Moi j’en ai reçu 2x et je me porte à merveille

-J’espère aussi. J’étais avec une équipe de 23 personnes et de nous tous pas d’effets particuliers jusque là

-La relation de cause à effet est ici très claire

-L’antidote au vaccin n’existe pas

-Flos vient de quitter les urgences où il a reçu des soins appropriés à ses souffrances. Le médecin a diagnostiqué un possible contact avec le nerf lors de la vaccination. Pour l’heure notre FLOS LUBOYA se dirige vers son domicile pour se reposer. Nous vous tiendrons au courant de la suite. Bon repos et nous restons de cœur avec toi très cher frère!

-Que Dieu l’assiste. c’est lui Jéhovah Rafa le Dieu qui guérit. bon repos papa Flos.

👏👏👏👏👏👏👏👏👏 prompt rétablissement cher Flos

J’ai eu le même vaccin. Avant d’être vacciné, l’infirmière m’avait prévenu de ces effets possibles de douleur. Toutefois, pour mon cas, je ne l’avait pas ressentie.

FLOS :

Merci de tout cœur, Frères et Sœurs, pour votre compassion et vos encouragements. Pour répondre aux préoccupations de certains d’entre nous, le médecin a diagnostiqué un problème névralgique. Soit que la petite piqûre aurait touché un nerf, soit qu’en protégeant le côté où j’ai été piqué, j’aurais adopté une position qui pourrait avoir sollicité les nerfs concernés. À présent, je me porte mieux et je rends grâce à Notre Dieu.

Zadain KASONGO

BRUNO EST PARTI !

Samedi 08 juin 2024, la vie semble s’arrêter sur Renaix. La plus méridionale commune de la Flandre-Orientale en Belgique est secouée depuis une semaine. Un de ses habitants, non des moindres, s’est soustrait de la population multilingue qui la compose. Non pas de gaieté de cœur mais par un cruel destin. Bruno est parti.

La nouvelle est déchirante. Autant brutale que  brusque pour les proches de l’illustre disparu. Tel est mon cas, loin d’être le seul. Des tristes messages ne choisissent ni le lieu ni les circonstances pour parvenir à destination. Celui-là m’est tombé sur la tête. Bruno est parti ? Parti pour… ?  Sûrement vers d’où l’on ne revient jamais. Un voyage sans retour, aller simple. Ce monologue intérieur  consume, pétrifie , asphyxie. Ce matin les rues d’une partie de la ville connaissent une effervescence inhabituelle. Difficile de trouver de la place de parking autour de l’église catholique Saint-Martin de Renaix. 

Pendant ce temps comme prévu au programme, une équipe se charge de sortir le corps du funérarium. A l’allure du pas, elle accompagne le corbillard. Ce dernier se dirige vers l’église où connaissances, amis, familles et autres membres de la communauté attendent. L’air semble grave, calme mais non sans affliction. La procession s’immobilise devant l’église. En y rentrant le corps, tout le monde se met débout, en signe de respect au mort. Service funéraire et familles autour du cercueil, dans le plus total silence s’arrêtent sur le seuil. On entendrait une mouche voler aux alentours.

L’instant est solennel. Il n’a d’égal qu’à celui des hommages dus à un ministre. En effet ministre de Dieu, Il l’a été en ses derniers jours. L’ordre est donné à la régie. Et elle exécute successivement trois chants, notamment Alléluia Cohen , Agnus day de William Smith, suivis de Yawhé Kumama, et de Mubanji Muluse de KABONGO Mbayi en tshiluba, repris ici par la sœur Bena  que le défunt appréciait beaucoup à ses heures de méditation. Véritable source d’inspiration pour journaliste, écrivain et pasteur qu’il était.

Mais ici dans la foule et autour du cercueil, le chagrin si perceptible est à son comble. De nouveau l’ordre est donné au service funéraire de s’avancer avec le corps  jusqu’au devant de la chaire pour des hommages mérités et dignes de ce que fut l’homme qui nous quitte ce jour. Plaisir et peine se confondent dans mes yeux larmoyants. Est-ce un dernier plaisir que je lui fais ? Juste un lourd et difficile devoir. C’est aussi ça le prix d’une longue amitié muée en fraternité. Reconverti en maître des cérémonies pour la circonstance j’assume. Mal me prend de réaliser que dans la caisse se trouve celui qui ,il y a peu, était à la fois collègue,  frère et confrère de longue date. Devant lui je me tiens et lui fais l’honneur de cet ultime hommage : C’est en pleine cérémonie d’enterrement, en Normandie en France, de Floribert LUBOYA BEYA alias papa Flos, un autre éminent membre de notre plateforme que nous parvient le triste message du décès de Bruno KASONGA NDUNGA MULE. 

Plus qu’un ami , Bruno était mon frère. SHAKENA était le nom par lequel nous nous appelions. Nous avions le même nom, le  même goût du travail et partagions le plaisir d’un même métier, celui d’informer les autres. Pas mieux que dans sa langue cela se traduit de manière aussi significative qu’excellente par « KAMONA KAMBA ». C’est à dire celui qui voit et rapporte aux autres. Aujourd’hui c’est de lui qu’il est question d’informer.

Quelle peine ! Quelle douleur ! d’annoncer de si tôt le départ d’un vaillant chevalier, celui de la plume s’entend. De Mbuji-Mayi ,depuis TSHILUNDU-Mérode, à Renaix en Belgique en passant par Kisangani ,Bruno a fourbi ses armes au sein de la Rédaction du quotidien ELIMA comme journaliste avant d’en être le directeur régional. Il y a peint et plusieurs fois dépeint des situations dont seuls sont capables des chevronnés analystes de talent. De sa plume alerte , il a voyagé et a fait voyager ses lecteurs aux confins du monde. Sa course se termine ce jour en Belgique où il a vécu ses quelques trente dernières années. Membre de LAUTREINFO depuis la création, Bruno était l’une d’excellentes plumes de notre plateforme de communication . Depuis quelques temps ses interventions étaient devenues sporadiques. Des ennuis de santé sont passés par là. Mais plus fort est le message de ce jour qui nous arrache notre Bruno. La douleur est immense !

Qui était BRUNO ? 

Notice biographique

Certains médias depuis son décès, le qualifient de légende de la presse congolaise et d’autres modestement de journaliste expérimenté. Bruno Kasonga Ndunga Mule est aussi auteur d’expression française d’origine congolaise. Il est de ceux qui n’ont pas coupé les liens avec le pays d’origine. Ses nombreuses publications et articles de presse en témoignent. Plus d’un de ses ouvrages personnels ou collectifs traitent des situations prévalant en République Démocratique du Congo.

Aîné d’une famille de huit enfants, dont quatre filles et quatre garçons, il est né au Congo le 28 janvier 1952 à Luluabourg aujourd’hui Kananga au centre du pays. il se voyait prédestiné à devenir prêtre catholique sur orientation de ses parents. Bernard KANJINGA son vieux condisciple et voisin de banc en 3ème de l’école primaire apporte par téléphone depuis Mbujimay aujourd’hui, un témoignage selon lequel , Bruno était le seul de la classe à avoir écrit sur son pupitre Mater boni consilii. Mère du bon conseil. 

Cependant, son état de santé ne lui a pas permis  d’achever ses études secondaires au Petit Séminaire de Lukelenge dans la  banlieue nord de la ville de Mbujimayi.  C’est plutôt au Collège Saint Thomas de Miabi qu’il termine en 1974 en section littéraire. 

Pendant son parcours scolaire, il parviendra à se faire remarquer auprès de la direction de l’Institut en proposant d’éditer sur du papier stencil un magazine scolaire qui allait devenir le journal de l’établissement scolaire.  Il ne manque pas d’y insérer des poèmes rédigés de sa plume en dehors d’autres textes se rapportant aux activités scolaires.  La voie lui est pratiquement ouverte pour s’intéresser à cette profession à laquelle les études littéraires le prédestinaient.

Chemin faisant, L’hebdomadaire local « Dimukayi » annonce un test pour recruter un journaliste reporter.  Il se présente et est aussitôt retenu après avoir distingué lors de l’examen éliminatoire de dictée.  Ce sera le point de départ d’une longue carrière qui le mènera jusqu’au sommet de la profession. 

Parallèlement, il décide de prendre les cours du soir à l’Institut Supérieur Pédagogique de Mbujimayi afin d’améliorer son niveau.  Quelques temps plus tard, la reforme de la presse zaïroise avale l’unique hebdomadaire du Kasaï-Oriental. Ainsi est né un nouvel hebdomadaire dénommé « Le Kasayi ».  L’auteur y publie un bon nombre d’articles.  Il se fait que le Bureau Régional du quotidien de Kinshasa recherche un journaliste. Après des tests, il est retenu et engagé comme journaliste reporter. Il preste de 1979 à 1981 année où il est élevé au rang de Directeur Régional pour ce que fut la plus vaste province du pays dans le Haut Zaïre avec comme siège à Kisangani. Il y est resté de 1981 à 1990, année où il crée son propre journal dénommé « Le Kiosque ». 

En 1992 c’est le chemin de l’exil vers la Belgique qui s’ouvre. Il précède. Épouse et enfants notamment : Bruno, François, Dieudonné, Émilie, Sandra, Christian et Olga, restent au pays et le rejoignent en 1995 après un véritable parcours de combattants, plein de péripéties aussi tristes qu’on peut les imaginer. Emmanuelle la cadette est née quant à elle en Belgique.  

Avant la fin de cette décennie 90, nous nous rencontrons chez moi à Bruxelles où au cours d’une banale conversation il me propose la création d’un groupe sur internet et il a même le nom « LEKASAI ». Ainsi est né ce groupe  le 06 juin 2003 après discussion et définition de ses objectifs essentiellement culturels.

Le groupe a tenu jusqu’au 26 février 2020- »  quand Yahoo groupes a décidé de mettre fin à son existence. A l’apparition de nouvelles technologies et l’émergence des nouvelles applications telles que WhatsApp, il m’est venu à l’esprit, l’idée de créer LAUTREINFO, plateforme essentiellement politique mais aussi culturelle en 2019 tout en ressuscitant LEKASAI, à vocation essentiellement culturelle.

A ce jour, les deux plateformes  existent parallèlement. En 2009 maman Pasteur Suzanne NKUSUBA MISENGA sa première épouse décède. Bruno observe une période de viduité avant de se remarier en 2014 à maman Symphorose MULEKA NGUDIE qu’il abandonne aujourd’hui par destin après 10 ans d’amour intense.

Hommage par ses enfants

1° Émilie

Vendredi 31 Mai a été le plus long jour de ma vie. La nouvelle de ton départ m’a trouvée à l’aéroport. La semaine la plus longue de l’année, j’ai eu comme l’impression que l’heure passait au ralenti. Mais il fallait tenir pour toi et pour les autres. Les enterrements faisaient en quelque sorte partie de ta vie. Toi qui te rendais aux obsèques de tout le monde… même des personnes que tu ne connaissais pas ou à peine. Tu le faisais « pour les proches, pour ceux qui restent » disais tu. L’idée d’imaginer que l’église soit vide ou peu remplie te peinait profondément.

C’était à ton image ; celle d’un homme qui passait son temps à donner de son temps et de son amour. Dire que tu es parti trop tôt serait juste égoïste de ma part, car tu as combattu le bon combat et achevé ta course. Ton temps est arrivé. Ta nouvelle mission vient de commencer. Te garder ici , c’est t’empêcher de remporter ta couronne de gloire. La dimension la plus élevée, la félicité.

Certes, j’ai mal rien que le fait de ne plus entendre ta voix, ton coup de fil pour me demander les nouvelles du pays et les analyses politiques. Si le monde était à refaire, je le referais avec toi. Dans une autre vie, je te choisirais encore comme père; pour rien au monde, je ne changerai ton nom. 

Tu m’as modelée et façonnée à ton image. Je suis ce que je suis aujourd’hui à travers toi. Tu as fait de moi une guerrière. Je marche la tête haute et fière de porter ton nom.

Les mots sont trop petits pour exprimer mon amour et ma considération pour toi. 

Merci pour tout mon binôme, ma forteresse et mon éclateur ! 

Ton corps nous a quittés, mais ton esprit réside dans mon cœur. Tu vis en moi. 

Je vais achever le travail que tu as commencé, je vais m’assurer que ton nom soit écrit dans  les livres d’histoire de la RDC. Ce qui compte, ce ne sont pas les années qu’il y a eu dans la vie. C’est la vie qu’il y a eu dans les années.

Ce n’est qu’un au revoir papa !

Ta fille bien aimée ! Ta fille qui t’aime !

2° Bruno MUSUAYI

Tout au long de sa vie ,  longue carrière, il a écrit sur la vie et les actes des autres. Pourtant il y a tant de choses à dire sur sa propre et brillante vie. Papa Bruno, père d’adoption pour beaucoup à Renaix, père biologique d’une famille nombreuse, papy de plusieurs petits enfants, oncle pour les uns, pasteur et ami pour les autres, en bref, Tutu Kasonga wanyi, muana buta wa mamu Ndelela Tshibamba ni Musuayi wa Ndunga. La question qui remonte en moi est : qui me racontera des histoires de la famille, de chez nous ? Qui me parlera de papa Mathias, Robert, François et de tous ceux que je n’ai pas connus ? On s’est toujours vouvoyé jusqu’à la fin. Alors permettez moi Monsieur, je sais tout de vous, de dire quel vide vous laissez dans la vie de chacun d’entre nous. À chaque contact, c’est toujours comment ça va à la maison, et les enfants à l’école, comment ça se passe au bureau. Ceci juste pour vous rassurer de mon bien être, jusqu’au bout. Vous avez vécu vos rêves, une vie d’honneur, une vie de pigeon voyageur. Voilà que vous vous en allez après des années heureuses, de périodes difficiles, les années de doute, de peur et finalement de douleur, ce mal qui vous emporte. Nous avons aimé nos moments de partage, de discussion interminable, le temps de refaire le monde, le temps de parler des histoires de chez nous, de la famille profonde.  J’ai assez appris pour transmettre. Alors reposez vous, de l’autre côté certes mais reposez vous, le travail a été brillamment fait et nous sommes tous prêts à aller de l’avant, sachant que vous apprécierez de nous voir vivre tous heureux.

Transmettez nos pensées d’amour à votre autre partenaire qui je l’imagine est heureuse de vous y revoir.

À jamais dans nos cœurs !

3° Dieudonné

Cher papa,

Merci d’avoir été un père exceptionnel. Je suis fier de toi.

Tu nous as peut-être quittés physiquement mais tu n’es pas loin, tu vis en nous à travers l’éducation et les valeurs que tu nous as transmises. Ces deux dernières années n’ont pas été faciles pour toi du point de vue de la santé.

En silence, j’ai vu ta peine lorsque tu as été confronté à la perte de la vue. Dans la faiblesse tu es resté fort et courageux. Tu nous a appris a être fort et à tenir bon face aux circonstances de la vie. Nous tiendrons bon.

Tu avais l’art de cultiver la paix et la bonne humeur. Ces moments passés ensemble, riches en émotions vont beaucoup me manquer.  

Mon papa, Mon ami, Mon confident ! Je t’aime !

Ton fils !

Sur ces mots , il est mis fin à ce service à l’église. Le public est invité à suivre le corbillard ,chacun à bord de sa voiture jusqu’au cimetière pour une dernière partie de la cérémonie avant le dernier moment de partage. Personne ne parle. Seul est entendu le son du panégyrique composé en son honneur et déclamé par son ancienne prof mamu Mpunga wa ILUNGA spécialiste de kasala.

AU CIMETIÈRE

Le moment tant attendu et aussi tant redouté est arrivé . Nous y sommes. Nous entourons  le cercueil. Le bruit du concert de sniff ! Sniff ! se fait entendre. Un air de fin du monde souffle sur  le lieu. L’apocalypse pour la famille ! Nous nous apprêtons à dire  adieu à celui que nous ne reverrons plus. Celui qui a été des nôtres tout au long de notre vie, celui que nous avons aimé et qui nous l’a aussi rendu. Papa Bruno ,Shakena wany est entrain de partir. 

Pour une dernière fois, Dieudonné éprouve le besoin de dire un dernier mot à son adorable père. S’appuyant sur le cercueil, regard vif et attendri l’homme semble chercher les mots . Mais il les a, aussi profonds que touchants. Il tient à parler une dernière fois à son père. La séparation  est difficile. Mais il parvient à trouver des mots simples et adéquats que tout parent aimerait entendre.   

Papa nous voici arrivés à la fin. Je promets de poursuivre le remboursement de nos dettes. Une partie a été faite. Vas en paix . Je t’aime papa. 

La parole est accordée à celle qui n’a pas parlé depuis le début de ce deuil. C’est Maman Symphorose MULEKA NGUDIE madame KASONGA, maman Sympho ou maman Rose, c’est selon.

Son oraison funèbre:

Tu as été un bon père de famille et grand-père. Et grand-mère , je le suis devenue aussi par toi. Je crois que je suis la seule grand-mère que les petits enfants connaissent. Tes enfants sont tes amis. Chaque fois on se retrouvait ensemble. Quand il est tombé malade ,j’étais avec lui partout. On prenait des rendez-vous ensemble. Je pouvais même arrêter de travailler. Les deux dernières semaines  à l’hôpital j’étais avec lui quoique j’étais aussi malade. J’étais là. Je ne voulais pas que l’hôpital m’appelle pour me dire : « ton mari est mort viens identifier le corps. Je voulais être là. Comme je lui avais promis le 15 février de l’aimer ,de lui être fidèle de l’accompagner dans les bons et  mauvais moments ,je l’ai accompagné jusqu’à son dernier souffle. Et je tenais à être là pour qu’on ne me raconte pas . Je l’ai vu partir en paix. J’ai entendu beaucoup de témoignages des gens. Ceux de loin, de la famille, des amis . Mais en tant qu’humains ,nous avons aussi des erreurs. C’est pour cela que je saisis cette opportunité pour demander pardon à toute personne que mon mari aurait offensée en tant que son épouse. La bible nous dit : Pardonnez nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. S’il vous plaît, libérez le, pardonnez lui. Et moi en son nom je vous demande pardon. Je vais terminer par un chant pour dire merci au Seigneur. C’est lui qui me l’a donné c’est lui qui m’a honorée à travers cet homme en faisant de moi une femme mariée. Si aujourd’hui il permet que je sois veuve je sais que lui , il est le défenseur des veuves et je m’en remets à lui. Quant à la famille, après la mort de Moise ,Dieu a dit à Josué : Prends courage parce qu’il y a encore des territoires à conquérir. Nous devons être forts et continuer parce que je crois que s’il était là, il n’allait pas me laisser décider. 

Sur ces mots maman Sympho, maman Rose enchaîne en entonnant courageusement un couplet du chant : Je viens te dire merci Seigneur. Les bras levés au Ciel elle dit en conclusion : Le créateur de toutes choses, le Dieu Grand je te dis merci, ta parole vient de s’accomplir dans la vie de ton serviteur. Nous sommes poussière, nous retournerons à la poussière. Il a fait sa mission Seigneur , qu’il aille se reposer. Père je viens te demander à toi qui l’a pris qui n’es pas surpris par ce qui arrive, de nous donner la force de pouvoir continuer. Que toute la gloire et l’honneur te reviennent à toi et à toi seul au nom puissant de Jésus Christ. Amen !

LES A-COTES

Pendant toute la cérémonie du dernier jour, une présence interpellante a été remarquée. Un homme semblait plus affecté que les orphelins et la veuve. Du Funérarium à l’église , de l’église au cimetière, du cimetière au partage de verre de  consolation , il était là avec la même mine aussi affectée  que jamais. Pas seulement ce dernier jour, mais depuis le premier déjà. En pensée, le chagrin le rongeait et semblait habiter son cœur .Pendant le partage du verre de consolation, je décide de l’aborder. Nous sommes à la même table. Suivons le :

Je m’appelle David Kapuya Ngalula. Je viens rendre hommage à papa Bruno qui nous a quittés le 31 mai dernier. L’approche que nous avons face à la mort est bien multiple et variée. Elle est influencée par nos croyances, et aussi par notre parcours. Mais, moi je prends la parole pour dire au revoir. Au revoir et non pas adieu. Au revoir parce que je suis sûr et certain que moi aussi je transiterai dans l’au-delà et que je pourrai le retrouver. Il y a un principe qui stipule qu’on ne dit pas de mal d’un défunt. Mais,il est des défunts pour qui on ne trouve pas de mal à dire. J’ai eu à beaucoup échanger avec papa Bruno. Par écrit surtout, sur le groupe Yahoo que Zadain et lui avaient créé. C’est vous dire que les écrits ont longtemps précédé notre rencontre physique. Et quand Zadain m’a appris la transition de papa Bruno dans l’au-delà, j’ai été très affecté. Je me pose la question de savoir ce que j’éprouvais à son égard. Je l’ai toujours appelé papa Bruno alors que, bien que mon aîné, notre différence d’âge ne le justifiait pas. Du respect ? Certainement, parce que je respecte tout le monde. Mais, je pense que j’ai beaucoup admiré papa Bruno. Je l’ai beaucoup admiré pour ce que les spécialistes en sciences de comportement appellent ATTITUDE. Je l’ai admiré pour son attitude. Papa Bruno fut un homme cultivé, un homme qui disposait de la mesure des choses, ce qui n’est plus évident par les temps qui courent. Ses écrits, ses propos ne laissaient aucune place à l’interprétation, tellement ils étaient clairs, sans ambiguïté ni sous-entendu. Papa Bruno avait la culture de l’excellence, la rigueur dans le rendu, le sens du devoir et l’inclination au travail bien fait, que ce soit à la MDK(Maison du Kasai), que ce soit sur LAUTREINFO, que ce soit sur Lekasai. Tout cela, dans une humilité manifeste. Un grand homme nous a quittés.

Reposez en paix ! Reposez en paix est une formule que nous adressons régulièrement à ceux qui nous quittent, indépendamment de leur âge et de leur vécu. Mais, c’est dans pareille circonstance que cette formule retrouve son sens. Reposez en paix, papa Bruno. Nos ancêtres vous accueillent avec dignité et honneur. Dieu de votre foi et de votre compréhension vous accorde sa grâce. Quant à nous, nous demeurons reconnaissants, je préfère le terme allemand DANKBAR ou anglais THANKFUL, nous restons reconnaissants ou nous sommes DANKBAR pour les moments que nous avons partagés, mais surtout pour cette opportunité qui nous a été offerte de vous connaître ; cette opportunité qui nous a permis de faire votre connaissance.Au revoir papa Bruno.

Mésaventure de Stéphane et Zadain

Pendant toute la semaine du deuil, Stéphane et moi prenions le train comme moyen de transport pour rejoindre Renaix le lieu de recueillement. Soit une distance de plus ou moins 150Km aller-retour. La liaison n’est jamais directe. Cela implique le changement  de train à Audenarde ville voisine de Renaix. Ce jour là , il y avait des travaux d’entretien sur la voie ferrée. Ceci avait pour conséquence des changements multiples de train, trois en tout avant d’arriver à notre destination. Après deux gares au départ de Bruxelles, deux jeunes filles montent. Elles choisissent de s’asseoir à nos cotés. Celle qui avait l’air plus jeune que l’autre sur le siège de KAPIAMBA et la plus âgée sur mon siège. A la question de savoir pourquoi ont elles choisi de s’asseoir à nos côtés alors qu’il y avait d’autres places ailleurs dans le train. La plus jeune et apparemment aussi la plus bavarde de deux répond : c’est parce qu’on a vu que vous ne pouviez pas être des Rwandais.

Qu’avez-vous contre les rwandais ?

_ Ils sont méchants. Ils nous font la guerre et tuent nos compatriotes au pays. Je ne les aime pas dit la plus jeune.

-De quel pays êtes vous originaires ?

-De La République démocratique du Congo (RDC) répond la plus jeune

-Comment vous appelez vous et quel âge avez-vous respectivement ?

-Moi c’est  Anaëlle Jade ,12 ans

-Moi  C’est Angelina, 14 ans

En déclinant leur identité complète, nous découvrons leurs parents qui s’y cachent. Stéphane KAPIAMBA a donné cours à la mère de Angelina, tandis que Anaëlle Jade la bavarde est nièce et filleule de ma belle sœur. Du coup j’appelle sa tante pour confirmer les dires de ces deux enfants et jeunes compagnes d’infortune. Elle confirme heureusement les faits. A la prochaine gare, elles descendent du train, satisfaites et surprises comme nous de cette fortuite et heureuse rencontre pendant ce temps de malheur pour nous deux. Cela ne nous détourne pas de l’essentiel de notre déplacement.

Quand nous arrivons au lieu de recueillement, nous nous inclinons devant la dépouille avant d’assister au culte d’adoration tel que prévu au programme. David KAPUYA nous raccompagne aussi tôt après à la gare pour notre train retour vers Bruxelles. Il ne peut se douter de la mésaventure qui nous attend sur ce trajet retour. Stéphane KAPIAMBA se targuant de maîtriser le chemin s’autoproclame sans trop le crier, chef de la délégation et donc guide. C’est lui qui explique tout.

En quittant Renaix, Nous prenons le train retour jusqu’à Audenaerde. Et de là Nous devons prendre celui allant vers Bruxelles. C’est ce que Stéphane croit indiquer. Sauf qu’après 15 minutes de parcours nous nous retrouvons au point de départ à Renaix. Le guide s’est lourdement trompé. Heureusement pour nous , l’agent de la SNCB est resté compréhensif . Il ne nous fait pas doublement payer le trajet. Mais il ne cache pas son gros rire. Situation grotesque s’il en fallait une !

Zadain KASONGO

Féfé VIENT DE QUITTER LA SCÈNE !

C’est un artiste de talent qui vient de quitter la scène. Pourtant la pièce continue. Le spectacle se poursuit. Celui qui ne jouait pas une simple saynète mais une réelle pièce entière n’est plus sur scène.  Mon excellent acteur de théâtre rejoint la loge. Il y retourne. Va-t-il revenir ? Va-t-il réapparaître pour continuer à enflammer le public ? Est-ce la fin du spectacle ? Peut-être ne m’entend-t-il pas ?  Mon Féfé , mon frère de scène, frère de vie, mon ami de toujours. 

Ils sont nombreux dans cette salle, attendant sa réapparition. Est-ce vraiment la fin du spectacle ? Personne ne l’annonce. La régie, serait-t-il en panne ? Autant de questions sans réponse, qui me turlupinent. Personne n’est là pour répondre. C’est un autre spectacle dans le spectacle qui se joue en silence. 

L’instant est malheureux, gravissime, ultime. Ceci n’arrive pas tous les jours lors des grandes représentations. La scène est vide, vraiment vide.  Faut-il improviser pour continuer ce qui a été interrompu , ce qui vient d’être interrompu ? Pour meubler le vide ? Personne ne répond.

L’ensemble du texte des actions correspondant à son personnage semble introuvable. La scène est vide. Le décor inachevé. 

Mon acteur serait-il dans les coulisses ? Jamais  spectacle n’y a eu lieu. Mon complice de scène s’est brutalement effacé. Une pièce à refaire ? A rejouer ? Jamais on ne rejoue la vie. Elle est unique. Ce monologue me pèse sur la conscience. Car dès tôt ce matin du 29 juillet 2024, un coup de fil inhabituel me réveille.

A l’écran s’affiche le prénom  Angélino, celui du quatrième fils sur les 6 enfants de Féfé. Il m’annonce l’irréparable entracte qui s’impose à mon complice acteur. Il s’agit bien de son vénérable père dans cette dernière tragique pièce. Mon sang ne fait qu’un tour. Le ciel semble me tomber sur la tête. 

Féfé NSUMPI Bin LUKOJI wa Lubuya ni LUKOJI mwena Mpiana wa Kua Mbunda Tshilumba !  ainsi se décline le patronyme du talentueux artiste qui choisit ce jour, de quitter la scène en plein spectacle. Tous les souvenirs de 1968 à ce jour refont surface. De l’enfance à nos jours, de l’école primaire à la création de l’AFROZAM-THEATRE notre œuvre. Marié à maman Ado MBOMBO,ils sont ensemble parents de  6 enfants : Gloire l’aînée est licenciée en science de l’information et de la communication, Merveil le puîné licencié en Marketing, Luc le troisième licencié en agronomie, Angelino le 4ème, licencié en psychologie scolaire, Divine la cinquième diplômée en coupe et couture, Cleddy le cadet termine en droit l’année prochaine. 

Le meurtrier,  hélas ! vient de mettre fin à cette joie familiale en poussant notre Féfé hors la scène. Maudit soit-il, il se prénomme AVC. De son nom complet Accident Vasculaire Cérébrale. 

Que des souvenirs d’ados et d’adultes  défilent en mémoire ! Les plus indélébiles, ceux du théâtre, de la poésie et de nos partages culturels s’imposent. De la Ruashi  à Kolwezi, passant par Kipushi, Musoshi, Kapolowe, Likasi ,Kambove j’entends vibrer dans mes oreilles le son de l’accent limpide sur scène, du fils de mwa Lubamba Lubuya mwa Nsumpi. De la gestuelle  à l’orthophonie tout me rappelle le talent indéniable de cet acteur prêt à monter sur les planches sans besoin du prérequis. 

De la Maison des jeunes au Bâtiment du 30 Juin je crois entendre des applaudissements à tout rompre des spectateurs émotionnés à chaque apparition sur scène de l’artiste Féfé toujours prêt à donner le meilleur de lui-même.

Parfaite incarnation de tout personnage qu’il est appelé à  interpréter. Tant au théâtre qu’à la déclamation des poèmes, notamment deux mémorables titres dus à la plume de son frère que je suis : PRINCESSE et PRIÈRE qu’il s’était totalement appropriés. Il les déclamait si merveilleusement bien et avec une telle élégance que d’aucuns l’en croyaient auteur. Le coup de fil de ce matin a ce don de réminiscence. C’est cet artiste qui vient de quitter définitivement la scène. Accompagnons le avec sourire sous nos applaudissements.

Chapeau l’artiste !

Zadain KASONGO