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LA PLUIE QUE L’ON PRÉTEND BALAYER

Les proverbes n’ont pas été forgés pour endormir les hommes dans la douceur des certitudes acquises ; ils sont là pour troubler leur repos, pour déchirer le voile des habitudes et rappeler que certaines réalités finissent toujours par réclamer leur dû.
C’est ainsi qu’un vieux proverbe m’est revenu un matin de pluie, alors que le ciel semblait avoir décidé de confier à la terre tout le poids de ses réserves : « Si tu peux balayer la pluie, alors balaie aussi la rosée. » Une phrase simple, née peut-être de la sagesse silencieuse des campagnes, mais dont la portée dépasse infiniment les champs où elle a pu prendre racine.

Car il arrive aux peuples de déposer dans leurs proverbes ce qu’ils n’osent pas toujours dire dans leurs assemblées.
On pourrait croire à une image innocente, une de ces métaphores rurales qui enseignent la patience devant les caprices de la nature. Mais il faut parfois écouter plus profondément la voix populaire : elle sait reconnaître les illusions du pouvoir mieux que les discours officiels. Ce proverbe n’est pas seulement une réflexion sur l’impuissance humaine devant les forces naturelles ; il est une interrogation adressée aux gouvernants. Il demande : que prétendons-nous changer lorsque nous n’avons pas encore appris à accomplir ce qui dépend réellement de nous ?

Balayer la pluie, c’est cette étrange tentation des pouvoirs qui préfèrent affronter l’apparence des problèmes plutôt que leur substance. C’est faire du mouvement une preuve d’action, de la parole une preuve de réforme, de la cérémonie une preuve de gouvernance. Il y a là une vieille maladie politique : confondre le bruit du pouvoir avec l’œuvre du pouvoir.
Notre histoire récente en République démocratique du Congo en porte les traces profondes. Sous le régime de Mobutu Sese Seko, l’État s’était progressivement transformé en un théâtre où l’image devait souvent tenir lieu de réalité. Les grandes déclarations succédaient aux grandes cérémonies ; les promesses semblaient se multiplier à mesure que les institutions perdaient leur solidité intérieure. Le pays assistait alors à une étrange contradiction : un État qui parlait beaucoup, mais dont les mécanismes ordinaires de fonctionnement s’épuisaient dans le silence.

Mais les peuples qui connaissent leur histoire savent qu’il est toujours dangereux de transformer le passé en refuge. La facilité consisterait à enfermer cette dérive dans une époque révolue, comme si les tentations du pouvoir appartenaient seulement aux hommes d’hier. Or la pluie continue de tomber, et certains continuent de vouloir la balayer.
Aujourd’hui, les mêmes illusions reviennent sous d’autres formes. Les programmes sont annoncés avant que les moyens ne soient réunis ; les réformes sont proclamées avant d’être préparées ; les grandes visions remplacent parfois les modestes exigences de l’administration quotidienne. Le langage politique devient alors une architecture magnifique dont les fondations restent fragiles. On bâtit des façades avec des mots, tandis que la réalité attend encore les outils nécessaires à sa transformation.
Le peuple, cependant, possède cette lucidité que les puissants sous-estiment souvent. Il regarde derrière les décors. Il voit les écoles où les bâtiments existent, mais où manque parfois l’enseignement nécessaire ; les hôpitaux où les murs demeurent, mais où les soins se font attendre ; les routes annoncées dans les discours et effacées par les premières pluies. Il comprend que la véritable politique ne se mesure pas à la beauté des promesses, mais à la fidélité aux réalités quotidiennes.

Car le proverbe ne condamne pas l’action. Il ne demande pas aux hommes de renoncer devant l’immensité des difficultés. Il leur enseigne plutôt l’ordre des choses. Avant de prétendre arrêter les tempêtes, il faut apprendre à recueillir la rosée.

Cette rosée discrète, presque invisible, est pourtant la matière première de toute civilisation durable. Elle porte le visage des fonctionnaires correctement rémunérés, des institutions qui travaillent sans interruption, des écoles qui transmettent réellement le savoir, des hôpitaux qui soignent avant de communiquer sur leurs projets. Elle est cette partie humble de la politique qui ne produit pas toujours des images spectaculaires, mais qui construit lentement la confiance des citoyens.

La grandeur d’un État ne réside pas seulement dans ses ambitions proclamées, mais dans sa capacité à faire fonctionner ce qui paraît ordinaire. Car l’histoire des nations n’est pas faite uniquement de moments éclatants ; elle repose surtout sur la patience des gestes répétés, sur cette fidélité obscure qui permet aux sociétés de tenir debout.
Gouverner, ce n’est donc pas lutter contre la pluie avec des instruments dérisoires et croire que le courage suffit à vaincre le réel. Gouverner, c’est accepter la vérité des priorités. C’est comprendre qu’une nation ne se transforme pas par l’enchaînement des annonces, mais par l’accumulation silencieuse des résultats.

Celui qui balaie chaque matin la rosée accomplit peut-être une tâche modeste ; pourtant, il prépare davantage l’avenir que celui qui promet de commander aux nuages. Car le réel ne se laisse pas convaincre par les discours. On peut le repousser, le cacher sous les ornements du langage, différer le moment de l’affronter ; mais il revient toujours, avec la même patience inexorable, comme la pluie qui finit par retrouver la poussière.
Ainsi vont les nations et les hommes : ils peuvent ignorer longtemps les petites vérités, mais ce sont souvent elles qui décident de leur destinée.

José Tshisungu wa Tshisungu

L’ARBRE QUE NOUS NE PLANTONS PLUS

Le Congo ressemble à ces vieilles maisons dont les murs semblent vides et qui pourtant continuent d’abriter une présence. Celle des proverbes .Celui-ci me poursuit depuis longtemps : « Si tu coupes un arbre, assure-toi d’en planter un autre pour les jours de grande chaleur. »

À première vue, il ne s’agit que d’une recommandation paysanne. Pourtant, les civilisations ne déposent jamais leur vérité dans les grands discours. Elles la cachent dans les paroles les plus simples. Ce proverbe venu des terres congolaises ne parle pas seulement des arbres. Il parle de l’homme, de son rapport au temps, de cette dette mystérieuse que chaque génération contracte envers celle qui la suit.

Nos ancêtres avaient compris une vérité que notre époque s’applique à oublier : nous ne sommes jamais propriétaires de la terre. Nous n’en sommes que les dépositaires provisoires. Ils ne possédaient ni les laboratoires modernes ni les grandes théories de l’environnement. Ils avaient mieux : l’intuition que toute richesse arrachée au monde exige une restitution, que toute récolte appelle une semence, que toute puissance devient une faute lorsqu’elle refuse de préparer le futur.

L’on croit souvent que le progrès consiste à rompre avec ces anciennes sagesses. C’est une étrange illusion. Les siècles changent les machines beaucoup plus facilement qu’ils ne changent le cœur humain. Derrière les excavatrices, les forages et les contrats internationaux demeure toujours la même tentation : celle de prélever sans rendre, de recevoir sans transmettre.

La République démocratique du Congo offre aujourd’hui le spectacle douloureux de cette tentation devenue système. La forêt n’est plus contemplée comme une demeure, mais comme un inventaire. La montagne cesse d’être une présence pour devenir un gisement. Le fleuve lui-même paraît n’exister qu’à la condition de transporter des marchandises. Tout est désormais évalué selon la quantité qu’il est possible d’en extraire.

Les arbres tombent avec une facilité qui rappelle celle des promesses politiques. Les collines s’ouvrent sous les coups des engins. Le cobalt, le coltan, le cuivre et le diamant quittent le sous-sol avec une rapidité qui contraste singulièrement avec la lenteur du développement annoncé. Les chiffres progressent, mais les villages attendent encore l’eau, les écoles et les dispensaires. Cette contradiction n’étonne presque plus personne. C’est peut-être là le signe le plus inquiétant de notre époque : l’habitude finit par rendre supportable ce qui devrait scandaliser.

Le pouvoir, naturellement, invoque les nécessités du développement. Tous les pouvoirs aiment ce mot parce qu’il dispense souvent d’expliquer où conduit le chemin qu’ils empruntent. Il arrive même que le développement serve de voile à une étrange régression. On bâtit des routes vers les mines tandis que les routes qui conduisent vers l’homme demeurent impraticables. Les ressources quittent le pays plus rapidement que l’espérance n’y revient.

Il ne faudrait pourtant pas croire que la responsabilité incombe aux seuls gouvernants. Les sociétés meurent rarement d’une seule volonté. Elles se fatiguent peu à peu de défendre ce qui les faisait vivre. L’oubli devient alors une politique silencieuse. Lorsqu’un peuple cesse de transmettre ses proverbes autrement que comme des curiosités folkloriques, il commence déjà à perdre le sens qu’ils portaient. Les mots survivent quelque temps après les convictions, comme les feuilles persistent un instant sur les branches avant l’arrivée de la mauvaise saison.

Voilà pourquoi l’image de l’arbre me paraît aujourd’hui plus actuelle que bien des discours savants. Planter un arbre n’est pas seulement un geste écologique. C’est reconnaître que le temps ne nous appartient pas. C’est accepter que l’on travaille pour des inconnus qui viendront après nous. C’est introduire dans un monde dominé par l’immédiateté une discrète profession de foi en l’avenir.

Notre siècle préfère les récoltes immédiates aux semailles patientes. Il célèbre volontiers ceux qui extraient davantage que ceux qui préservent. Pourtant, les civilisations ne périssent pas lorsqu’elles manquent de richesses ; elles périssent lorsqu’elles perdent le désir de transmettre. La véritable pauvreté commence le jour où l’on ne plante plus parce que l’on ne croit plus aux saisons futures.

Il faudrait peut-être relire les vieux proverbes avec moins de condescendance. Ils ne sont pas les vestiges d’une intelligence primitive ; ils sont souvent les fragments d’une sagesse que notre sophistication technique n’a pas remplacée. Ils rappellent à l’homme moderne que l’avenir ne se construit pas seulement avec des capitaux et des machines, mais avec une conscience capable de reconnaître que toute génération n’est qu’un passage.

L’arbre que nous refusons de planter n’est donc jamais une simple absence. Il est le signe visible d’une démission plus profonde : celle d’une société qui préfère l’instant à la durée, l’exploitation à la transmission, la possession à l’héritage. À l’inverse, chaque arbre planté affirme silencieusement que tout n’est pas perdu, qu’il existe encore des hommes assez patients pour croire que l’ombre dont ils ne profiteront pas eux-mêmes sera peut-être un jour le refuge de leurs enfants.

José Tshisungu wa Tshisungu

LA PIÈTRE FIGURE DE L’OPPOSITION POLITIQUE CONGOLAISE.

En ce moment précis de son histoire, où la RDC, comme à la croisée des chemins, cherche à retrouver et renforcer son identité politique liée à sa souveraineté et à l’intégrité de son territoire – loin de chercher à disculper le camp du pouvoir où il y a quantité de choses à dire et à redire à propos de la gouvernance – il s’est avéré indispensable de clarifier le rôle de l’opposition politique congolaise dans tous les tumultes qui actuellement en RDC depuis l’invasion extérieure de la RDC et l’occupation de l’Est de la RDC sur lequel les griffes du Rwanda semblent ne pas vouloir lâcher prise.

De manière succinte notre regard sera en trois points principaux orienté tour à tour vers la brève présentation de l’opposition politique congolaise, son rôle sur la scène politique intérieure, et son positionnement face à l’intérêt supérieur de la nation face à de convoitises extérieures.

I.LE POIDS POLITIQUE DE L’OPPOSITION CONGOLAISE

Manifestement il se dégage au sein de l’opposition politique congolaise trois types, au modes de fonctionnement différents, mais dont les objectifs paraissent après tout converger :

  1. L’opposition parlementaire bien structurée, ayant reçu et validé des mandats du peuple congolais souverain, et qui siège à l’Assemblée nationale, au sénat et dans les assemblées provinciales. Mais il s’agit d’une opposition orpheline de ses initiateurs ayant délibérément choisi de vivre en exil, notamment l’ancien président Joseph Kabila qui a rejoint la rébellion pro rwandaise à Goma, et Moïse Katumbi, qui n’a jamais condamné l’agression rwandaise de la RDC, et a même pesé de tout son poids, au même moment que des envoyés de Joseph Kabila à Washington, contre la réalisation du deal RDC – USA portant sur l’exploitation des ressources minières stratégiques de la RDC.
  2. En dehors de ces acteurs politiques majeurs de l’opposition, la scène politique intérieure est désormais animée par des leaders de partis politiques de moindre envergure, ayant visiblement difficile à combler le vide. En effet, puisque le pouvoir en principe émane du peuple congolais qui l’exerce directement ou indirectement en le conférant par délégation à ses élus,quel est donc le poids politique d’un opposant dont le parti politique dispose d’un agrément de l’État congolais, mais d’un côté opère sans mandat octroyé dans les urnes par le peuple congolais, et de l’autre côté ne disposerait pas d’une légitimité populaire avérée en fonction du rayon d’implantation de la plupart de ces partis politiques très actifs à Kinshasa la capitale, mais dont l’aura au-delà de la ville de Kinshasa ne dépasse pas le cadre d’une province, d’une ethnie ? De ce fait, ils versent dans la démesure ces opposants politiques qui, en attendant de recevoir le quitus du peuple congolais, agissent par volontarisme en leur nom personnel, et ne devraient pas par voie de conséquence se targuer d’avoir la latitude suffisante pour endosser des responsabilités au nom du peuple au pays et même à l’étranger.
  3. Plus grave encore est l’existence de cette opposition politique de façade, adossée à l’extérieur dans le but de couvrir de son empreinte l’invasion extérieure de la RDC par le Rwanda et l’Ouganda, et qui maintes fois a changé à la manière des habits, des têtes d’affiche, partant de Mzee Laurent Désiré Kabila, liquidé pour volte-face à l’endroit de ses maîtres d’hier, jusqu’à Laurent Nkundabatware ( CNDP), Sultani Makenga, Bertrand Bisimwa et Corneille Nangaa, sans oublier Adolphe Onusumba qui fut conduit à Sun City à jouer les rôles de premier plan pour le compte du Rcd/ Goma, avant d’être à jamais éclipsé au profit d’Azarias Ruberwa en vue d’occuper le poste de vice-président au sein de la mouture 1+4.
    Curieusement cette opposition armée, dite congolaise, regorge aussi en son sein de personnages ne disposant d’aucun mandat électif émanant du peuple congolais souverain, mais qui endossent dans leur courage effronté la responsabilité d’engager le destin du peuple congolais, pour lequel il n’existe pas de preuves précises certifiant la reconnaissance ou l’adhésion à des projets ambitieux nés malicieusement dans la tête de ceux qui les trimbalent. Ainsi en a-t-il été de Mzee Laurent Désiré qui, entouré d’individus jusque-là inconnus du peuple congolais de l’époque, prît le courage de consigner dans les accords dits de Lemera, que le sol et le sous-sol de la RDC appartiendraient à l’Afdl dont jusque-là personne n’avait encore entendu parler en RDC et dans le monde. Il n’est pas exclu de prédire que de telles blagues, de mauvais goût, auront à perdurer tant que le régime de Kinshasa n’aura pas pris la latitude et la résolution d’y mettre absolument fin une fois pour toutes.

Il.ROLE AMBIGU DE L’OPPOSITION SUR LA SCÈNE POLITIQUE CONGOLAISE.

La RDC devrait au mieux bénéficier de l’existence sur la scène politique congolaise, d’une opposition politique forte. Elle conduirait de la sorte à émettre dans le sens positif deux sons de cloche aux congolais, qui dans l’édification morale progressive de leur personnalité politique, apprendraient identifier les mérites et les insuffisances du pouvoir indexés par l’opposition qui en profiterait pour vanter son programme en vue de l’alternance, tandis que le pouvoir serait constamment tenté de faire toujours plus afin de parfaire son image.

Mais ce qui se fait remarquer sur la scène politique congolaise de la part de l’opposition c’est malheureusement le spectacle désolant d’une course effrénée vers le pouvoir, à tout prix, pour des postes et des privilèges que fait miroiter le pouvoir. En kamikazes – même si les mêmes considérations ne peuvent pas être totalement épargnées à ceux qui comblent les rangs du pouvoir, prêts à changer de langage dès qu’ils passeraient de l’autre côté de la rue – ils sont déterminés à foncer à toute allure, par alternance,ou à travers des combines devenues usuelles à l’instar de dialogues.

Des meetings et marches pacifiques, qui dans les meilleurs de cas devraient bénéficier de l’autorisation et de l’encadrement du pouvoir public, sont par contre devenus des lieux empoisonnés de violence où se mêlent jusqu’à de porteurs de manchettes et autres armes blanches, le monopole de la force que se réserve l’État – autrefois abusé au temps de Mobutu et de Joseph Kabila pour réprimer le peuple dans le sang – devient par inversion de valeurs l’apanage partagé par l’opposition politique congolaise qui en interne promet de semer le chaos, tandis qu’à l’Est sous l’instigation de leur maître de Kigali,les proxies congolais menacent de découper l’Est, la Katanga…! C’est de l’irresponsabilité de la part de personnages qui prétendent aimer les congolais et leur vouloir du bien. La sagesse légendaire du roi Salomon n’a pas jugé bon de remettre l’enfant disputé entre deux femmes à celle qui avait devant la justice du roi que l’enfant fusse coupé en deux !

Pourquoi la cour de cassation ne vient-elle pas mettre le doigt à l’œil de ceux des opposants qui envisagent de troubler la paix et l’ordre public, de la même manière que la commission de l’audiovisuel,organe d’appui à la démocratie, avait à l’approche des élections générales de 2006, exigé de bannir tout discours de haine, de violence, de la place publique et de médias ?

Tout porte à croire, à travers des revendications devenant identiques – refus de toucher à l’actuelle constitution de la RDC, exigence de dialogue inclusif – que l’opposition politique interne est à bout de souffle et serait devenue une simple caisse de résonance de l’occupation rwandaise : on tousse à Kigali, à Goma,on éternue à Kinshasa !
Et c’est en ce moment précis que la Conférence épiscopale nationale du Congo, Cenco, qui de tous les temps avait été un recours précieux d’arbitrage, l’église au milieu du village, décide de reprendre à son compte le combat de l’opposition affaiblie, et menace,pince sans rire, d’en découdre violemment dans la rue avec le pouvoir de Kinshasa !!

IlI.POSITIONNEMENTS FACE À L’INTÉRÊT SUPÉRIEUR DE LA NATION FACE À DE CONVOITISES EXTÉRIEURES.

Puisque les faits historiques bien que muets, parlent mieux, objectivement, que des paroles qui elles peuvent aller dans tous les sens, même contre de vérités évidentes,il nous a paru utile de déduire autour d’une question neutre et objective,les comportements du pouvoir et de l’opposition vis à vis de l’intérêt supérieur du peuple congolais durablement éprouvé. La question de taille adressée à chacun des congolais du pouvoir, de l’opposition, du milieu du peuple, et même à la Cenco est la suivante : à l’allure imprimée par la marche des évènements politiques en RDC et dans le monde – puisque tout est lié – en quoi résident les chances pour la RDC de retrouver sa souveraineté et son intégrité territoriale ?

La réponse idoine qui cadre parfaitement avec la question nous est à mon humble avis fournie par Charles Onana, qui n’a cessé de dire à maintes reprises que  » les congolais les sont les seuls à devoir prendre en mains le destin de leur pays  ». Et les faits prouvent à suffisance que les congolais depuis longtemps n’ont eu personne pour leur venir au secours pour empêcher le très vicieux projet de balkanisation en marche – même pas les Etats africains qui savent pertinemment depuis longtemps que du développement de la RDC devrait découler pour une grosse part le développement de toute l’Afrique !
Le monde entier,sans être franchement avec la RDC est par contre avec le Rwanda de Kagame, qui leur refile des minerais du sang obtenus par effraction criminelle du territoire national de la RDC ! Les démocrates américains, l’Union européenne, la Chine et bien d’autres ayant de même longtemps gardé le silence, l’omerta, sur les crimes commis à l’Est de la RDC par le Rwanda et ses pelotons d’exécution et de pillage, trouvent tous leur compte dans le recel de minerais de sang recherchés par les multinationales versées dans la haute technologie.

La seule et unique fenêtre de soutien extérieur à la RDC est venue de l’Amérique de Donald Trump qui, cherchant à combler son retard vis-à-vis de la Chine en matière de minerais critiques,dont recelle la RDC, a trouvé bon de signer un deal avec la RDC, qui lui amènerait non seulement la paix et la sécurité durables, mais aussi le développement économique et social en fonction de ressources immenses dont dipose la RDC.

Pourquoi des congolais, amoureux de leur patrie, hésiteraient-ils à profiter d’une aussi belle opportunité pour stabiliser définitivement leur pays et tourner pour de bon vers le progrès économique et social ? Serait-ce rien que pour des intérêts personnels qu’ils sacrifieraient leur pays dont ils donnent la nette impression de détenir le destin en otage ?

Des doutes n’existent plus à ce point qu’ils soient au service du néocolonialisme anachronique, qui ne ne voudrait pas du tout voir la RDC demeurer unie et devenir forte ! Pas de doute non plus quand se dressent, tel un alignement des astres des faits caractéristiques d’une cabale nourrie de l’extérieur, en Europe par exemple où l’UE maintient le soutien au Rwanda ( contre les avis du Parlement européen à Strasbourg) et ne voudrait pas lâcher le morceau tant que Donald Trump ne les aurait pas associés à être partie prenante à la chaîne de valeurs des minerais critiques de la RDC, tout comme au Rwanda et en RDC où se rejoignent et s’accordent les violons de l’opposition politique congolaise, dans un parallélisme étonnant !

Et c’est à ce moment précis que la Cenco, visiblement acquise aux thèses erronées du néocolonialisme qui instrumentalise le Rwanda de Kagame, sort de sa réserve afin de redonner du souffle à Kagame et à l’opposition congolaise visiblement dépassée, qui ne recherche que des conciliabules pour se relancer autrement, et surtout pour les coupables de crimes odieux commis à l’Est chercheraient à les laver dans une impunité semblable à celle consacré aux rebelles à Sun City.

Pourtant depuis longtemps la Cenco ne mérite pas de jouer le rôle de médiateur dans l’actuelle crise que subit la RDC. Dès la veille des élections générales de 2018, la Cenco avait déjà clairement choisi le camp de l’opposition politique avec laquel elle flirte, comme en témoignent l’étrange affaire de 40000 smartphones accordés à la Cenco par un acteur politique proche, des séjours fréquents des évêques catholiques membres de la Cenco à Kashobwe chez Moïse Katumbi, l’effort d’une réconciliation entre Joseph Kabila et Moïse Katumbi menée sous les bons offices de Monseigneur Fulgence Muteba, archevêque de Lubumbashi, la présentation à l’église de Kinshasa par le cardinal Fridolin Ambongo de Moïse Katumbi, alors candidat à l’élection présidentielle de 2023,…

La mission prophétique des évêques de la Cenco trouverait un écho favorable dans le cœur des croyants, catholiques ou autres, si elle avait en réalité été l’œuvre de Dieu conduite par le Saint-Esprit à l’exemple de la rencontre de Saul de Tarse, le bourreau des chrétiens de la première heure, qui après être tombé de son cheval,a rencontré en vision le Seigneur Jésus-Christ qui l’a changé en Paul, un instrument au service de l’évangélisation ! Il est illusoire et totalement déplacé que la Cenco avec son projet de bien-vivre ensemble, conçu des hommes, vienne inutilement prétendre à qui voudrait bien l’entendre qu’elle aurait la capacité d’effacer de la tête de Kagame ou de l’esprit de tous les rwandais qui depuis plusieurs décennies ne rêvent que d’une seule chose : conquérir une terre à l’Est de la RDC et s’y établir à jamais.

L’adhésion manifeste de Kagame, Museveni, Ruto, à la proposition de la Cenco n’est-elle pas uniquement une distraction évasive destinée sournoisement à voir la Cenco exécuter à leur avantage un plan de négociation qui n’a pas pu être de force imposé par la guerre dans la stratégie habituelle de prédilection de Kagame d’une  » guerre deux coups » : d’un côté piller des ressources stratégiques de l’Est de la RDC qui financent la guerre du Rwanda en RDC, tuer et chasser les autochtones congolais de leurs terres pour les remplacer par des tutsis rwandais ; et d’autre part susciter des négociations de façade  » entre congolais  » en vue d’obtenir l’infiltration de pions de Kagame dans les institutions publiques, et par des mixages et brassages dans les renseignements, les services de sécurité et de défense, dans le but d’affaiblir et neutraliser le pouvoir de Kinshasa de l’intérieur et le rendre corvéable à souhait ?

Décidément, en allant vers le Rwanda, l’Ouganda et le Kenya, en vue de faire d’eux une partie de la solution, tandis que ce sont eux le problème, l’épine à extirper du pied de la RDC, la Cenco marche à contre-courant, crache sur la mémoire de Monseigneur Kataliko et de Monseigneur Munzihirwa, qui ont payé de leur vie l’intolérance vis-à-vis de l’invasion rwandaise de la RDC. La Cenco navigue à contre-courant contre l’appel pathétique lancé par le pape François lors de son dernier passage à Kinshasa :  » Retirez vos mains de la République Démocratique du Congo. Retirez vos mains de l’Afrique  ». Avant d’ajouter : » l’Afrique n’est ni une mine à exploiter, ni une terre à dévaliser  ».
Tous ceux des congolais qui délibérément s’acharnent, pour cause de leurs intérêts personnels,à prendre le peuple congolais en otage en bloquant le cours de sa libération, sont odieux et pas dignes de considération ! Ils creusent en toute connaissance de cause le lit des ennemis de la RDC, qui de l’extérieur attendraient que Donald Trump quitte la Maison blanche, ou à tout le moins qu’il se lasse de soutenir une cause congolaise dont les congolais eux-mêmes brouillent inutilement les pistes.

En guise de conclusion nous dirons que les congolais n’ont que trop souffert. Nous sommes de ceux qui pensent et appellent de tous leurs vœux que la politique se fasse désormais autrement en RDC : en remettant l’intérêt supérieur de la RDC au-dessus des intérêts personnels et partisans. Nous saluons à ce propos le courage patriotique et l’appel solennel d’un opposant congolais hors pair, Docteur Denis Mukwege, qui a crié haut et fort que la libération du pays doit passer avant tout, pour qu’après les politiques congolais se penchent sur la destinée de la RDC sans interférences extérieures ! C’est ça prendre de la hauteur, à l’exemple des démocraties occidentales sur lesquelles la RDC tire son modèle, où on ne voit pas des opposants se mettre en travers de dirigeants politiques qui livrent la guerre pour l’extension de l’UE à l’Ukraine ; où on ne voit pas l’opposition à Donald Trump aller contrecarrer le projet d’achat du Groenland, eux qui savent que les États-Unis d’Amérique se sont agrandis notamment par des achats de territoires, à l’exemple de la Louisiane achetée à la France, ou de l’Alaska acheté à la Russie des tsars.

Le président de la république ne devrait pas fléchir et tendre une oreille attentive à des conseils exigeant des conciliabules destinées en vérité à redonner à Paul Kagame l’élan qu’en réalité il n’a plus. Acculé de toutes parts : sur le plan diplomatique où le silence a été brisé, des sanctions tombent sur l’entourage de Kagame,les artères vitales de l’armée et de l’économie rwandaise; sur le plan de la justice internationale et sur le plan militaire où désormais Kagame sait qu’il y a du répondant en face, et que sans passer par un dialogue quelconque avec la RDC l’étau va davantage se refermer sur lui et ses hommes de paille.

Enfin le peuple congolais, souverain primaire de la RDC, est appelé à faire preuve de maturité pour suivre – non pas les sentiments d’appartenance tribale, ethnique, et des réseaux clientélistes qui induisent constamment en erreur depuis la nuit des temps – mais suivre le cours des évènements qui indiquent objectivement de quel côté se trouve l’intérêt de tous les congolais.

Hilaire Mfute, historien.

Les déclarations du Cardinal Ambongo au cœur du débat national

À l’occasion de la célébration eucharistique du 30 juin 2026, marquant le soixante-sixième anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le Cardinal Fridolin Ambongo a tenu des propos qui n’ont pas laissé indifférents. Il a notamment déclaré :

« Nous ne voyons ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité du changement de la Constitution. La priorité aujourd’hui en RDC, c’est la paix, le bien-être social du peuple congolais, l’unité et la cohésion nationale. »

Ces paroles, prononcées en un jour hautement symbolique pour la nation congolaise, ont immédiatement alimenté les débats dans les milieux politiques, religieux et intellectuels. Elles invitent à une réflexion de fond sur le rôle des autorités religieuses dans la vie politique du pays, mais également sur la place du peuple dans les grandes décisions qui concernent son avenir.

Le droit d’un prélat à exprimer son opinion

Dans une démocratie, chaque citoyen, y compris un responsable religieux, jouit de la liberté d’expression. À ce titre, le Cardinal Ambongo est parfaitement fondé à donner son avis sur les questions qui touchent à la vie de la nation.

Cependant, lorsqu’une personnalité religieuse intervient de manière répétée sur des questions essentiellement politiques, une interrogation légitime surgit : où s’arrête la mission pastorale et où commence l’engagement politique ?

Cette question ne vise pas uniquement le Cardinal Ambongo. Elle concerne toutes les autorités religieuses appelées à intervenir dans le débat public. Leur parole possède une influence considérable et peut orienter une partie importante de l’opinion nationale.

Une déclaration qui soulève des interrogations

Lorsque le Cardinal affirme ne voir « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité » d’une révision constitutionnelle, certains Congolais y voient une prise de position claire contre toute réforme.

D’autres, au contraire, considèrent que si une majorité de citoyens estime qu’une Constitution ne répond plus aux réalités actuelles du pays, le débat ne peut être fermé par une simple déclaration, quelle qu’en soit l’autorité morale.

L’histoire démontre que les Constitutions ne sont pas des textes sacrés.

La Constitution française a connu de nombreuses révisions.

La Constitution américaine a été amendée à plusieurs reprises depuis 1787.

Même la Constitution sud-africaine, pourtant souvent citée comme modèle, a fait l’objet de modifications.

Pourquoi alors la Constitution congolaise devrait-elle être considérée comme intangible si le peuple souverain souhaite la faire évoluer dans le respect des procédures prévues par la loi ?

La guerre comme argument politique

Depuis près de trois décennies, l’est de la République démocratique du Congo subit une instabilité chronique faite de conflits armés, de déplacements de populations et d’ingérences étrangères.

Pour de nombreux Congolais, cette situation exceptionnelle impose une réflexion profonde sur les institutions de la République.

Ils estiment que le contexte actuel exige des réformes permettant à l’État de mieux répondre aux défis sécuritaires, économiques et institutionnels.

À leurs yeux, l’opportunité d’une réforme n’est donc pas absente ; elle serait au contraire dictée par l’évolution de la situation nationale.

D’autres Congolais, en revanche, considèrent qu’une révision constitutionnelle en période de conflit pourrait accroître les tensions politiques et détourner l’attention des priorités sécuritaires. Ce point de vue existe également et participe au débat démocratique.

Le peuple demeure souverain

Dans toute démocratie, la souveraineté appartient au peuple.

Ni un parti politique.

Ni une Église.

Ni une personnalité religieuse.

Ni une organisation de la société civile.

Aucune de ces institutions ne peut se substituer à la volonté populaire exprimée conformément aux mécanismes démocratiques.

Si une majorité de Congolais souhaite conserver la Constitution actuelle, cette volonté mérite d’être respectée.

Si, au contraire, une majorité souhaite sa révision dans le respect des procédures légales, cette aspiration mérite tout autant d’être entendue.

C’est précisément le sens de la démocratie.

Le rôle attendu des responsables religieux

Nombreux sont ceux qui attendent des responsables religieux qu’ils soient avant tout des artisans de paix, des éducateurs à la citoyenneté et des promoteurs du dialogue.Du vrai dialogue citoyen, pas celui initié pour sanctifier des tueurs de nos compatriotes et favoriser les pilleurs de nos richesses. Leur autorité morale leur confère une responsabilité particulière : favoriser l’apaisement sans donner l’impression de s’identifier à un camp politique. Ce n’est sûrement pas l’attitude visible affichée par le cardinal et certains de ses prêtres.

Lorsque leur parole est perçue comme prenant parti dans des débats institutionnels, elle peut susciter des incompréhensions, voire des critiques. À l’inverse, d’autres fidèles estiment qu’ils ont le devoir de rappeler les principes éthiques lorsque les enjeux politiques touchent au bien commun.

Une société qui a profondément changé

L’époque où l’Église catholique exerçait une influence quasi exclusive sur les consciences appartient désormais à l’histoire.

La société congolaise est devenue plus diverse, plus instruite, plus connectée et plus exigeante.

Les citoyens confrontent désormais les discours religieux aux analyses des juristes, des économistes, des universitaires, des acteurs de la société civile et des médias. Le débat public ne se limite plus à une seule voix.



Une conclusion

Le débat sur la Constitution mérite mieux que des invectives ou des anathèmes. Il mérite des arguments, des analyses juridiques, une écoute mutuelle et un profond respect des opinions divergentes. Mais aussi et surtout il mérité d’être contextualisé pour ce vaste pays en proie à des appétits voraces des vautours de tous genres.

Les déclarations du Cardinal Ambongo continueront sans doute d’alimenter les discussions. Elles traduisent une vision des priorités nationales. D’autres Congolais défendent une lecture différente, estimant qu’une réforme constitutionnelle pourrait faire partie des réponses aux défis auxquels le pays est confronté.

En définitive, ce n’est ni un prélat, ni un homme politique, ni une institution particulière qui détient seul la vérité sur l’avenir de la République.

Dans un État démocratique, le dernier mot appartient au peuple souverain, appelé à s’exprimer dans le respect de la Constitution, des lois de la République et de l’intérêt supérieur de la Nation.

ZADAIN KASONGO T.

Qui gouverne le Congo : le peuple ou la soutane ?

Parfois, une seule phrase suffit à embraser le débat national.

Le 30 juin 2026, jour du soixante-sixième anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le Cardinal Fridolin Ambongo déclarait devant les fidèles :

« Nous ne voyons ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité du changement de la Constitution. La priorité aujourd’hui en RDC, c’est la paix, le bien-être social du peuple congolais, l’unité et la cohésion nationale. »

Cette déclaration n’est pas anodine. Elle intervient dans un contexte où la question d’une éventuelle révision de la Constitution divise profondément la classe politique et l’opinion publique. Dès lors, une interrogation s’impose : s’agit-il d’un simple avis pastoral ou d’une prise de position politique assumée ?

Nul ne conteste au Cardinal son droit de parole. La liberté d’expression vaut pour tous, y compris pour les responsables religieux. Mais lorsqu’un prince de l’Église intervient intempestivement avec une telle fermeté dans un débat institutionnel, il doit accepter que sa parole soit, elle aussi, soumise à la critique démocratique.

Car enfin, qui décide du destin d’un peuple ?

Un prélat ? Une Église ? Une classe politique ?

Ou le peuple souverain lui-même ? Voilà la véritable question.

La Constitution n’est pas un livre sacré gravé dans la pierre. C’est un contrat entre une nation et ses citoyens. Partout dans le monde, les Constitutions évoluent lorsque les circonstances l’exigent. La France, les États-Unis, l’Afrique du Sud et bien d’autres démocraties ont révisé leur Loi fondamentale sans que cela ne provoque la fin de l’État de droit.

Pourquoi le Congo devrait-il être condamné à considérer sa Constitution comme intangible ?

Depuis près de trente ans, notre pays vit sous la menace permanente de conflits armés à l’Est. Des millions de nos compatriotes ont connu les déplacements, les massacres, les viols, les pillages et la peur. Cette tragédie nourrit, chez certains Congolais, la conviction que les institutions doivent être repensées afin de mieux répondre aux défis du présent. D’autres estiment au contraire que la priorité doit rester la paix avant toute réforme constitutionnelle. Ces deux visions existent et méritent d’être débattues.

Mais peut-on affirmer qu’il n’existe « ni nécessité, ni urgence, ni opportunité » sans donner l’impression de fermer un débat qui appartient d’abord à la Nation ?

Cette affirmation surprend plus d’un observateur.

Car si le peuple est souverain, c’est lui, et lui seul, qui doit apprécier l’opportunité d’une réforme, dans le respect des procédures prévues par la Constitution.

Il est permis de se demander quel rôle entend jouer aujourd’hui le Cardinal Ambongo. Celui d’un pasteur soucieux de préserver la stabilité nationale ?

Celui d’un médiateur ? Ou celui d’un acteur politique dont les interventions intempestives pèsent directement sur le débat institutionnel ?

Ces questions sont légitimes. Elles ne relèvent ni de l’insulte ni de l’irrespect. Elles participent au débat démocratique.

Une image me vient à l’esprit.

Nous sommes en pleine coupe du monde.Imaginez une équipe de football qui, après avoir construit une magnifique action collective, éliminé tous les défenseurs adverses et placé son attaquant seul face au gardien, renoncerait soudain à tirer au but au nom d’une prudence excessive. Quel supporter comprendrait un tel renoncement ?

Pour ceux qui soutiennent une réforme de la Constitution, le moment actuel représente précisément cette occasion décisive. Ils estiment que le pays ne doit pas laisser passer ce qu’ils considèrent comme une opportunité historique. D’autres Congolais ne partagent pas cette analyse. Là encore, c’est le débat démocratique qui doit trancher.

Ce qui paraît plus préoccupant, c’est la tendance, perçue par certains, à voir certains responsables religieux investir de plus en plus le terrain politique.

L’Église catholique joue un rôle majeur dans l’éducation, la santé et la vie sociale du pays. Personne ne peut honnêtement le nier.

Mais gouverner un diocèse n’est pas gouverner un État-continent de plus de cent millions d’habitants.

La mission première de l’Église est d’annoncer l’Évangile, de former les consciences et de promouvoir la paix. Lorsqu’elle entre dans l’arène politique, elle s’expose inévitablement aux critiques qui frappent tous les acteurs politiques.

Le temps où une parole ecclésiastique suffisait à orienter toute une population est révolu. Le Congolais d’aujourd’hui lit, compare, analyse, vérifie, contredit.

Il refuse de suivre aveuglément quiconque, fût-il Cardinal.

C’est là le signe d’une démocratie qui mûrit.

L’avenir du Congo ne se construira ni dans les sacristies, ni dans les états-majors politiques, ni dans les salons diplomatiques.

Il se construira dans le dialogue entre les institutions, dans le respect de la souveraineté populaire et dans la fidélité à l’intérêt supérieur de la Nation.

Le peuple congolais n’a pas besoin de tuteurs.

Il a besoin de dirigeants responsables, de responsables religieux rassembleurs et d’institutions qui écoutent sa voix.

Car, au bout du compte, une vérité demeure.

Dans une République digne de ce nom, ce n’est ni la soutane, ni le costume, ni l’uniforme qui gouvernent.

C’est le peuple.

Et personne ne devrait parler à sa place.

ZADAIN KASONGO T.

LE MATCH NUL QUI VALAIT UNE VICTOIRE

Entre la ferveur d’un peuple et les illusions des faux prophètes

Depuis le 11 juin 2026, le monde entier vit au rythme de la Coupe du Monde de football. Pendant quelques semaines, les frontières semblent s’effacer, les langues semblent se mélanger et les peuples semblent se retrouver autour d’une même passion : le ballon rond.

Chaque édition de cette grande fête planétaire apporte son lot d’émotions, de surprises, de héros inattendus et de désillusions cruelles. Celle-ci ne fait pas exception. Mieux encore, pour de nombreux observateurs, elle offre un spectacle particulièrement séduisant par la qualité des équipes engagées et l’abondance de talents individuels qui illuminent les pelouses.

À première vue, le téléspectateur n’a que l’embarras du choix.

Mais lorsqu’on est originaire de la République démocratique du Congo, le choix semble soudain beaucoup plus simple.

Comment détourner son regard de ses propres couleurs nationales ?

Comment rester indifférent lorsque, après cinquante-deux longues années d’absence, son pays retrouve enfin la plus prestigieuse compétition du football mondial ?

Car il faut s’en souvenir : depuis la participation historique du Zaïre en 1974, plusieurs générations de Congolais n’avaient connu la Coupe du Monde qu’à travers les exploits des autres nations. Cinquante-deux ans d’attente. Cinquante-deux ans de rêves, de frustrations et d’espérances sans cesse reportées.

Alors, lorsque les Léopards sont entrés sur la scène mondiale, ils n’ont pas seulement représenté une équipe de football. Ils ont porté sur leurs épaules les espoirs d’un peuple entier.

Et quel début !

Face au Portugal, l’un des géants du football mondial, emmené par l’inusable Cristiano Ronaldo lui-même, les Congolais ont démontré qu’ils n’étaient pas venus en touristes. Ils ont joué avec courage, intelligence et détermination. Ils ont tenu tête à l’un des favoris du tournoi et ont arraché un match nul qui, dans le cœur des Congolais, avait la saveur d’une victoire.

Dès le coup de sifflet final, une immense vague de joie a déferlé sur le Congo et sa diaspora.

Le drapeau bleu, rouge et jaune s’est mis à flotter partout.

À Kinshasa, Lubumbashi, Goma, Kananga, Mbujimayi ou Kisangani, les rues se sont remplies de chants et de danses. Mais le phénomène ne s’est pas arrêté aux frontières nationales. À Bruxelles, Londres, Paris, Johannesburg, Mexico et dans de nombreuses capitales africaines, les Congolais sont sortis célébrer cet exploit.

Fait remarquable, des citoyens d’autres nationalités se sont joints spontanément à cette liesse populaire.

Même à Kigali, capitale d’un Rwanda souvent perçu comme un adversaire politique et envahisseur de la RDC, certains observateurs ont reconnu la qualité de la prestation congolaise.

Partout résonnait le même refrain : celui d’un peuple qui retrouvait sa place parmi les grandes nations du football.

La joie, dit-on, est contagieuse.

Cette vérité s’est vérifiée jusque dans les réseaux sociaux où des milliers de vidéos ont circulé à travers le monde. Certaines étaient émouvantes, d’autres cocasses, d’autres encore totalement extravagantes.

Parmi elles, une séquence a particulièrement retenu mon attention : celle d’un journaliste tanzanien emporté par l’émotion pendant la retransmission du match. Sa voix tremblante, ses cris de joie, son enthousiasme débordant traduisaient parfaitement l’état d’extase dans lequel se trouvait une bonne partie du continent africain.

Plus surprenant encore, un pasteur camerounais, emporté par l’euphorie générale, alla jusqu’à réclamer la nationalité congolaise tant il se disait heureux de partager la joie de ce peuple.

Pendant quelques heures, le football avait réussi ce que la politique peine souvent à accomplir : unir les hommes.

Prophétie et mensonge

Cependant, derrière cette euphorie populaire se cachait une autre réalité. Une réalité plus préoccupante. Comme souvent dans nos sociétés, certains prédicateurs autoproclamés prophètes avaient tenté de récupérer l’événement.

Avant le match contre le Portugal, plusieurs d’entre eux avaient affirmé avoir reçu des révélations divines concernant le résultat de la rencontre. Certains annonçaient même les scores avec une précision étonnante. L’un d’eux, que j’avais personnellement suivi, fut présenté comme celui qui avait prophétiquement annoncé le score exact d’un but partout. De quoi impressionner les plus sceptiques. De quoi susciter la confiance.

Lorsque arriva le deuxième match, opposant la République démocratique du Congo à la Colombie, notre homme de Dieu ne tarda pas à revenir avec une nouvelle révélation.

Cette fois-ci, il annonçait une victoire éclatante des Léopards : trois buts à un. Le verdict semblait tomber du ciel.

Pourquoi alors se fatiguer à attendre trois heures du matin pour regarder le match ?

La prophétie avait déjà parlé. Plus grave, il ajouta même que les Léopards iraient plus loin. Ils joueraient contre l’Argentine et qu’ils gagneraient malgré la présence de Messie sur le terrain.

Après avoir souhaité, à minuit, un heureux anniversaire au Professeur Patrice KABAMBA, un des éminents membres de la plateforme LAUTREINFO, je décidai donc de rejoindre mon lit.

Dans la maison, certains s’étonnaient de me voir abandonner l’écran avant une rencontre aussi importante.

Ma réponse était toute trouvée :

— Les prophètes ont déjà donné le résultat.

Je dormis donc paisiblement. Du moins le croyais-je.

Au petit matin, la radio interrompit brutalement mes certitudes.

Le premier bulletin d’information annonçait la défaite des Léopards.

Un but à zéro.

Silence.

La réalité venait de balayer la prophétie. À cet instant, une évidence s’imposa à moi : ces prétendus prophètes n’avaient jamais consulté Dieu avant de parler en Son nom. Ils avaient simplement consulté leur imagination. Et parfois, l’imagination est une fabrique inépuisable de mensonges.

Je compris alors combien il est dangereux de transformer chaque intuition personnelle en parole divine. Dieu n’a pas besoin de porte-parole improvisés. Il n’a pas besoin que des hommes travestissent leurs opinions en révélations célestes.

Cette défaite sportive eut au moins le mérite de dissiper certaines illusions.

Désormais, je regarderai avec davantage de prudence ceux qui annoncent avec assurance ce que Dieu leur aurait prétendument confié dans le secret.

Je leur dirai simplement, sans colère mais avec lucidité :

« Au nom de Jésus, je ne vous croirai plus. »

Pourtant, je dois reconnaître une chose.

Leur mensonge ne m’a pas été totalement inutile.

Grâce à lui, j’ai bénéficié d’un sommeil profond et réparateur.

Je me suis réveillé dans un état remarquable de bien-être physique et moral. Mais là encore, la leçon était au rendez-vous.

Car ce sentiment de plénitude reposait lui aussi sur une illusion.

Une joie fondée sur une victoire imaginaire.

Une sérénité bâtie sur une certitude fausse.

Et lorsque la réalité s’est imposée, elle m’a rappelé cette vérité éternelle : rien de solide ne peut être construit sur le mensonge.

Depuis ce matin-là, un doute irréversible s’est installé dans mon esprit. Chaque fois que j’entends certaines prophéties tonitruantes, chaque fois que des hommes prétendent connaître avec exactitude ce que Dieu aurait décidé pour demain, une même pensée me traverse :

La véritable foi n’a pas besoin de devinettes.

Elle n’a pas besoin d’oracles de circonstance.

Elle n’a pas besoin de prédictions sportives déguisées en révélations célestes.

Car lorsque la prophétie devient spectacle, elle cesse d’éclairer les consciences.

Elle devient simplement une autre forme d’illusion.

Et parfois, hélas, une forme raffinée de mensonge.

ZADAIN KASONGO T.

On ne change pas l’équipe qui gagne !

La politique congolaise ou l’étrange match des convictions changeantes

« On ne change pas l’équipe qui gagne. » Ce vieil adage populaire a traversé les générations sans prendre une ride. Dans les quartiers, les familles, les entreprises et surtout dans le monde du football, cette maxime continue d’inspirer les décisions. Les passionnés du ballon rond en connaissent toute la portée. Lorsqu’une équipe remporte brillamment un match aller, il n’est pas rare que l’entraîneur reconduise presque intégralement le même onze au match retour. Pourquoi modifier une formule qui a fait ses preuves ? Pourquoi remplacer des joueurs qui ont démontré leur efficacité, leur cohésion et leur capacité à atteindre l’objectif fixé ?

L’histoire du football regorge d’exemples. Lors de nombreuses compétitions internationales, des entraîneurs ont préféré la continuité à l’aventure. Ils ont compris qu’au-delà des individualités, une équipe victorieuse développe une alchimie particulière, un langage invisible fait de confiance, d’habitudes et de complémentarité. Cette stabilité devient souvent un atout décisif.

Alors que le monde entier suit aujourd’hui les différentes compétitions de football et observe les choix tactiques des sélectionneurs, cette sagesse sportive mérite d’être méditée bien au-delà des stades. Car parfois, les leçons du sport éclairent les réalités de la société et même celles de la politique.

Du stade à l’arène politique

En République démocratique du Congo, une autre compétition se prépare déjà. Elle ne se joue pas sur une pelouse verte, mais dans les couloirs du pouvoir, les états-majors politiques, les médias et les rassemblements populaires. Les prochaines échéances électorales se profilent à l’horizon et chacun cherche à se positionner pour le rendez-vous futur avec les urnes.

Dans ce contexte, la question de la révision ou du changement de la Constitution est revenue au centre des débats. Le Président de la République aurait ouvert la réflexion sur cette éventualité. Immédiatement, une partie de l’opposition a élevé la voix pour s’y opposer fermement. Pour elle, toute initiative allant dans ce sens cacherait une volonté de prolongation du pouvoir en place.

L’argument n’est pas nouveau. Sur le continent africain comme ailleurs dans le monde, des modifications constitutionnelles ont parfois servi à prolonger des mandats ou à renforcer des régimes. L’histoire récente offre suffisamment d’exemples pour justifier certaines inquiétudes. La méfiance politique est souvent fille de l’expérience.

Cependant, la situation congolaise présente des particularités qui méritent d’être examinées avec prudence. Chaque nation possède son histoire, ses blessures, ses défis et ses aspirations. Les réalités de Kinshasa ne sont pas nécessairement celles de Bamako, de Libreville ou de N’Djamena. Les comparaisons ont leurs limites.

L’ennemi identifié

Pour les partisans d’une éventuelle révision constitutionnelle, une question revient avec insistance : faut-il changer une équipe qui estime avoir identifié les véritables causes des malheurs du pays ?

Depuis plus de trois décennies, la République démocratique du Congo est confrontée à des conflits récurrents, à des agressions extérieures, à l’exploitation illégale de ses ressources naturelles et à une instabilité chronique qui a coûté la vie à des millions de citoyens. Les populations de l’Est du pays en portent encore les cicatrices visibles.

Selon cette lecture des événements, l’enjeu ne serait pas seulement institutionnel. Il s’agirait avant tout de renforcer les instruments permettant à l’État de répondre efficacement à des défis existentiels. Dès lors, certains considèrent qu’il ne faut pas désorganiser une équipe politique qui affirme avoir identifié les adversaires du développement national et entrepris de les combattre.

Comme dans le football, disent-ils, lorsqu’une stratégie commence à produire des résultats, la prudence recommande parfois de préserver la cohésion de l’ensemble plutôt que de céder aux changements dictés par l’émotion ou la pression extérieure.

Le paradoxe des convictions

Mais ce qui intrigue davantage l’observateur attentif de la scène politique congolaise, c’est le renversement spectaculaire de certaines positions.

Hier, plusieurs acteurs politiques plaidaient ouvertement pour une révision constitutionnelle. Aujourd’hui, certains parmi eux figurent au premier rang des opposants à toute modification du texte fondamental. Les discours ont changé, les arguments se sont inversés, et les certitudes d’hier semblent avoir cédé la place aux convictions du moment.

Ce phénomène n’est pas propre à la RDC. Dans de nombreuses démocraties, les acteurs politiques défendent parfois avec passion une idée lorsqu’ils sont au pouvoir et la combattent avec la même énergie lorsqu’ils se retrouvent dans l’opposition. Ce qui était présenté comme une nécessité nationale devient soudain un danger pour la République. Ce qui était qualifié de progrès devient une menace.

Le citoyen ordinaire observe alors ce ballet des positions contradictoires avec perplexité.

Une démocratie en quête de cohérence

La démocratie ne se résume pas à l’alternance des hommes ou des partis. Elle exige également une certaine cohérence dans les principes défendus. Les débats sur la Constitution devraient idéalement dépasser les calculs électoraux immédiats pour s’inscrire dans une réflexion plus profonde sur l’avenir du pays.

Modifier une Constitution n’est jamais un acte anodin. La conserver intacte ne l’est pas davantage. Dans les deux cas, la question fondamentale demeure : quelle décision sert le mieux l’intérêt supérieur de la nation ?

C’est là que le citoyen attend des responsables politiques davantage de pédagogie que de slogans, davantage d’arguments que d’invectives, davantage de vision que de tactiques.

L’énigme congolaise

La politique congolaise ressemble parfois à ces matchs dont le scénario échappe à toute logique. Les alliances se font et se défont, les adversaires d’hier deviennent les partenaires d’aujourd’hui, tandis que les compagnons de route d’autrefois se découvrent des divergences irréconciliables.

C’est peut-être pour cette raison qu’une boutade circule depuis longtemps dans les conversations populaires :

« La politique congolaise est difficile à comprendre. Quand on te l’explique et que tu crois avoir compris, c’est probablement qu’on t’a menti. »

Derrière l’humour se cache une vérité plus profonde : la complexité d’un pays-continent dont l’histoire, les enjeux géopolitiques et les ambitions contradictoires rendent toute analyse simpliste dangereuse.

Pourtant, malgré les doutes, les contradictions et les passions, une certitude demeure : l’avenir du Congo ne se construira ni dans les slogans ni dans les postures, mais dans la capacité des Congolais à débattre sereinement de leur destin commun.

Et comme dans le football, le véritable verdict ne sera pas rendu par les commentateurs, mais par le terrain lui-même.

ZADAIN KASONGO T.

Quand l’Afrique prend en main la santé des Africains

Il était plus que temps que des spécialistes africains prennent en main le destin médical des patients africains. Pendant trop longtemps, la connaissance scientifique sur nos populations s’est construite loin de nous, souvent sans nous, parfois même malgré nous. Les réalités biologiques, environnementales et sociales des peuples africains ont été observées à distance, comme si l’Afrique n’était qu’un vaste laboratoire d’étude et non un acteur à part entière de sa propre destinée scientifique.

Combien de fois n’avons-nous pas entendu, dans le cabinet d’un médecin de famille ou dans les couloirs d’un hôpital, des phrases qui finissent par paraître ordinaires tant elles sont répétées : « Cette maladie est plus fréquente chez les populations subsahariennes que chez les Caucasiens » , ou encore : « Les Africains présentent certaines prédispositions génétiques particulières. » Ces affirmations, prononcées avec assurance, suscitent pourtant bien des interrogations.

Il y a quelque temps, poussé par la curiosité et le besoin de comprendre, j’ai posé une question à mon médecin de famille. Je lui ai demandé s’il était vrai que l’hypertension artérielle était, en quelque sorte, une maladie propre aux Africains.

Sa réponse fut prudente :

— Je ne dirais pas cela, m’a-t-il répondu. Mais il est vrai que certaines prédispositions génétiques observées dans cette population peuvent expliquer une fréquence plus élevée de l’hypertension chez les personnes d’origine africaine.

La réponse semblait raisonnable. Pourtant, elle m’a laissé sur ma faim. Elle ressemblait à ces explications que l’on donne à un enfant pour apaiser sa curiosité sans vraiment satisfaire son besoin de comprendre. Elle manquait de profondeur humaine autant que de psychologie. Derrière les mots scientifiques, je percevais encore une part d’incertitude, comme si les réponses elles-mêmes attendaient d’être confirmées par des recherches plus proches des réalités africaines.

Mon médecin remarqua sans nul doute mon scepticisme. Je ne paraissais pas convaincu, et, à vrai dire, je ne l’étais pas totalement. Non par défiance envers la science, mais parce que je savais que la science progresse précisément lorsqu’elle accepte de remettre en question ses certitudes.

C’est pourquoi il faut aujourd’hui saluer avec enthousiasme les avancées remarquables de la recherche génétique menée par des scientifiques africains. Ces femmes et ces hommes de savoir, enracinés dans les réalités du continent, explorent désormais les particularités génétiques des populations africaines avec leurs propres outils, leurs propres méthodes et leur propre regard. Ils contribuent à combler un vide historique qui a longtemps laissé les Africains à la périphérie de la recherche biomédicale mondiale.

Leur travail ne consiste pas seulement à accumuler des données. Il s’agit d’offrir aux générations présentes et futures une médecine plus juste, plus précise et mieux adaptée à la diversité des populations africaines. Car comprendre les mécanismes génétiques qui influencent certaines maladies, c’est aussi ouvrir la voie à des traitements plus efficaces, à des diagnostics plus précoces et à une meilleure prévention.

Pendant des décennies, les Africains ont été les grands oubliés de nombreuses études médicales internationales. Aujourd’hui, grâce à l’engagement de chercheurs africains et de leurs partenaires, cette injustice scientifique commence à être réparée.

Il ne s’agit pas d’opposer les sciences africaines aux sciences occidentales, mais de reconnaître qu’aucune connaissance universelle ne peut se construire durablement sans la participation de tous les peuples. Lorsque l’Afrique produit son propre savoir, elle enrichit la science mondiale tout entière.

Oui, il était temps :
-Temps que l’Afrique observe, analyse et comprenne ses propres réalités biologiques.
-Temps que les Africains deviennent non seulement les bénéficiaires, mais aussi les artisans de la médecine de demain.
-Temps, enfin, que les patients africains cessent d’être une simple statistique dans les recherches des autres pour devenir le cœur même d’une science conçue avec eux et pour eux.

ZADAIN KASONGO T.

LES INCOMPÉTENTS VEULENT REVENIR

Quand l’absence de projet se déguise en opposition politique

L’histoire politique des nations ressemble parfois à un éternel recommencement. Les acteurs changent de costumes, les slogans se renouvellent, les alliances se recomposent, mais certaines habitudes demeurent. Parmi elles, la tentation du retour de ceux qui ont déjà exercé le pouvoir sans convaincre et qui, pourtant, aspirent à reprendre les commandes de l’État.

En République démocratique du Congo, certains anciens mandataires, dignitaires et cadres du régime passé occupent à nouveau le devant de la scène politique. Depuis quelques jours, ils multiplient les déclarations, les meetings et les initiatives destinées à fragiliser les institutions en place. Leur dernier mot d’ordre est une manifestation baptisée « Ville morte » annoncée à Kinshasa pour le 3 juin 2026 pour s’opposer contre le changement de la constitution annoncé par le pouvoir en place.
Derrière cette initiative, une question fondamentale mérite d’être posée : Ces opposants, que proposent ils réellement au peuple congolais ? Rien à ce jour. Tout ce qu’ils savent faire c’est organiser la contestation par des marches.
L’opposition est un pilier indispensable de toute démocratie. Elle critique, contrôle et propose des alternatives. Mais encore faut-il qu’elle dispose d’une vision, d’un projet de société et d’un programme crédible. Or, ce qui frappe aujourd’hui de nombreux observateurs, c’est l’absence de propositions concrètes au sein d’une partie de cette opposition.
Leur discours semble se résumer à une seule ambition : conquérir le pouvoir.
Conquérir le pouvoir pour faire quoi ?
La question reste sans réponse.

L’on peine à entendre des propositions détaillées sur l’emploi des jeunes, l’industrialisation du pays, la transformation des ressources minières, la modernisation de l’agriculture, la réforme de l’enseignement ou encore la sécurité nationale. À la place, le débat public est souvent réduit à des attaques personnelles, des accusations spectaculaires et des slogans destinés à provoquer l’émotion plus que la réflexion. Une opposition qui ne réfléchit pas. Une partie du pays est encore occupée par l’ennemi à ce jour. L’opposition ne fait rien. Mais elle organise une « VILLE MORTE »
L’exemple d’une maison est souvent parlant.
Lorsqu’un propriétaire souhaite remplacer un gardien, il ne se contente pas d’accuser celui qui occupe actuellement le poste. Il cherche d’abord à savoir si le candidat au remplacement est capable d’assurer une meilleure protection du bâtiment. De même, un peuple responsable ne peut confier son destin à des hommes politiques uniquement parce qu’ils critiquent ceux qui gouvernent. Il doit aussi examiner leurs bilans, leurs compétences et leurs solutions.
Plusieurs figures de l’opposition actuelle ont déjà exercé des responsabilités importantes dans le passé. Certaines ont été ministres, parlementaires, gouverneurs ou hauts responsables d’institutions publiques. Elles ont eu l’occasion d’agir. Elles ont participé à la gestion de l’État. Elles ont influencé les décisions du pays. Elles n’ont rien de nouveau à apporter.
Pourquoi les solutions qu’elles avanceraient aujourd’hui n’ont-elles pas été mises en œuvre lorsqu’elles disposaient du pouvoir ou de l’influence nécessaire ?
La question mérite d’être posée sans passion et sans haine. Mais plus grave encore , l’ancien Président Joseph KABILA accusait les mêmes opposants de s’être opposés aussi à la même constitution qu’ils disent défendre aujourd’hui sous TSHISEKEDI. Est-ce une façon de vouloir exister, amnésie politique ou prendre le peuple pour idiot.
Plus préoccupant encore est le recours à des discours qui relèvent parfois davantage de la démagogie que de l’argumentation politique. Dire que l’actuel Président de la République serait de mèche avec l’ennemi qui ensanglante et pille aujourd’hui la nation congolaise ne relèverait que du pure mensonge de mauvais goût.
Les spécialistes des sciences politiques définissent la démagogie comme étant l’art de flatter les émotions populaires au détriment de la vérité et de la raison. Le démagogue ne cherche pas à éclairer le peuple ; il cherche à le séduire. Il ne construit pas ; il excite. Il ne propose pas ; il accuse.
L’histoire mondiale regorge d’exemples.
Dans plusieurs pays, des leaders populistes ont promis des solutions miraculeuses à des problèmes complexes. Ils ont désigné des coupables, attisé les frustrations et nourri les colères populaires. Une fois au pouvoir, leurs promesses se sont souvent dissipées comme de la fumée sous le vent.
La République démocratique du Congo mérite mieux.
Elle mérite un débat politique fondé sur les faits, les programmes et les idées.
Elle mérite des opposants capables de démontrer en quoi leur projet est supérieur à celui du pouvoir en place.
Elle mérite également des citoyens capables d’exercer leur esprit critique et de ne pas se laisser entraîner par les passions du moment.
La démocratie n’est pas un concours de slogans.
Elle n’est pas davantage une compétition de frustrations.
Elle est un affrontement pacifique de visions pour l’avenir.
Demain, comme hier, le dernier mot appartiendra au peuple. Lui seul possède la souveraineté nécessaire pour distinguer les bâtisseurs des illusionnistes, les visionnaires des opportunistes, les serviteurs de la nation des simples conquérants du pouvoir, les pilleurs des ressources naturelles des honnêtes et loyaux citoyens de la République.
Le verdict ne tombera ni dans les réseaux sociaux ni dans les déclarations tapageuses. Il tombera dans la conscience du peuple congolais.
Et ce peuple, malgré toutes les épreuves qu’il traverse, a souvent démontré qu’il savait reconnaître ceux qui lui parlent avec sincérité et ceux qui cherchent simplement à l’utiliser pour satisfaire leurs ambitions.

ZADAIN KASONGO T.

LES VRAIS CONGOLAIS ONT MARCHE

-Bruxelles a entendu le cri cri du Congo

-La marche du 25 mai 2026 : quand la diaspora congolaise fit résonner sa voix au cœur de l’Europe.

Le 25 mai 2026 restera, pour de nombreux Congolais de la diaspora, une date gravée dans la mémoire collective. Ce jour-là, les rues de Bruxelles ont été le théâtre d’une mobilisation exceptionnelle. Ceux qui avaient promis de marcher l’ont fait. Ceux qui avaient annoncé leur présence ont répondu à l’appel. Et la capitale belge, habituée aux manifestations de toutes origines, a ressenti la force d’un peuple venu rappeler au monde que la souffrance du Congo ne saurait être éternellement ignorée.

Depuis les premières heures de l’après-midi, des milliers de Congolais convergeaient vers la Place du Trône. Ils étaient venus de Belgique, de France, d’Allemagne, des Pays-Bas, du Luxembourg, du Royaume-Uni et d’autres pays européens. Certains avaient parcouru plusieurs centaines de kilomètres durant la nuit afin d’être présents à ce rendez-vous que beaucoup considéraient comme un devoir patriotique.

Ce n’était pas seulement une marche. C’était l’expression d’une douleur accumulée au fil de trois décennies de conflits, de massacres, de déplacements de populations et de pillages des richesses naturelles de la République démocratique du Congo. Une douleur longtemps contenue, mais qui, ce jour-là, trouvait enfin un espace d’expression publique.

À 13 heures précises, comme prévu, le cortège s’ébranlait en direction de la Place Schumann, siège symbolique des institutions européennes. Sous l’encadrement professionnel de la police belge, les manifestants avançaient dans le calme et la discipline. Hommes, femmes, jeunes et anciens marchaient côte à côte, portés par une même conviction : celle de défendre la souveraineté du Congo et d’exiger justice pour les victimes des violences qui ensanglantent particulièrement l’Est du pays.

Le spectacle était saisissant. Les drapeaux bleu ciel frappés de l’étoile jaune flottaient au-dessus de la foule comme autant de fragments d’une même nation dispersée. Les pancartes portaient des messages clairs : appels à la paix, dénonciation des massacres, exigence de sanctions contre les responsables des violences, plaidoyer pour une implication plus ferme de la communauté internationale.

Les braves et vrais congolais de la Diaspora ,toutes activités cessantes ont tenu à apporter de manière significative et pacifique une réponse au groupuscule d’individus ayant organisé aussi une autre marche 10 jours plus tôt. Ceux-là disaient aussi marcher au nom du Congo et des Congolais. Dieu seul sait de quel Congo et de quels congolais s’agissait il? Ils n’avaient rien du Congo ni des congolais. Il s’agissait des non congolais bien connus et facilement identifiables par leur narratif mensonger. Revenons à la manifestation des vrais congolais.

Les slogans retentissaient d’une seule voix :
— « Justice pour le Congo ! »
— « Non au pillage de nos ressources ! »
— « Paix à l’Est du Congo ! »
— « Respect de la souveraineté congolaise ! »

Pour beaucoup, cette marche constituait également une réponse à certaines initiatives antérieures prétendant parler au nom du peuple congolais. Les participants voulaient démontrer que la véritable force de la diaspora réside dans sa capacité de mobilisation lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts supérieurs de la nation.

L’ambiance demeurait fraternelle tout au long du parcours. Des chants patriotiques étaient entonnés. Des femmes hululaient en signe d’encouragement. Des jeunes scandaient des messages d’unité nationale. Les différences régionales s’effaçaient derrière une identité commune. Congolais du Nord, du Sud, du centre,de l’Est et de l’Ouest parlaient le même langage : celui de l’amour de la patrie.

LES BANYAMULENGE ABSENTS

Les Banyamulenge qui se disent pourtant congolais, n’ont pas été aperçus au cours de cette marche. Ils ont brillé par leur absence. C’est à se demander s’ils sont ou se croient réellement congolais? Question
pertinente dans ce contexte patriotique. Tout semble se clarifier. On ne les voit que quand il faut partager le pouvoir et les titres. Ne seraient ils congolais que par intérêt s’interrogeait un manifestant congolais de père et de mère.

Parmi les moments les plus marquants figuraient les lectures publiques de plusieurs textes et mémorandums destinés aux autorités européennes. Ces documents reprenaient les principales revendications des manifestants : la protection des populations civiles, la condamnation des violences, la lutte contre l’exploitation illégale des ressources minières et le respect de l’intégrité territoriale de la RDC.
Une question demeure toutefois suspendue dans les esprits : ce cri sera-t-il enfin entendu ?

Car depuis des années, les Congolais ont souvent le sentiment que leur drame est connu mais insuffisamment pris en compte. Les rapports s’accumulent. Les condamnations verbales se succèdent. Pourtant, sur le terrain, les populations continuent de payer un lourd tribut.

L’histoire nous enseigne cependant que les grandes causes avancent grâce à la persévérance de ceux qui refusent le silence. Les manifestations contre l’apartheid en Afrique du Sud, les marches pour les droits civiques aux États-Unis ou encore les mobilisations populaires en faveur de la liberté dans plusieurs régions du monde ont démontré qu’une voix collective, lorsqu’elle demeure constante, finit toujours par ébranler les consciences.

La marche du 25 mai 2026 s’inscrit dans cette logique. Elle ne résoudra pas à elle seule les problèmes du Congo. Mais elle rappelle que, même loin de leur terre natale, les Congolais restent attachés à leur pays et déterminés à défendre sa dignité.

Le combat pour la paix, la justice et la souveraineté continue. Et ce jour-là, au cœur de Bruxelles, le Congo a parlé.

ZADAIN KASONGO T.