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dimanche, décembre 14, 2025

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À l’ombre éclatante de l’Intelligence artificielle

Je viens d’achever une session de cours consacrée à l’Intelligence Artificielle (IA). C’est, à n’en point douter, la science du moment, le sujet incandescent qui embrase les conversations, les plateaux télévisés, les amphithéâtres et les cafés du monde. Tout le monde en parle, tout semble désormais tourner autour d’elle.


L’IA s’infiltre dans nos vies avec la discrétion d’une brise et la puissance d’une tempête. Elle se glisse dans nos téléphones, nos voitures, nos maisons, jusque dans nos rêves. On la consulte pour écrire un poème, composer une chanson, diagnostiquer une maladie ou même choisir la robe du lendemain. Personne n’y échappe. Pas même moi.


Alors, ne voulant pas demeurer spectateur sur le quai d’une gare déjà lointaine, j’ai pris la décision de monter dans le train en marche. Il sifflait depuis longtemps, ce train-là. Il avait quitté la gare dans certaines régions du globe, emportant à son bord ingénieurs, chercheurs, rêveurs et curieux. Je me suis dit qu’il n’était jamais trop tard pour embarquer, même en dernière classe, pourvu que le voyage mène quelque part. Quinze jours d’intense initiation ont suffi pour me conduire à destination. Et quelle destination !


J’ai eu la sensation de pénétrer dans une tour noire dont jaillissait une clarté fascinante, un de ces paradoxes qui bouleversent la pensée : à la fois vertige et révélation. Tout semblait neuf, presque magique. Chaque ligne de code m’apparaissait comme une incantation. Chaque réponse de la machine ouvrait une porte que je n’avais jamais soupçonnée. Et tout cela, je le dois à la bienveillance d’un certain Alain, jeune formateur pétri de pédagogie, qui sait faire jaillir la lumière du savoir avec une patience d’orfèvre.


Mais à mesure que s’accumulaient les émerveillements, des questions se levaient, obstinées, comme des ombres au pied de la lampe. Car l’IA, telle que je la découvre, me semble parfois se poser en rivale de l’IH : l’Intelligence humaine. On ne me l’a pas enseigné ainsi, mais c’est la déduction à laquelle je parviens.


Voici qu’un nouvel acteur, invisible et docile, se propose d’écrire, de raisonner, de créer à notre place. L’étudiant s’y réfère pour ses travaux, le journaliste y puise ses titres et ses synthèses, l’artiste lui confie ses esquisses, le médecin ses doutes diagnostiques. Le banquier l’interroge avant d’investir, le juge l’invite à résumer les dossiers les plus complexes. La machine devient l’assistante universelle, la confidente numérique de notre époque.


Et pourtant, une inquiétude sourde m’envahit.
L’IA ne risque-t-elle pas d’endormir, voire d’atrophier l’effort intellectuel ? N’affaiblira-t-elle pas le goût de la recherche, la rigueur de la pensée, le courage de l’analyse, cette noblesse fragile qui fonde les métiers de l’esprit ?


Je repense alors à mon instituteur de sixième primaire, Étienne KAYANZA, dans ma Ruashi natale, à Lubumbashi. C’est lui qui, armé de sa craie blanche et de sa patience d’artisan, m’apprit les subtilités de la grammaire française. Sous sa férule bienveillante, la concordance des temps devint pour moi une musique familière : l’accord du verbe avec la pensée, du passé avec l’avenir. Ses leçons, souvent rythmées par des exemples tirés de la vie — « Si j’avais su, j’aurais appris plus tôt ! » — résonnent encore dans ma mémoire comme un refrain d’enfance.
Ces heures de sueur, de répétition et de rigueur ont forgé en moi l’amour des mots et la discipline de l’esprit. Aujourd’hui, face à une IA qui propose d’effacer cet effort, je frémis. Car ce qui se perd, au-delà de la peine du travail, c’est la saveur du mérite, la joie du chemin parcouru, la lente conquête du savoir.


Faut-il dès lors saluer une révolution libératrice ou s’alarmer d’une dérive qui dévalorise l’intelligence humaine ? Faut-il applaudir la machine qui corrige nos fautes et rédige nos discours, ou pleurer l’élève qui n’éprouvera plus la joie d’avoir trouvé par lui-même la bonne phrase, le bon mot ?


La réponse, peut-être, ne viendra pas des machines, mais de l’usage que nous, humains, choisirons d’en faire. Car l’IA n’est qu’un miroir : elle réfléchit ce que nous lui offrons. Si nous lui donnons notre paresse, elle nous la renverra multipliée ; mais si nous y déposons notre curiosité, notre sens éthique et notre créativité, elle deviendra l’alliée la plus fidèle du progrès humain.


Alors, à l’ombre éclatante de cette Intelligence artificielle, il nous appartient de veiller à ce que l’intelligence humaine demeure le soleil.


ZADAIN KASONGO T.

Adieu, mon frère. Adieu, papa DJECK !

Il est des jours où les mots, pourtant fidèles compagnons, vacillent. Où l’inspiration se fait timide, et où la force intérieure, celle que l’on croyait inépuisable, vous abandonne soudain.


Ce 21 juillet 2025, jour de liesse nationale pour la Belgique, restera pour moi, et pour tant d’autres enfants de la Ruashi, une journée de deuil. Une étoile s’est éteinte. Une voix s’est tue. Jacques Mukaleng Makal, que tous appelaient affectueusement papa DJECK, mon frère, s’en est allé. Et je perds bien plus qu’un ami. Je perds une part de mon histoire.


Il est parti comme il a vécu : humblement, discrètement, mais profondément présent dans nos cœurs.


Nous avons grandi ensemble. Parfois de loin, souvent de très près. De ces amitiés qui ignorent les saisons et traversent les décennies sans jamais se ternir. D’aussi loin que je me souvienne, notre lien a été forgé dans les livres et la vie, entre les pages de Tintin, de Bob Morane, et les coups de dés d’un Monopoly endiablé ou les lettres d’un Scrabble animé et d’un jeu de dames sous les cris de Leng-leng, sa façon à lui de déstabiliser son adversaire. Déjà, il excellait : esprit vif, regard brillant, cœur large. Plus tard, de grands auteurs et célèbres existentialistes nous servaient des sujets cognitifs d’échanges. De François MAURIAC à Jean-Paul SARTRE ou Albert CAMUS et autres, nos envolées littéraires s’étalaient. Tout ça me revient aujourd’hui.


Et puis, il y eut le théâtre. Notre théâtre. Notre rêve commun devenu réalité en 1977, sous le nom de AFROZAM, « les Africains ZADAIN et MAKAL ». Nom inventé et ou trouvé par Hilaire TSHIBANGU un des premiers acteurs de la troupe. De Lubumbashi à Kinshasa, de Kolwezi à Mbujimayi, de Likasi à Musoshi, de Kakanda à Kipushi, papa DJECK était le souffle, la voix, le geste, l’âme de nos pièces. Il était acteur, chanteur, danseur, écrivain, improvisateur hors pair. Un perfectionniste exigeant mais doux, une présence scénique rare, un compagnon de jeu inégalé. Il portait en lui l’héritage de Molière autant que celui des traditions luba, qu’il incarnait avec fierté et talent dans nos ballets, lui le dépositaire naturel des traditions rund. Si Hilaire avait trouvé le nom de la Troupe, papa Djeck y avait ajouté quant à lui le qualificatif qui l’accompagnait et c’était : Les MOLIÈRES CONTEMPORAINS.


En effet, Molières nous le fumes. Notre première pièce de théâtre était « LE MÉDECIN MALGRÉ LUI » œuvre de Molière. Papa DJECK y jouait GÉRONTE pendant que je faisais Sganarelle (le Médecin).


Le reste de spectacles et pièces par la suite était nos propres compositions notamment AURORE son œuvre. Quand il jouait des pièces inspirées et écrites de ma plume on croirait qu’il en était aussi auteur, tellement l’incarnation des personnages était parfaite. Ce fut le cas de :
1°Le Domestique amoureux,


2° la classe des indisciplinés. Pièce qu’il avait débaptisée en : Le Professeur Zadain et la classe des indisciplinés.


Dans cette dernière pièce, il incarnait le rôle de l’élève indiscipliné, vrai délinquant et à la limite voyou comme on en qualifiait à l’époque. Alors avec quel talent papa Djeck rendait ce spectacle attrayant. Gestes, mimiques, démarche, mouvement sur scène et vocabulaires appropriés faisaient complètement oublier l’éloquent Jacques MUKALANG Mukal de grand jour dans la vie réelle. Dans nos ballets, il aimait des rôles qui valorisaient nos traditions.


Il m’appelait toujours « papa ZADAIN ». Et moi, « papa DJECK ». Sans jamais déroger à ce respect mutuel. Il n’avait pas d’âge, parce qu’il avait tous les âges de la tendresse. Il était homme de paix, de dialogue, de convivialité. Jamais encombrant, toujours juste, loyal et honnête. Il savait écouter, consoler, rire. Il savait surtout aimer sans bruit, mais avec fidélité.


Il y aurait tant à dire. Tellement à transmettre.


Il y a eu les années sombres, aussi. En 1981, quand mon père mourut un 25 décembre, il renonça à toutes les fêtes pour pleurer avec moi dix jours durant. Sans compter les jours qu’il passait seul à l’hôpital réconforter mon vénérable patriarche en ses derniers jours.


Il y a eu 1992-1993, les tristes années d’épuration ethnique. Alors que ma mère, Kasaïenne, vivait dans la peur, c’est lui, papa DJECK, qui se fit gardien, soutien, présence fraternelle. Il venait chaque jour apaiser l’angoisse, dire que l’humanité valait plus que la haine. Le tribalisme, il le combattait.


Et puis les années d’éloignement. Moi loin du pays pendant des décennies. Lui, toujours là. Fidèle à la maison, à ma famille, à notre mère, à notre histoire. Même devenu Directeur de la presse présidentielle, il ne changea pas. Il passait, humblement, avec ce petit paquet de vivres, comme on apporte un peu de chaleur, de réconfort. Quelle que soit l’heure, et souvent entre minuit et 3heures du matin, il frappait à la porte. Mes jeunes frères et sœurs ouvraient.


S’adressant à notre mère, il disait : Je suis de service avec le Président. C’est seulement maintenant que je trouve un peu de temps. Mon vol est à 8 heures du matin, je ne pouvais pas manquer de passer dire bonjour à maman. Oui elle était aussi sa maman. De passage en Europe c’est chez moi qu’il venait passer ses nuits et ses jours de repos, abandonnant hôtels de luxe et tout le confort accordé à la délégation présidentielle. Un vrai frère. Il avait toujours une chambre de disponible chez moi pour lui.


À sa mort, ma mère réclama à lui parler, comme à l’un de ses propres fils. Elle l’appréciait comme tel. Et lui aussi, de cette affection rare et noble que les grandes âmes savent donner.


Il n’avait pas de tribu, parce qu’il appartenait à toutes. Il n’était ni ethnique, ni politique, mais humain. Vraiment humain. Nous ne parlions jamais politique.


À ses enfants – Pascal, Sarah, Daniel, Jacques – je veux dire ceci :


« Vous avez perdu un père, mais vous avez hérité d’une légende.
Vous portez en vous la mémoire d’un homme que mille autres auraient voulu avoir pour frère, pour ami, pour guide. Vous avez perdu un papa, mais vous avez gagné des milliers d’autres papas à travers le monde. Eux aussi vous aiment comme votre père aimait sans intérêt les enfants des autres. Je suis de ceux-là. Tel un devoir, tel un testament non écrit qu’il nous lègue.« Soyez en fiers, soyez forts, soyez fidèles à son exemple ».


Quant à moi, je pleure un frère sans lien de sang, mais avec tous les liens du cœur. Un compagnon d’art, un pilier de ma vie, un homme d’honneur.


Paix à toi papa DJECK. Les planches sont vides, mais nos cœurs sont pleins. Tu nous as appris à vivre. Aujourd’hui, tu nous apprends à pleurer dignement.


ZADAIN KASONGO T.
Ton frère de toujours !

Heureux anniversaire, Maître Hilaire KATENDE KATSH’ MBIKA !

Soixante-quinze ou septante-cinq ans ! Sur quasi 2mètres c’est réellement suffisant pour être géant. Cela fait un bel âge, une sorte de grand trois-quarts de siècle, où l’on a déjà écrit sa légende mais où l’on continue, mine de rien, à répéter pour les représentations à venir.

Car Hilaire, notre Hilaire, n’a jamais eu l’air de s’arrêter.


Né à Jadotville, sorti du ventre maternel comme un acteur surgit des coulisses, il est aussitôt entré en scène. Et quelle scène ! Celle de la vie congolaise, vaste théâtre où il a su, à la manière d’un Molière moderne, mêler rires et larmes, satire et tendresse.


Acteur, metteur en scène, écrivain, voyageur infatigable, dramaturge prolifique : il a porté ses pièces du Katanga jusqu’aux rives du fleuve Congo, arpentant villes et villages comme d’autres promènent leur chien. Quatre-vingts pièces de théâtre – excusez du peu ! – dont cinquante-trois publiées. Un journaliste qui le suit depuis des années avance une centaine d’œuvres à l’actif du héros du jour. Voilà qui ferait pâlir d’envie bien des dramaturges de Paris à Saint-Germain-des-Prés, ces messieurs en cravate qui noircissent des pages et s’épuisent pour décrocher un Molière… quand lui, tranquille, collectionne les lauriers comme d’autres collectionnent les timbres.


Et ce soir, il souffle soixante-quinze bougies ! L’affaire n’est pas mince : on imagine déjà l’incendie si toutes devaient brûler ensemble. On aurait besoin d’un bataillon de pompiers, et peut-être même d’un régisseur pour régler l’éclairage ! Mais qu’importe, l’essentiel est que la flamme brille, et qu’elle brille longtemps.


Je lève mon verre – lui qui ne boit pas. Voilà bien un comique de situation digne de Feydeau : trinquer seul mais lever haut, très haut, la coupe de l’amitié. Quant à lui, fidèle à ses habitudes, il préfère une pincée de poudre à renifler – poudre d’inventivité, précisons-le, celle qui fait éternuer les idées et accoucher les répliques.


Alors, en ce jour, saluons l’enfant de PANDA devenu géant du théâtre congolais. Maître Hilaire, vous êtes notre monument vivant, notre Cyrano sans panache à plume d’oie mais à plume dramatique, et, pour paraphraser Rabelais : « Riez toujours, car le rire est le propre de l’homme, et vous en êtes la preuve vivante. » Joyeux 75 printemps, Maître ! Vive l’artiste, et que la scène ne se ferme jamais sur votre nom.


ZADAIN KASONGO

A quand la retraite de MBOSO ?

Les Jeunes Patriotes Congolais de la Diaspora exigent la retraite immédiate du patriarche Mbosso Nkodia Pwanga
12 septembre 2025 – Depuis la Belgique

Sous la direction de Fabrice KASONGO TSHIBANGU, les Jeunes Patriotes Congolais de la Diaspora (JPCD) montent solennellement au créneau pour dénoncer une incohérence flagrante au sein des institutions de la République Démocratique du Congo : le maintien en fonction du patriarche Christophe Mbosso Nkodia Pwanga, bientôt nonagénaire, pendant que de nombreux cadres, parfois bien plus jeunes et encore en pleine possession de leurs capacités, ont été écartés ou envoyés à la retraite.

Il ne s’agit pas ici d’un caprice politique, mais d’une question de cohérence et de responsabilité humaine. Car que signifie, pour une nation avide de renouveau, de laisser un homme approchant les 90 ans affronter la rigueur d’un système institutionnel exigeant, avec ses réunions interminables, ses arbitrages constants et la pression qui épuise même les plus vigoureux ?

L’histoire, qu’elle soit africaine ou mondiale, nous enseigne que les grandes nations savent ménager leurs anciens, mais également préparer leur relève. Nelson Mandela, par exemple, avait compris qu’après un mandat, il fallait transmettre le flambeau, préférant la dignité d’un retrait respectueux à l’acharnement dans l’exercice du pouvoir. Aux États-Unis, Franklin D. Roosevelt, usé par la maladie, avait montré combien la charge d’un État peut devenir insoutenable pour un corps fragilisé, malgré la grandeur d’un esprit. Et en Afrique, de nombreux dirigeants ont sombré dans le ridicule et l’inefficacité pour avoir refusé de quitter la scène à temps, alors que leur peuple réclamait un souffle nouveau.

En comparaison, le cas de l’honorable Mbosso choque davantage lorsqu’on se souvient que Jules Alingete, ancien Inspecteur général des finances, a été mis à la retraite avant même ses 60 ans. Deux poids, deux mesures : là où l’on écarte un cadre encore productif, l’on maintient un patriarche épuisé dans des fonctions de haute intensité. Quelle logique ? Quelle justice institutionnelle ?

Nous, Jeunes Patriotes Congolais de la Diaspora, affirmons que l’honorable Mbosso mérite mieux que cette exposition continue à la fatigue et à l’usure publique. Ce n’est pas une disgrâce que de prendre sa retraite, c’est un honneur lorsque celle-ci est entourée de respect et de reconnaissance. C’est pourquoi nous proposons que l’État congolais organise son retrait avec dignité, en lui attribuant une décoration nationale pour services rendus à la Nation, à l’instar de l’honorable Léon Kengo Wa Dondo, souvent qualifié de « bibliothèque vivante » de la politique congolaise et qui a su se retirer à temps.

Maintenir Mbosso dans une fonction aussi exigeante, c’est prendre le risque de l’épuiser au point de compromettre son image et, pire encore, c’est oublier l’humain derrière la fonction. Un pays qui refuse de se renouveler en sacrifiant ses jeunes cadres au profit du maintien de ses patriarches dans des charges inhumaines, envoie un message de blocage, de stagnation et de contradiction.En définitive, nous interpellons directement et humblement le Chef de l’État, Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, garant des institutions de la République, afin qu’il prenne ses responsabilités. Il s’agit moins ici d’une décision administrative que d’un geste de sagesse et d’humanité.

Car oui, l’histoire jugera. Elle jugera sévèrement ceux qui auront maintenu un patriarche fatigué dans une charge implacable. Mais elle honorera ceux qui auront su lui offrir une retraite digne, respectueuse et reconnaissante.

Fabrice KASONGO TSHIBANGU
Président des Jeunes Patriotes Congolais de la Diaspora (JPCD)

Hommage à Tharcisse TSHIBANDA Tondoy, dit TSHITOND

Par ZADAIN, son frère en humanité, théâtre, média, musique et de toujours.

Le 11 juin 1953, à minuit et une minute, quelque part à Kolwezi, alors que le silence de la nuit couvrait les toits de tôle de la cité minière, une lumière s’allumait dans l’ombre : un enfant venait de naître, dans une maternité modeste, mais remplie d’espérance.

Le destin avait choisi ce lieu, aux confins du Haut-Katanga, pour faire éclore une étoile que rien, ni le temps, ni l’injustice, ni la maladie, ne pourraient jamais éteindre.

Sixième d’une fratrie de treize enfants, Tharcisse TSHIBANDA Tondoy – que nous allions un jour appeler affectueusement TSHITOND – reçut à la naissance le souffle d’une force que seuls les bien-aimés de Dieu portent en eux. Une force discrète, silencieuse, qui puise dans la douleur son chant d’espérance.

Papa Polycarpe Kazadi annonça fièrement la nouvelle à ses collègues : « Un fils nous est né ! » Et maman Gertrude Muswamba MIANDABU, cœur battant d’une famille nombreuse, accueillit les premières visites avec la grâce des femmes de lumière. Ce jour-là, et les jours suivants, furent des jours de fête – car chaque enfant est un miracle, et celui-là allait devenir une légende.

Mais la vie, dès ses premières heures, voulut mettre son courage à l’épreuve. À trois ans, la maladie s’invite. La poliomyélite, cruelle et implacable, s’abat sur le petit corps de Tharcisse. Plus d’une année à l’hôpital, dans les bras d’une mère qui veilla jour et nuit, refusant de céder à la peur. La foi des parents ne vacilla pas. Comme le dit l’Écriture : « La foi est une ferme assurance des choses qu’on espère ». Et ils espéraient.

Transféré à Lubumbashi, l’enfant combat. Il perd la bataille contre la maladie, mais gagne la guerre de l’âme. Le verdict tombe : hémiplégique, colonne vertébrale atteinte. Il ne marchera plus. Mais déjà, dans ce jeune garçon cloué à son lit, battait un cœur de géant.Tandis que ses frères et sœurs remplissaient les salles de classe, lui, dans le silence d’une chambre, éduquait son esprit avec patience et soif. Loin des bancs d’école, il devint élève de la vie, lecteur du monde, guetteur d’âmes. À quinze ans, il reçoit sa première charrette, puis plus tard, son premier tricycle adapté. Ce fut comme une seconde naissance : pour la première fois, TSHITOND découvre les rues, le vent, les odeurs, la poussière chaude des avenues de Makomeno. Le monde s’ouvre.

Et dans ce monde, il se fait des amis – de ceux qui durent, de ceux qui vous voient pour ce que vous êtes. Parmi eux, un certain Alphonse Ntumba Luaba, futur professeur, futur ministre… mais avant tout, camarade de billes et de rêves, de musique.

Puis vient un soir de tempête. Une scène digne d’un roman. Lubumbashi s’assombrit, le vent hurle, la pluie menace. TSHITOND est dehors, seul. Le vent le repousse, la pente est trop rude. C’est alors qu’un inconnu surgit. Il court, il pousse la charrette. Il lui demande juste l’adresse. TSHITOND la lui indique. Il ne dit presque rien. Sur une distance de 4km,il pousse la charrette en courant jusqu’à destination. Il sauve. Ce jeune homme, c’était moi. ZADAIN. Et depuis ce jour, nous ne nous sommes plus quittés.

Cinquante ans d’amitié profonde, de fraternité sans conditions, d’art partagé. Car l’art, chez TSHITOND, coule comme une rivière vivante. Il est notre régisseur, notre mémoire, notre inspiration. Au théâtre, il règne en maître de l’ombre. En musique, il devient feu.

Ah, quand TSHITOND chante !Il porte en lui la voix rauque de Johnny Hallyday, la douceur triste de Salvatore Adamo, la romance de Frédéric François, la poésie de Moustaki.

Et surtout, il fait revivre Franco Luambo avec une fidélité d’âme rare. Il chante comme on respire, comme on prie, comme on se souvient.

Il a su traverser les frontières de la rumba et de la chanson française avec un naturel désarmant. Il n’imite pas les grands : il les incarne. Il ne chante pas la musique : il la devient.

Aujourd’hui, je rends hommage à cet homme qui, toute sa vie, a transformé le handicap en dignité, l’exclusion en création, la solitude en fraternité. TSHITOND est de ceux qui ne demandent rien mais donnent tout. Il a financé les études de ses nièces et neveux. Sur cette photo témoin,un neveu lui cède sa toge en signe de reconnaissance pour avoir payé ses études de la maternelle à l’université. Il est de ceux dont la vie devient enseignement.

Tu es un vivant poème, Tshitond. Un chant qui ne finit jamais.

Que cet éclat qui t’habite ne s’éteigne jamais,

Que les jeunes apprennent ton nom,

Que la mémoire te garde debout,

Et que ton chant résonne, même quand nos voix se tairont.

Ton frère pour toujours,

ZADAIN

Quand la voix de Thabo Mbeki trouble les eaux congolaises !

La dernière prise de parole de l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki a suscité une onde de choc bien au-delà des frontières de son pays. Ses propos, tenus lors d’une récente interview en anglais, ont rapidement traversé les cercles diplomatiques, médiatiques et politiques, enflamment les éditoriaux, et rallument les braises d’une controverse que l’on croyait éteinte.
Ce qui devait apparaître comme une simple opinion d’un ex-chef d’État sur la situation politique de la République démocratique du Congo s’est révélé être un plaidoyer à peine voilé en faveur d’un ancien dirigeant congolais déchu, en quête de retour sur la scène nationale par des moyens manifestement éloignés des standards démocratiques.
Les mots sont pesés. Et ils ne laissent place à aucun doute quant à l’intention : apporter une forme de légitimité morale et politique à celui qui, pour beaucoup, incarne une trahison historique. Un homme que d’aucuns qualifient aujourd’hui de « félon devant l’Éternel », tant sa gouvernance passée demeure marquée par l’opacité, les violences muettes et les occasions perdues.

Une étrange coïncidence

Ironie de l’histoire ou simple hasard du calendrier : c’est le même jour que le sénateur à vie Joseph Kabila recevait une notification officielle l’invitant à se préparer à la levée potentielle de ses immunités, préalable à une éventuelle comparution devant la justice de son pays. Une étape symboliquement forte, qui marque un tournant dans la perception de l’impunité des anciens régimes.
Dès lors, une question s’impose : que vient faire Thabo Mbeki dans ce débat ?
Pourquoi prêter sa voix, son crédit d’homme d’État, à une cause qui, aux yeux de nombreux Congolais, relève davantage du passé que de l’avenir ?
Certains murmures, désormais insistants, évoquent des intérêts personnels bien enracinés en terre congolaise.
Des concessions minières à Kolwezi, des liens économiques dans le Nord-Kivu, et surtout une justification publique de sa fortune comme fruit de « business » réalisés au Congo. La République démocratique du Congo, trop souvent perçue comme une vache à lait silencieuse par des réseaux politiques étrangers, continue de susciter des convoitises sans fin.

Une parole qui blesse

Plus grave encore que les intérêts inavoués, c’est le discours lui-même qui choque.
L’ancienne figure de la renaissance sud-africaine, qui fut autrefois porteuse d’espoirs continentaux, semble désormais s’adonner à une rhétorique qui flirte avec le mépris.
Ses mots, bien que choisis avec la prudence diplomatique, transpirent une condescendance déplacée et un tribalisme insidieux, laissant entendre que seuls certains profils, certaines origines, seraient légitimes à diriger le Congo. Et que l’actuel pouvoir serait taxé de ces tares de séparatisme. Sans en apporter la moindre preuve. La récitation d’une leçon erronée et mal assimilée, n’a d’équivalence que la médiocrité.
Ce genre d’intervention n’est pas simplement une ingérence. C’est une insulte à l’intelligence et à la souveraineté du peuple congolais.
C’est également un crachat symbolique sur la mémoire de toutes celles et ceux qui, depuis des décennies, luttent pour que le Congo cesse d’être une proie, pour qu’enfin la dignité, la justice et la paix s’installent de manière durable.

Un Congo éveillé

Il faut que cela soit dit clairement : le Congo d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier.
Les Congolais ne sont pas dupes. Ils ont appris, parfois au prix du sang, à discerner les vrais enjeux derrière les postures publiques.
La tentative de revenir par la petite porte du parrainage international, en s’appuyant sur des figures du passé, relève d’un vieux jeu dont les règles ne tiennent plus.
Il ne s’agit plus simplement d’un affront politique. Il s’agit de l’avenir d’une nation. Et face à cela, aucun discours importé ne saurait peser davantage que la volonté souveraine du peuple congolais. Et comme dirait Tintin : Au Diable THABO MBEKI !


Zadain KASONGO

LAUTREINFO

Joseph KABILA, la chute d’un mirage politique !

Tel un malfrat surpris dans sa tanière, Joseph KABILA, l’homme aux multiples visages, a appris par la voix froide et implacable des ondes la levée de ses immunités. Le verdict, tombé comme un couperet, s’est répandu telle une traînée de poudre, amplifié par les télévisions, les radios, les réseaux sociaux. Dans les salons comme dans les ruelles poussiéreuses de Kinshasa, dans les camps de déplacés de l’Est comme dans les quartiers huppés de la diaspora congolaise, une émotion mêlée de stupeur et de soulagement s’est emparée des esprits : c’est donc possible. L’impunité, longtemps brandie comme une muraille infranchissable, vacille.

Apparemment tant attendue, cette nouvelle fait le bonheur des patriotes congolais, ceux-là même qui n’avaient jamais accepté qu’un homme à l’histoire aussi floue que son origine soit parvenu à régner dix-huit années durant sur un pays aussi vaste, aussi riche, aussi meurtri. Dix-huit années de silence pesant, d’énigmes jamais élucidées, de deals obscurs passés dans l’ombre, souvent au détriment de la souveraineté nationale.

Aujourd’hui livré à la Justice congolaise, cet ancien président devra expliquer – ou tenter de disculper – son soutien notoire aux terroristes du M23, ces tueurs qui sèment la mort, la désolation, le viol et l’exil dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo. Quelle mouche aurait donc piqué l’ancien caporal, promu général, puis président par une succession d’événements que l’histoire elle-même peine à reconstituer sans embarras ? Quel toupet, ou peut-être quelle inconscience, de proclamer sans gêne son attachement aux bourreaux d’un peuple qu’il prétendait servir !

La scène n’est pas sans rappeler d’autres épisodes de l’histoire mondiale où des chefs d’État, longtemps perçus comme inamovibles, furent soudainement confrontés à la justice. On pense à l’Argentin Jorge Videla, autre militaire président, condamné des décennies après les crimes de la dictature ; à Charles Taylor, seigneur de guerre devenu président du Liberia, puis jugé pour crimes contre l’humanité à La Haye ; ou encore à Augusto Pinochet, arrêté à Londres malgré les décennies passées à régner d’une main de fer sur le Chili.
Chacun de ces hommes, comme Joseph KABILA, Hypolite KANMBE de son vrai nom, avait construit un mythe autour de lui : mythe d’un homme providentiel, d’un sauveur de la nation, d’un stratège politique hors pair. Et chacun, finalement, a vu ce mythe se briser, non pas sous les bombes, mais sous le poids de la vérité et du droit. Car l’histoire, patiente, n’oublie jamais.
KANAMBE, l’homme aux bottes usées devenu milliardaire, intrigue autant qu’il irrite. Sa fortune, son silence, son mutisme volontaire ou calculé, tout chez lui interpelle. Comment un inconnu, aux origines encore troubles, aux papiers discutés, a-t-il pu s’imposer à la tête de la plus grande nation francophone d’Afrique ? Faut-il croire à cette légende selon laquelle un ministre belge aurait proposé, tel un recruteur cynique, cet « oiseau rare » pour succéder à Laurent-Désiré KABILA, patriote assassiné au sommet de l’État ?

Le mystère, longtemps entretenu par les réseaux diplomatiques, les puissances économiques et les intérêts géostratégiques, semble aujourd’hui se fissurer. Car tout mythe forgé par des mains étrangères finit, un jour ou l’autre, par se dissoudre dans le tumulte des peuples éveillés.
Et ce n’est sans doute qu’un début. D’autres accusations viendront s’ajouter, charriant leur lot de révélations. Le dribbleur politique, comme on l’a surnommé un temps, semble avoir confondu l’art du football avec celui, plus exigeant, de la gouvernance. Et si le terrain politique permet parfois quelques acrobaties, il ne pardonne jamais les fautes graves contre la nation.
Les jours à venir s’annoncent agités, très agités, mais ce tumulte n’est pas un orage. Il est le frémissement d’un réveil. Un réveil long, douloureux, mais nécessaire. Les plaignants affûtent leurs dossiers, les témoins se délient, les patriotes se lèvent.
Et le ciel, cette fois, reste étrangement serein.

ZADAIN KASONGO T.

LAUTREINFO

Papa Jean, le seigneur du Scrabble !

Il y a des figures que le temps ne parvient pas à effacer. Des présences si singulières qu’elles laissent une empreinte indélébile dans le cœur de ceux qui les croisent. Papa Jean en fait indéniablement partie.
C’est à la salle de fitness de Michel, un endroit modeste mais chaleureux, que nos chemins se sont de nouveau croisés. Cela faisait longtemps. Trop longtemps. Depuis plus de 12 mois, Papa Jean n’avait plus donné signe de vie à notre club de Scrabble. Pour des raisons de santé, m’avait-on dit. Cancer de pancréas qu’il a courageusement vaincu. Et dans notre petit cercle d’habitués, son absence se faisait sentir comme un silence après un rire franc.
Je l’appelle Papa Jean, non pas par habitude, mais par choix. Ce titre affectueux n’est pas une formule vide. Il est le reflet d’un respect profond, d’une tendresse sincère. C’est aussi un clin d’œil à mes racines, à cette culture africaine qui enseigne que le prénom seul ne suffit pas lorsqu’on s’adresse à un aîné. Lui, pourtant, est belge. Montois de souche. Grand-père émérite. Père de 4 enfants : Eric, Michel, Philippe et Isabelle tous portant fièrement le nom de famille DENIS. Depuis quatre ans en 2021, papa Jean est veuf. Son épouse était originaire de Mouscron. Mais pour moi, il reste avant tout ce grand monsieur du Scrabble, au regard vif et à l’humour mordant.
La semaine précédente, je l’avais aperçu brièvement, mais il ne m’avait pas reconnu. Un coup porté à mon cœur, discret mais réel. Nathalie, sa belle-fille, avait dû lui souffler mon nom. J’avais feint l’indifférence, mais je n’en menais pas large.
Et puis voilà que le destin, capricieux mais souvent bienveillant, nous offre une seconde chance.
Je me trouvais sur le tapis. Absorbé dans ma routine, lorsque je l’ai vu entrer. Droit, digne, vêtu avec soin, les pas un peu plus lents mais le regard alerte. Mon cœur s’est serré. Sans réfléchir, j’ai stoppé la machine et me suis précipité vers lui. Je l’ai salué avec chaleur, espérant, sans trop y croire, qu’il me reconnaîtrait cette fois.
Et là… miracle.
Son visage s’est illuminé. Ses yeux ont brillé d’un éclat complice, et sa voix s’est élevée, joyeuse, presque triomphante :
— L’extraordinaire Zadain !
Ces quelques mots m’ont traversé comme un rayon de soleil en hiver. Nous nous sommes serré la main avec vigueur, et je l’ai brièvement serré dans mes bras. Ce n’était plus un simple échange de civilités, mais la célébration discrète d’un lien retrouvé.
— Es-tu toujours imbattable au Scrabble ? lança-t-il sur un ton malicieux.
— Non, Papa Jean, tu m’as déjà battu une fois, souviens toi! lui répondis-je en riant.
— Moi, te battre ? Alors c’est un miracle dont j’avais oublié l’existence ! dit-il dans un éclat de rire cristallin, comme un gamin pris en flagrant délit de modestie.
J’en profitai pour lui parler d’une nouvelle étoile montante dans notre club : Valérie, une jeune femme brillante, stratège redoutable, qui me donne du fil à retordre à chaque partie. Il écouta avec attention, amusé par mon ton mi-admiratif, mi- vexé.
À 98 ans, Papa Jean est encore une légende vivante. Il joue vite. Mieux : il joue juste. Aucune hésitation, aucune perte de temps. Il pose ses lettres avec l’élégance d’un maître d’échecs, avec la fulgurance d’un esprit encore affûté comme une lame. Et gare à celui ou celle qui ose trop réfléchir, c’est parfois mon cas : il s’impatiente vite, mais toujours avec ce soupçon d’ironie qui fait sourire même les plus lents.
Il n’a rien perdu de son panache. Ni de son humour. Ni, surtout, de cette mémoire vive qui fait de lui bien plus qu’un simple joueur. C’est un homme de verbe, de lien, de présence. Un homme qui, en quelques phrases, vous rappelle que vieillir n’est pas décliner, mais s’alléger de l’inutile pour ne garder que l’essentiel.
Avant de partir, j’ai proposé à Michel qu’on prenne quelques photos. Pour immortaliser l’instant, pour que les absents puissent, eux aussi, sourire. Il a aussitôt accepté avec enthousiasme, et a même suggéré que son épouse Nathalie se joigne à nous. Ce fut Greg, leur fils et petit-fils de papa Jean, qui prit le rôle de photographe. Trois générations autour de ce roc de presque un siècle. C’était beau.
Alors oui, vive Papa Jean, 98 ans et toutes ses dents – dans le verbe, dans l’esprit, dans le rire. Longue vie à lui, notre seigneur du Scrabble, notre mémoire vive, notre ami.

Zadain KASONGO

LAUTREINFO

BUKAVU : Bertrand Bisimwa et le M23 sermonnés par le pasteur Bujiriri droit dans les yeux !

C’est un Bertrand Bisimwa à la mine défaite et parfois la tête baissée d’un mauvais jour qui a écouté le sermon du courageux pasteur Eugène Bujiriri de l’Eglise Filadelphia de Bukavu. Droit dans les yeux et sans fioritures, le chef du M23 a reçu sa part des vérités à laquelle il ne s’attendait sûrement pas. Un dimanche dont il se souviendrait encore pour longtemps.

Comme dans leurs habitudes, les chefs de la coalition rebelle affidés de la Rwanda Defense Force, l’armée rwandaise ; AFC/ M23 ont pris l’habitude de s’inviter dans les églises des cités par eux conquises et occupées. Une coutume à laquelle n’avait pas dérogé « le chrétien » Bertrand Bisimwa en se rendant avec une forte délégation au culte du dimanche matin 02 mars 2025 dans la ville de Bukavu, province du Sud-Kivu en partie occupée par les rebelles terroristes de son mouvement armé du M23.

Mais c’était sans compter avec le sermon du courageux pasteur du lieu qui malgré le défi de Bisimwa, lui a fait sa leçon de « chrétienté » en direct et devant tout le monde, le rebelle la suivant « religieusement » sans broncher jusqu’à la fin.

Dans un enregistrement audio d’une quinzaine de minutes devenu viral sur les réseaux sociaux, on entende ce pasteur « sermonner » avec vigueur Bisimwa comme on le ferait à un petit garçon. Sans peur aucune et droit dans les yeux, le prédicateur du jour a commencé par lui dire ce qui se dit dans la ville : « Sur la première liste des personnes à éliminer à l’entrée de votre mouvement dans la ville, mon nom était à la 14ème position, puis une autre liste est sortie où mon nom était en 54ème position…les gens m’ont dit de ne pas y aller (au culte, NDLR) mais j’ai dit que s’il fallait que je meure, je devrais mourir avec mes fidèles. J’aimerais vous dire ici devant tout le monde que si je meurs, j’irais au ciel car je ne me reproche de rien, mais aussi si vous voulez vraiment me tuer ; j’aimerais que ça soit toi Bertrand qui m’élimine… ».

Malgré une tentative d’intimidation de l’un de ses hommes en lui disant qu’il ne « savait pas que l’autorité vient de Dieu », le pasteur s’était demandé de quelle « autorité » en lui rappelant de ne pas « oublier que tu es congolais comme nous autres… ». Le pasteur Bujiri rappelle à Bisimwa qu’il « connait son père qui fut diacre au sein de cette même église » et que Bertrand lui-même « est un ancien fidèle de cette église, quand j’ai appris qu’il venait ici, je me suis dit que malgré ma maladie, je devrais venir le voir. Peut-être qu’il a honte de le dire mais je vous rassure que c’est un ancien d’ici »

Dans son registre, le pasteur poursuit à l’endroit de Bisimwa à propos de la maltraitance de ses hommes sur la population et le vol des biens de valeurs comme des voitures transférées directement au Rwanda : « Et comme le Christ a dit à Pierre, un berger c’est celui qui veille sur les brebis. Mais pas entrer dans la ville et commencer à fouetter et tuer les gens et voler les véhicules…regarde comment le parking est vide car tout le monde à cacher sa voiture. Il n’y a que celui qui n’a jamais travaillé qui ne connaît pas le sacrifice que l’on fait pour avoir une voiture. Mais vous entrez et volez les biens des gens, vous dites que vous êtes des libérateurs mais ceux qui étaient avant vous, bien que mauvais, n’ont jamais fait ça » en parlant des autorités légitimes.

« Vous êtes les 4èmes libérateurs que cette ville a connus, mais il n’y a jamais eu de progrès, donc on ne s’y attends pas…les gens ont peur et restent cloîtrée chez eux, les tueries, les disparitions, …pour quelqu’un qui a grandi dans l’église je te supplie, arrêtez ça. Que Dieu vous comble de grâce pour que vous êtes vos amis qui sont à Kinshasa appreniez à aimer les gens d’abord en lieu et place de la terre de ces gens, à aimer les gens au lieu de l’or ou du diamant qui est dans le sous-sol de ces gens…car si vous aimiez les gens, vous n’alliez pas détourner les richesses et les mettre dans vos poches…nous congolais qui sommes à Bukavu, nous sommes pris au piège dans votre rébellion, et nous ne pouvons pas partir et laisser nos terres » enchaine le pasteur visiblement remonté. 

Il conclut en s’adressant directement encore une fois droit dans les yeux à Bisimwa assis au premier rang : « En 2003 ns avons prier pour cette ville et demander à Dieu que tout celui qui verserais encore le sang dans cette ville, que Dieu puisse s’en charger.  Tu penses vraiment que les militaires FARDC qui ont quitté cette ville sans combattre n’avaient pas de force ? ».

Un précédent pasteur François-David Ekofo

L’épisode Bertrand Bisimwa à Bukavu rappelle cette autre restée célèbre lors du Culte d’action de grâce en mémoire d’un autre « libérateur », en l’occurrence l’ancien président assassiné ; Laurent-Désiré Kabila le mardi 16 janvier 2018 dans le Temple protestant du Centenaire de l’Eglise du Christ au Congo (ECC).

Ce jour-là, le pasteur Ekofo sermonnait sévèrement les dignitaires du régime Joseph Kabila et le pouvoir qu’ils représentaient dans une leçon morale sur la bonne gouvernance. Même attitude que Bisimwa, ce fut têtes baissées, confus et mine de mauvais jours que toute l’assemblée avait encaissé toutes ces vérités qui font mal. « On avait cru entendre un Cardinal Monsengwo protestant parler » expliquait un participant à la fin du culte.

En froid contre l’Eglise catholique avec qui le « bras de fer » engagé était loin de se terminer avec les nouvelles accusations du gouvernement contre le Cardinal Archevêque de Kinshasa, Laurent Monsengwo d’avoir « mené quelques tentatives subversives contre les intérêts nationaux » ; le PPRD officiel, parti au et du pouvoir avait choisi l’Eglise protestante pour cette cérémonie.

Retransmise en direct de la télévision nationale ou ce qui l’en existe encore et malgré une tentative d’interruption du signal, ils étaient tous là : famille et proches sauf Joseph Kabila comme d’habitude, institutions du pays et courtisans de la dernière heure comme le premier ministre Bruno Tshibala pour commémorer le 17ème anniversaire de l’ignoble assassinat de l’ancien président de la République.

Certes le moment était à la méditation et au recueillement avant que n’intervienne le sermon du célébrant du jour, le Révérend François David Ekofo, héraut de la bonne gouvernance et de l’alternance démocratique ; administrant à tous et à chacun, présents et absents, une leçon de « bonne gouvernance » qui restera dans la mémoire de tous.

Une douche froide

Pour une douche froide, c’en était une à « la face des autorités congolaises et courtisans » présents dans le temple notait un spectateur. Etalant toutes les insuffisances du régime, le pasteur avait abouti à l’humiliante conclusion que « Nous sommes en situation de non Etat. L’Etat Congolais n’existe pas. Nous devons léguer à nos enfants un pays de droit où tous les hommes sont égaux, tout le monde doit être traité sur un même pied d’égalité par la justice quel que soit son rang. Le Congo nous appartient, Dieu a donné la gestion du pays aux Congolais, pas aux étrangers et c’est devant Dieu que les congolais rendront compte. Dieu nous a donné beaucoup de richesses, il nous jugera sur base de ce qu’il nous a donné » concernant le délabrement de l’état général du pays.

Et de finir son sermon par cet avertissement directe et sévère aux pays voisins qui continuent de nous faire la guerre de « Ne pas être tenter de prendre une partie du Congo car même s’il est faible aujourd’hui, il se réveillera un jour et nos enfants récupéreront ce que les voisins ont ravi ».

A Lire aussi : Culte d’action de grâce en mémoire de Laurent-Désiré Kabila : Une leçon de bonne gouvernance https://www.afriwave.com/2018/01/16/culte-daction-de-grace-en-memoire-de-laurent-desire-kabila-une-lecon-de-bonne-gouvernance/

Thaddée Luaba Wa Ba Mabungi

MOISE KATUMBI ÉTAIT IL A L’AMBASSADE DE LA RDC A BRUXELLES ?

Revenant sur la nouvelle diffusée hier sur les réseaux sociaux faisant écho du passage de Moise KATUMBI à l’Ambassade de la République démocratique du Congo à Bruxelles pour renouveler son passeport, LAUTREINFO vient de vérifier à la source. C’est à dire à l’Ambassade de la RDC à Bruxelles. Monsieur Moise Katumbi était effectivement de passage à cette chancellerie. Il s’était fait accompagner du journaliste Hubert Declercq du Journal « LA LIBRE BELGIQUE ».


Un travailleur de l’Ambassade l’ayant remarqué à l’entrée est allé lui ouvrir la porte du garage et l’a installé au salon d’honneur. L’ambassade se devait de le recevoir avec des honneurs dus à son rang. Le fonctionnaire qui les a ainsi installés s’est aussi chargé de l’aider à remplir les formalités d’usage pour le renouvellement de son passeport. Aussi tôt terminé, il lui a remis son document en bonne et due forme en précisant qu’il serait toujours le bien venu pour toute autre démarche à l’Ambassade de la République démocratique du Congo. Le Haut fonctionnaire souligne avoir indiqué à monsieur KATUMBI la procédure à suivre aussi sur internet tout en lui communiquant son numéro de téléphone en cas d’urgence.

Mais tout ceci a eu lieu il y a 4 ans et pas hier. C’est dire que ce passeport est encore valide. Faisons attention aux FAKE NEWS !

ZADAIN