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BUKAVU : Bertrand Bisimwa et le M23 sermonnés par le pasteur Bujiriri droit dans les yeux !

C’est un Bertrand Bisimwa à la mine défaite et parfois la tête baissée d’un mauvais jour qui a écouté le sermon du courageux pasteur Eugène Bujiriri de l’Eglise Filadelphia de Bukavu. Droit dans les yeux et sans fioritures, le chef du M23 a reçu sa part des vérités à laquelle il ne s’attendait sûrement pas. Un dimanche dont il se souviendrait encore pour longtemps.

Comme dans leurs habitudes, les chefs de la coalition rebelle affidés de la Rwanda Defense Force, l’armée rwandaise ; AFC/ M23 ont pris l’habitude de s’inviter dans les églises des cités par eux conquises et occupées. Une coutume à laquelle n’avait pas dérogé « le chrétien » Bertrand Bisimwa en se rendant avec une forte délégation au culte du dimanche matin 02 mars 2025 dans la ville de Bukavu, province du Sud-Kivu en partie occupée par les rebelles terroristes de son mouvement armé du M23.

Mais c’était sans compter avec le sermon du courageux pasteur du lieu qui malgré le défi de Bisimwa, lui a fait sa leçon de « chrétienté » en direct et devant tout le monde, le rebelle la suivant « religieusement » sans broncher jusqu’à la fin.

Dans un enregistrement audio d’une quinzaine de minutes devenu viral sur les réseaux sociaux, on entende ce pasteur « sermonner » avec vigueur Bisimwa comme on le ferait à un petit garçon. Sans peur aucune et droit dans les yeux, le prédicateur du jour a commencé par lui dire ce qui se dit dans la ville : « Sur la première liste des personnes à éliminer à l’entrée de votre mouvement dans la ville, mon nom était à la 14ème position, puis une autre liste est sortie où mon nom était en 54ème position…les gens m’ont dit de ne pas y aller (au culte, NDLR) mais j’ai dit que s’il fallait que je meure, je devrais mourir avec mes fidèles. J’aimerais vous dire ici devant tout le monde que si je meurs, j’irais au ciel car je ne me reproche de rien, mais aussi si vous voulez vraiment me tuer ; j’aimerais que ça soit toi Bertrand qui m’élimine… ».

Malgré une tentative d’intimidation de l’un de ses hommes en lui disant qu’il ne « savait pas que l’autorité vient de Dieu », le pasteur s’était demandé de quelle « autorité » en lui rappelant de ne pas « oublier que tu es congolais comme nous autres… ». Le pasteur Bujiri rappelle à Bisimwa qu’il « connait son père qui fut diacre au sein de cette même église » et que Bertrand lui-même « est un ancien fidèle de cette église, quand j’ai appris qu’il venait ici, je me suis dit que malgré ma maladie, je devrais venir le voir. Peut-être qu’il a honte de le dire mais je vous rassure que c’est un ancien d’ici »

Dans son registre, le pasteur poursuit à l’endroit de Bisimwa à propos de la maltraitance de ses hommes sur la population et le vol des biens de valeurs comme des voitures transférées directement au Rwanda : « Et comme le Christ a dit à Pierre, un berger c’est celui qui veille sur les brebis. Mais pas entrer dans la ville et commencer à fouetter et tuer les gens et voler les véhicules…regarde comment le parking est vide car tout le monde à cacher sa voiture. Il n’y a que celui qui n’a jamais travaillé qui ne connaît pas le sacrifice que l’on fait pour avoir une voiture. Mais vous entrez et volez les biens des gens, vous dites que vous êtes des libérateurs mais ceux qui étaient avant vous, bien que mauvais, n’ont jamais fait ça » en parlant des autorités légitimes.

« Vous êtes les 4èmes libérateurs que cette ville a connus, mais il n’y a jamais eu de progrès, donc on ne s’y attends pas…les gens ont peur et restent cloîtrée chez eux, les tueries, les disparitions, …pour quelqu’un qui a grandi dans l’église je te supplie, arrêtez ça. Que Dieu vous comble de grâce pour que vous êtes vos amis qui sont à Kinshasa appreniez à aimer les gens d’abord en lieu et place de la terre de ces gens, à aimer les gens au lieu de l’or ou du diamant qui est dans le sous-sol de ces gens…car si vous aimiez les gens, vous n’alliez pas détourner les richesses et les mettre dans vos poches…nous congolais qui sommes à Bukavu, nous sommes pris au piège dans votre rébellion, et nous ne pouvons pas partir et laisser nos terres » enchaine le pasteur visiblement remonté. 

Il conclut en s’adressant directement encore une fois droit dans les yeux à Bisimwa assis au premier rang : « En 2003 ns avons prier pour cette ville et demander à Dieu que tout celui qui verserais encore le sang dans cette ville, que Dieu puisse s’en charger.  Tu penses vraiment que les militaires FARDC qui ont quitté cette ville sans combattre n’avaient pas de force ? ».

Un précédent pasteur François-David Ekofo

L’épisode Bertrand Bisimwa à Bukavu rappelle cette autre restée célèbre lors du Culte d’action de grâce en mémoire d’un autre « libérateur », en l’occurrence l’ancien président assassiné ; Laurent-Désiré Kabila le mardi 16 janvier 2018 dans le Temple protestant du Centenaire de l’Eglise du Christ au Congo (ECC).

Ce jour-là, le pasteur Ekofo sermonnait sévèrement les dignitaires du régime Joseph Kabila et le pouvoir qu’ils représentaient dans une leçon morale sur la bonne gouvernance. Même attitude que Bisimwa, ce fut têtes baissées, confus et mine de mauvais jours que toute l’assemblée avait encaissé toutes ces vérités qui font mal. « On avait cru entendre un Cardinal Monsengwo protestant parler » expliquait un participant à la fin du culte.

En froid contre l’Eglise catholique avec qui le « bras de fer » engagé était loin de se terminer avec les nouvelles accusations du gouvernement contre le Cardinal Archevêque de Kinshasa, Laurent Monsengwo d’avoir « mené quelques tentatives subversives contre les intérêts nationaux » ; le PPRD officiel, parti au et du pouvoir avait choisi l’Eglise protestante pour cette cérémonie.

Retransmise en direct de la télévision nationale ou ce qui l’en existe encore et malgré une tentative d’interruption du signal, ils étaient tous là : famille et proches sauf Joseph Kabila comme d’habitude, institutions du pays et courtisans de la dernière heure comme le premier ministre Bruno Tshibala pour commémorer le 17ème anniversaire de l’ignoble assassinat de l’ancien président de la République.

Certes le moment était à la méditation et au recueillement avant que n’intervienne le sermon du célébrant du jour, le Révérend François David Ekofo, héraut de la bonne gouvernance et de l’alternance démocratique ; administrant à tous et à chacun, présents et absents, une leçon de « bonne gouvernance » qui restera dans la mémoire de tous.

Une douche froide

Pour une douche froide, c’en était une à « la face des autorités congolaises et courtisans » présents dans le temple notait un spectateur. Etalant toutes les insuffisances du régime, le pasteur avait abouti à l’humiliante conclusion que « Nous sommes en situation de non Etat. L’Etat Congolais n’existe pas. Nous devons léguer à nos enfants un pays de droit où tous les hommes sont égaux, tout le monde doit être traité sur un même pied d’égalité par la justice quel que soit son rang. Le Congo nous appartient, Dieu a donné la gestion du pays aux Congolais, pas aux étrangers et c’est devant Dieu que les congolais rendront compte. Dieu nous a donné beaucoup de richesses, il nous jugera sur base de ce qu’il nous a donné » concernant le délabrement de l’état général du pays.

Et de finir son sermon par cet avertissement directe et sévère aux pays voisins qui continuent de nous faire la guerre de « Ne pas être tenter de prendre une partie du Congo car même s’il est faible aujourd’hui, il se réveillera un jour et nos enfants récupéreront ce que les voisins ont ravi ».

A Lire aussi : Culte d’action de grâce en mémoire de Laurent-Désiré Kabila : Une leçon de bonne gouvernance https://www.afriwave.com/2018/01/16/culte-daction-de-grace-en-memoire-de-laurent-desire-kabila-une-lecon-de-bonne-gouvernance/

Thaddée Luaba Wa Ba Mabungi

MOISE KATUMBI ÉTAIT IL A L’AMBASSADE DE LA RDC A BRUXELLES ?

Revenant sur la nouvelle diffusée hier sur les réseaux sociaux faisant écho du passage de Moise KATUMBI à l’Ambassade de la République démocratique du Congo à Bruxelles pour renouveler son passeport, LAUTREINFO vient de vérifier à la source. C’est à dire à l’Ambassade de la RDC à Bruxelles. Monsieur Moise Katumbi était effectivement de passage à cette chancellerie. Il s’était fait accompagner du journaliste Hubert Declercq du Journal « LA LIBRE BELGIQUE ».


Un travailleur de l’Ambassade l’ayant remarqué à l’entrée est allé lui ouvrir la porte du garage et l’a installé au salon d’honneur. L’ambassade se devait de le recevoir avec des honneurs dus à son rang. Le fonctionnaire qui les a ainsi installés s’est aussi chargé de l’aider à remplir les formalités d’usage pour le renouvellement de son passeport. Aussi tôt terminé, il lui a remis son document en bonne et due forme en précisant qu’il serait toujours le bien venu pour toute autre démarche à l’Ambassade de la République démocratique du Congo. Le Haut fonctionnaire souligne avoir indiqué à monsieur KATUMBI la procédure à suivre aussi sur internet tout en lui communiquant son numéro de téléphone en cas d’urgence.

Mais tout ceci a eu lieu il y a 4 ans et pas hier. C’est dire que ce passeport est encore valide. Faisons attention aux FAKE NEWS !

ZADAIN

JE RÊVAIS DE REJOUER AVEC ELLE

Le 20 mai 1983 sur le coup de 20h30 l’office zaïrois de Radiodiffusions et de Télévision en sigle OZRT annonce le spectacle théâtral « MOINS HOMME » ou la guerre de six jours par le théâtre africain des Muses.

Le présentateur n’est autre que feu Mutombo Buitshi le géant à la voix gutturale. L’instant est inédit. Une troupe venue de l’intérieur comme on disait, est décidée de marcher sur  Kinshasa en y apportant un autre style de jeu de scène.

La lumière s’éteint. Une pénombre annonce le début du spectacle sous un faible son de musique instrumentale en sourdine.Dans le fond, une femme noire apparaît en robe  de  chambre.

Visiblement sortie du sommeil elle vient ouvrir la porte à son mari blanc ingénieur revenant de la mine de Kamoto où il travaille. Elle se prénomme Claudine et lui, Georges. Les deux forment le couple Suarez, dit mixte .Serge, 10 ans est le fruit de leur union, de cet amour. Alain Suarez frère de Georges arrive fraîchement de Paris le jour même à Kolwezi. Et la deuxième guerre du Shaba dite de six jours éclate.

Toute une famille enfermée au salon pendant les six douloureux  jours où à l’extérieur des crépitements de balles ne présagent aucun espoir de survie. La guerre est atroce. Des morts ne se comptent pas.

Angoisse, anxiété, haine, amour, racisme et amour du prochain sont des sentiments dégagés par les personnages de cette œuvre à succès sous la plume de Cheik FITA dramaturge congolais. Des moments de rire ne sont pas absents.Ils sont souvent produits par le jeu du domestique Ilunga, dernier personnage de la pièce.

Le rôle de l’unique femme du spectacle est magistralement incarné par mademoiselle Jeanine  Yeba Mukadi. C’est d’elle qu’il s’agit ce soir. Quel talent! Quelle beauté ! Physique, artistique et intellectuelle ! S’il est une femme qui m’a marqué de toute ma carrière d’artiste de théâtre c’est elle.

On la remarque éblouissante  tant dans ses répliques que dans ses mouvements d’occupation de scène. D’une voix limpide qui vacille au ton du spectacle et allant crescendo selon les scènes, Jeanine subjugue.De sa voix, elle sait en faire bon usage. Car capable de crier, de hausser et baisser le ton ou de pleurer avec zèle jusqu’à toucher les cœurs des spectateurs. 

Ce soir en direct du studio maman Angebi, toute la République du Zaïre suit notre spectacle. Autant que sa beauté physique, son talent artistique s’impose sur la scène. Jeanine Yeba Mukadi n’a que 24 ans en cette soirée marquant la commémoration de la fête anniversaire du MPR, Mouvement Populaire de la Révolution de triste mémoire.

Vous l’avez compris, les différents chefs d’état et leurs délégations invités à ces festivités  suivent la reine des Muses sur scène. Heureuse coïncidence! La troupe ne fait pas partie des invités. Mais par le talent de ses artistes elle impose respect et admiration.

Surtout, elle séduit le tout nouveau maréchal qui ne manque pas de faire téléphoner et d’en toucher un mot à son commissaire d’état à la culture. Dans la salle le public  très attentif est conquis sans effort.

Sur scène, heureux nous nous admirons les uns les autres. Quant à elle, elle brille par la maîtrise du texte. Quelles que soient les improvisations du domestique, rôle que j’interprétais, Jeanine savait nous ramener  au respect du texte.

C’est ainsi qu’aujourd’hui tous ces souvenirs indélébiles me reviennent comme si c’était hier. Hélas! Il y a 27 ans. Oui il y a 27 ans quand à la fin du spectacle de ce soir là le public du studio maman Angebi en délire se lève pour ovationner les artistes du Shaba.

Succès accompli, marcher sur Kinshasa n’est plus un slogan mais une réalité. Des portes s’ouvrent. L’animateur Lukunku Sampu n’est pas en reste. Il se charge de la promotion du spectacle. 

Jeanine Yeba! Femme de scène, cet hommage  lui est dû. Mais plus loin que ma mémoire parcourt notre passé commun, je nous vois à Likasi chez un autre artiste, où  nous nous rencontrons pour la première fois vers les années 80.

Il est question de  décider de créer un nouveau concept théâtral, celui de réunir les meilleurs  talents du Shaba et  travailler ensemble. Chose faite, deux artistes de Kolwezi Jeanine Yeba et Cheik FITA, Hilaire KATENDE Katsh’Mbika et KAYEMBE Mbuta de Likasi et Zadain KASONGO de Lubumbashi.

L’ossature est montée et le Théâtre africain des Muses est né. De Kolwezi à Likasi en passant par Lubumbashi, nous sillonnons tout le Shaba, aujourd’hui redevenu KATANGA jusqu’à Kinshasa où tout le pays, par le truchement de la télévision nous découvre. A l’époque avoir une actrice capable de supporter le rythme de 3 spectacles par jour pendant des années relevait de l’exploit.

Jeanine l’a fait sans désemparer, pas seulement avec talent mais aussi avec passion et sérieux. Quelle maîtrise!

En 1989 nos chemins se séparent après une tentative de remonter sur les planches avec une autre pièce. Une bourse d’études me conduit à l’étranger.

Quoique devenue madame KALUMBA du fait de son mariage avec monsieur Kalumba Didier, Jeanine n’a jamais abandonné le théâtre. Diplômée de hautes études en arts de scène, mère de famille, elle était cadre au ministère de la culture et des arts du Congo.

C’est avec armes à la main qu’elle a rendu l’âme à la polyclinique BONDEKO de Kinshasa sous les yeux de quelques acteurs. La méningite a eu raison d’elle. Pourtant je rêvais encore  de la retrouver l’année prochaine autour d’un projet des retrouvailles artistiques avec Katende et Cheik Fita. Kayembe étant décédé depuis plus de 10 ans. La famille vient de perdre une de ses brillantes étoiles. Mais moi, je perds ma meilleure complice de scène. L’univers théâtral n’en produit des pareilles qu’une fois tous les siècles. Puisse le Tout-puissant l’accueillir dans son royaume mais surtout susciter d’autres talents. Merci Jeanine !

ZADAIN KASONGO

IL ETAIT UNE FOIS JOJO  NKASHAMA !

Le 24 novembre 2010 l’artiste musicien Jojo NKASHAMA rend l’âme. Hospitalisé aux cliniques universitaires Saint-Luc de Bruxelles depuis le 13 novembre de la même année, l’homme aux multiples talents succombe à ses blessures. Quand dans la soirée de son hospitalisation, un collègue m’apprend par téléphone, le suicide du chanteur, mon sang ne fait qu’un tour. Stupeur totale!

La nouvelle me pétrifie avant de me crucifier dix jours plus tard. Les mots ne viennent pas pour m’expliquer l’inimaginable. Comme scotché à ma chaise par ce que je viens d’entendre, je n’ose y croire. Lui dont toute l’œuvre est puisée dans le terroir du patrimoine culturel luba-kasai, ce geste n’y ressemble guère. Lui qui prêche l’amour, la tolérance et surtout la persévérance quelles que soient embûches et circonstances. Lui qui adore la vie dans sa splendeur. Pourrait-il en arriver là?

C’est pourtant ce que confirme Denise Mukendi proche amie de l’artiste, contactée au téléphone par mes soins. Ton frère est envoûté, me répond- t-elle. Il m’a menacée de mort, m’a planté le couteau dans le dos avant de s’enfermer dans la salle de bain pour se trancher la gorge. Il était ivre, poursuit Denise. Je n’ai eu d’autre choix que d’appeler la police. C’est ce que j’ai fait me raconte-t-elle. Quant au motif exact du drame, l’interlocutrice reste évasive. Ici et là des rumeurs courent bon train. Des plus folles aux plus rocambolesques.

Nous nous refusons à nous en contenter. L’éthique professionnelle oblige! Pendant ce temps, lui, agonise aux soins intensifs de la clinique. En nous y rendant, interdiction formelle nous est faite d’entrer dans sa chambre pour le voir. Ma jeune sœur n’est pas loin. Elle travaille dans le même hôpital. Elle nous rend service deux jours après, en allant au chevet de l’artiste presque mourant. Curieusement ce jour là, l’artiste recouvre l’usage de la parole. Il reconnaît ma sœur, lui parle et se souvient même du mari de celle-ci. Une telle nouvelle a le pouvoir de nous réchauffer les cœurs mais surtout de nous redonner espoir. Des chaînes des prières s’enchaînent.

Tout l’entourage parle de Jojo qui reparle. Un vrai espoir de survie renaît. On croit l’avoir arraché de la mort. Il prévient de s’occuper sérieusement du policier incitateur, une fois guéri .Des projets d’après rétablissement se font. Que n’envisage-t-on pas? On lui promet tout en même temps, l’enfer et le paradis. Pourquoi avait-il osé pareil geste continuent à se demander tous, admirateurs et proches? Question fréquemment posée pendant ces dix jours d’angoisse et de peine. Y-répondre, c’est désigner le coupable. Le mystère persiste. Pendant les deux jours d’espoir, ceux qui ont l’opportunité d’entendre l’artiste confirment qu’il en veut au policier qui l’a poussé au suicide.

Si tu es un homme, vas-y! C’est en ces termes que se serait adressé à Jojo, l’un des policiers arrivés sur le lieu pour soit disant le protéger. Dans un élan, visiblement de grande colère, mais aussi de désespoir, l’artiste serait ainsi passé à l’acte, en se tranchant la gorge. Mais pourquoi? Pourquoi?…Seul jojo pourrait répondre. Dans l’ambulance qui le conduit à l’hôpital, les policiers tentent difficilement de calmer l’hémorragie. Les jours passent. Il est toujours dans le coma. Il ne parle plus. Mais les siens y croient encore jusqu’au bout. Cliniquement l’espoir s’amenuise. Seul Dieu détient la vérité. L’attente est vaine. Ce soir du 24 novembre, l’irréparable arrive. Jojo NKASHAMA se tait pour toujours. Il ne parlera plus. Il ne chantera plus. Les yeux définitivement  fermés, la respiration artificielle interrompue, à bout de souffle il rend son souffle.

La nouvelle se répand dans la communauté congolaise de Belgique. De bouche à oreille, les téléphones sonnent de partout entre congolais, frères, amis, connaissances et sympathisants. Un comité restreint se constitue pour organiser le deuil de l’artiste. Un message de cotisation est lancé. Les donneurs ne se font pas prier. C’est à l’église Épiphanie, située à Evere, commune bruxelloise que le rendez-vous du dernier concert de Jojo est fixé. Mais il n’y chantera pas. Ce sont les autres qui chanteront pour lui en sanglots. Car pleurer un mort c’est se pleurer aussi chantait-il si souvent. En ciluba, l’expression a d’autres saveurs plus croustillantes. Lui seul savait les ressortir. Il n’est plus là pour pleurer en chantant comme il savait le faire. Mais qui d’autre pourrait pleurer le pleureur ?

En cette matinée du 03 décembre 2010, l’église est pleine. Amis, mélomanes, sympathisants et anonymes suivent, larme à l’œil, le serment des deux prêtres de Kananga. Devant l’autel, le cercueil de l’artiste à côté duquel une guitare orne le triste décor. Ses amis Journalistes sont présents pour un dernier reportage de et sur l’artiste. Caméra à l’épaule je prends témoignage du dernier spectacle de la star. Celui-ci (spectacle) est d’autant pathétique que je ne peux retenir des larmes. Roger Diku, journaliste, immortalise l’événement en prenant des photos non sans essuyer des larmes entre différentes prises. Le concert des pleurs s’étouffe dans la foule éplorée. L’officiant du jour rappelle les qualités, les talents mais surtout la passion de l’artiste pour la musique.

Le rescapé de la mort des troubles des étudiants du campus de Lubumbashi vient de rencontrer la mort à Bruxelles dans des circonstances difficiles à comprendre. Avant la fin du culte funéraire Jo MUTANGA président d’ARKOC(Association des ressortissants du Kasai occidental) dans une intervention sobre prend la parole pour retracer le parcours scolaire et artistique de Jojo NKashama. Né à Kananga le 14 Avril 1965 Georges NKASHAMA Tujibikila wa Mpinda alias Jojo a étudié à Kamilabi chez les prêtres catholiques où il a commencé la musique à l’âge de 6 ans.

Ses études universitaires au campus de Lubumbashi à la faculté de droit tournent court suite aux troubles de 1990.Il sied de souligner que son passage à Kamilabi a beaucoup contribué à son talent musical. Au moment où nous nous apprêtons aujourd’hui à l’accompagner à sa dernière demeure, rassure le président d’ARKOC, un contrat a été signé pour sa participation l’été prochain au festival de la communauté française de Belgique.

La lecture d’un courrier émanant de son frère aîné installé en Afrique du Sud met fin aux spéculations et rumeurs fantaisistes sur la vie du défunt. L’accent y est mis autant sur son amour pour l’art d’Orphée que pour son mariage en gestation. Ballotté au gré des circonstances défavorables du régime en place, Jojo parvient à quitter le pays cher à Mobutu. Sa rencontre avec Tshala Muana la reine de mutuashi en est déterminante. Il écrit des chansons et les confie à celle-ci qui les publie. Malu, Ngoma yanyi, Nyoka wa bulanda, dinanga, Mwamba et bien d’autres sont des tubes à succès qui consacrent la notoriété de l’artiste dans l’ombre de la virtuose. C’est en Belgique que le grand public découvre l’auteur compositeur, guitariste, claviériste, chanteur et danseur Jojo NKASHAMA. Quel phénoménal artiste sur scène! Qui chante et danse tout en égayant son public en plus, par un humour décapant.

Les trémoussements de ses hanches en ressorts, les balancements acrobatiques de ses jambes, la cadence de ses mouvements sur scène, le rythme et la thématique de ses chansons en font le meilleur de sa génération. Il n’est plus. Quatre hommes soulèvent son cercueil. Sous le concert des cris des mamans pleureuses de Kananga, ils l’évacuent de l’autel pour le corbillard en direction du cimetière d’Evere. Ceux qui n’y croyaient pas encore, commencent à croire. Le prêtre bénit encore le défunt pour la dernière fois avant de le porter en terre. Le clairon retentit et accompagne l’artiste sous terre. Pleurs, douleur, chagrin ne changent rien à la triste réalité.

Notre artiste adulé ne chantera plus.

Il s’est définitivement tu.

Lui qui parlait en chantant,

Qui chantait en parlant.

Le poète s’est tu.

Il avait le verbe haut,

Le goût du beau

La verve d’artiste,

La rigueur de styliste

Tout le talent de muse

Pour taquiner la muse

Et réussir en beauté.

Mon chanteur ne chantera plus.

Il s’est définitivement tu

Il chantait mélodieusement bien,

Dansait admirablement bien

Jouait merveilleusement bien:

Guitare, synthétiseur, tam-tam,

Batterie et, en un mot, tous les instruments de musique. Véritable don du Ciel !

Dans son ciluba raffiné, Ndemba, Dimbelenge, autres lieux de chez nous ou d’ailleurs pouvaient ressembler au paradis tellement il y mettait de la poésie quand il en vantait la beauté. Le poète s’est tu! Il ne chantera plus! Qui d’autre portera aux nues les Bena Kalambayi avec autant de zèle que lui. Le poète s’est tu. Il ne vantera plus dibindi, bakwanga, Bakwa Mulumba et Bakua Luntu qu’il chérissait tant. Le poète s’est tu. Il s’est allongé pour toujours. Il s’en est allé chanter ailleurs. Sûrement au festival des anges. Il nous attriste, lui qui consolait les affligés, les malades, les déprimés et les opprimés. La diaspora congolaise de Belgique pleure encore son chantre de la culture luba. Le poète s’est tu !

De Tshala Muana à Lelimba ses compagnons de scène, la perte est immense. Adieu Maestro !


Zadain KASONGO 

Faustin Twagiramungu : Les Banyamulenge, de la pure fiction ! [Interview]

Faustin Twagiramungu ancien Premier ministre et candidat malheureux aux dernières présidentielles du Rwanda avait daigné s’expliquer en son temps sur la problématique Banyamulenge. Dans les lignes qui suivent, Il ne se limite pas à accuser. Mais il démontre que l’histoire des Banyamulenge ne relève que de la pure fiction. Des noms sont cités pour illustrer ses dires empreints de franchise et d’honnêteté. Licencié en sciences politiques, l’homme a une maîtrise en Relations internationales de l’Université Mc Gill du Québec à Montréal (Canada). Condamné à l’exil pendant longtemps en Belgique, il y a aiguisé ses armes de ténor de l’opposition contre le régime de Kagame. C’est à ce titre là que nous l’avions rencontré pour réaliser cette interview bien avant qu’il décide de retourner dans son Rwanda et se présenter aux élections présidentielles qu’il a du reste ratées lamentablement. D’aucuns se demandent si ça n’a pas été un arrangement avec son ennemi d’hier. C’est quand même étonnant qu’un hutu ait été ainsi laminé et rejeté de ses pairs. Redécouvrons Faustin Twagiramungu dans cet entretien quelque peu réactualisé, et que nous sortons des tiroirs pour des besoins circonstanciels.

Q : Comment réagissez-vous face à ceux qui pensent que l’invasion de l’Est du Congo par le Rwanda est Une guerre de race ?

F. Twagiramungu : Oui. Une guerre de race, il faudrait même ajouter que c’est une guerre de race imposée. Ce ne sont pas des Congolais qui l’ont imposée mais plutôt des Rwandais. En plus, ce ne sont pas des Rwandais que l’on connaissait avant 1990. Ce sont des Rwandais venus de l’Ouganda. Ils ont imposé aussi au Rwanda une guerre de race entre les Hutus et les Tutsis. Je continue à l’affirmer, du temps de Habyarimana ce conflit entre les deux ethnies commençait à disparaître petit à petit. Malheureusement certaines personnes, c’est à dire des Rwandais qui s’étaient réfugiés en Ouganda ont tenu à s’en servir pour leurs intérêts personnels en présentant au monde un conflit qui n’en était pas un. Actuellement ce même problème a été exporté au Congo. On parle de guerre d’ethnie et de race, des Hutu et des Tutsis. C’est quand même curieux qu’on invente aujourd’hui le phénomène Tutsi à l’intérieur du Congo. Je ne connais pas, à mon âge, un pays qui a pu héberger des Rwandais comme le Congo. Les réfugiés rwandais ont inventé la guerre dans l’Est du Congo notamment dans le Masisi, nous en avons des preuves. Tout cela pour que le monde pense qu’il y a un problème entre les Tutsis et le Congo, le problème de nationalité. Soyons sérieux, on ne doit pas prendre des armes pour demander la nationalité. Il y a des instances internationales qui auraient pu aider ces Rwandais congolais à acquérir cette nationalité sans passer par la violence. En conclusion, sans me répéter, cette guerre de race a été imposée aux congolais.

Q : Des origines des Banyamulenge, qu’en savez-vous ?

F. Twagiramungu : Avant que je ne lise les journaux en novembre 1996, lorsqu’on parlait des banyamulenge qui se seraient révoltés contre le pouvoir central, j’ai été surpris. Parce que moi étant enfant, j’ai connu les banyamulenge. La plupart des gens qui s’appellent banyamulenge venaient même de ma région, donc de Cyangugu. Ils conduisaient leurs vaches et allaient faire leurs aventures dans les pâturages congolais. Alors ils allaient aux alentours des collines appelées « Mulenge ». Je les voyais venir chez mon père des temps en temps quand ils allaient se faire soigner à l’hôpital de Mimilizi pas loin de Cyangugu. Alors quand j’ai appris leur supposée révolte, je me suis aussi révolté. Car, je ne comprenais pas comment ils pouvaient quitter ces collines et s’éparpiller à travers tout le Congo et surtout occuper les régions de Goma, de Bukavu etc… Les Banyamulenge pour moi, c’est une entité inventée par les Kagame et consort afin de tromper l’opinion occidentale, les occidentaux qui ne connaissent pratiquement pas cette région-là. Et ces derniers vont jusqu’à inventer que les Banyamulenge seraient là depuis quatre siècles, qu’ils seraient à peu près un demi-million ? Alors que pour moi ils ne dépasseraient même pas quarante mille personnes. Je continue toujours à défendre que les Banyamulenge ne sont pas des congolais qui doivent engager des combats contre le peuple congolais. Ce sont des Congolais qui peuvent acquérir la nationalité comme tant d’autres. Mais de là à prendre des armes, c’est servir les intérêts de monsieur Kagame. Ce dernier n’est pas seul. Il est avec monsieur Museveni. Et les deux, j’imagine servent les intérêts de certains pays occidentaux, il faut l’affirmer.

Q : Mais avant l’arrivée de Kagame au pouvoir, nous avions aussi entendu parler des Banyamulenge. Vous semblez dire que c’est un phénomène inventé par Kagame et les siens. Pouvez-vous donner des précisions ?

F. Twagiramungu : Je crois l’avoir précisé dans mon développement. J’ai bien dit qu’avant Kagame et avant l’invasion du Congo, les Banyamulenge existaient au Congo.

Q : Etaient-ce des Tutsis rwandais ou des congolais à morphologie tutsie ?

F. Twagiramungu : Ecoutez ! C’est en fait une question pertinente. Si ces gens se sont établis au Congo, à mon point de vue, je les qualifie de Tutsis congolais.

Q : Mais d’origine rwandaise ?

F. Twagiramungu : Bien entendu. Et d’ailleurs comme je vous le disais, je sais dès mon jeune âge qu’il y a des Rwandais qui quittaient Cyangugu pour aller s’installer dans cette région de Mulenge et qui sont donc devenus congolais

Q : Automatiquement par voie de fait ?

F. Twagiramungu : Bien entendu. Mais il y a un élément que les gens ignorent et c’est peut-être le plus important. Les réfugiés rwandais qui ont quitté le Rwanda en 1959 forment aujourd’hui et je le souligne, plus de 60% de ces gens qu’on appelle Banyamulenge. Nous en avons des preuves. Parce que nous les connaissons. Ce sont des gens qui habitaient avec nous sur les collines. Qu’ils s’improvisent aujourd’hui congolais jusqu’à réclamer même le pouvoir congolais c’est extraordinaire. Ça m’étonne beaucoup. Tenez ! Je vais vous donner un bête exemple : monsieur Bisengimana Rwema, ce monsieur-là est de Cyangugu. Il est de la paroisse de Shangi. Il a fait des études au Rwanda. Il a continué ses études supérieures à l’Université de Lovanium à Kinshasa. Après sa formation universitaire au Congo, il est revenu au Rwanda réclamer du travail qu’il n’a pas eu. Il est retourné au Congo. Vous savez vous-même quelles fonctions il a occupées. S’il était encore vivant, il se serait fait passer aussi pour un Congolais. C’est ça qu’il avait fait de son vivant, ce n’est un secret pour personne. Et pourquoi ? Avait-il acquis la nationalité ? Peut-être. Mais de là à dire qu’il est originairement congolais, c’est un mensonge. Prenez le cas de beaucoup d’autres Congolais sur lesquels les congolais eux-mêmes se sont largement trompés tels que les Gaiga, et d’autres que je ne citerai peut-être pas.

Q : Pourquoi ne les citeriez-vous pas ?

F. Twagiramungu : Écoutez ! La plupart vous les connaissez. Un homme comme Mitsho qui s’est fait appeler Miko pour s’accommoder aux congolais est un Rwandais par excellence. C’est quand-même extraordinaire que les congolais se fassent voler un pays-continent par un groupe d’individus, des Rwandais qui se nomment Banyamulenge, ces pauvres pasteurs qui ont quitté le Rwanda, qui se sont installés au Congo où ils ont bénéficié de toutes les protections, de toute la sécurité de la part des autorités et du peuple congolais et qui réclament maintenant la prise totale du territoire congolais. Ce n’est pas normal. Il y a quelque chose d’illogique. Nous ne pouvons pas accepter que les occidentaux se servent des menteurs pour inventer une histoire afin qu’ils continuent l’exploitation du Congo. Nous ne pouvons pas l’accepter, je ne suis pas congolais. Mais j’ai beaucoup d’amis congolais et j’aime le Congo parce que c’est un pays voisin que je connais depuis mon jeune âge et que je préfère fréquenter. Alors vous comprenez mon indignation quand je constate que certains de mes compatriotes racontent des mensonges et trompent l’opinion internationale sur l’affaire des Banyamulenge, nous ne pouvons pas l’accepter. Je vais vous donner un petit exemple qui n’est peut-être pas nécessaire dans cette analyse-là, c’est le cas d’un Rwandais qui est en Belgique et qui s’appelle Ndoba. Savez-vous que ce monsieur-là est Congolais ? Il est arrivé en Belgique en tant que Congolais. Avec les événements du Rwanda, il est redevenu Rwandais. Aujourd’hui, il plaide la cause des Rwandais et même des Banyamulenge. Moi j’ai connu son père qui était sous-chef chez-nous. Il est de retour au Rwanda venant de la région de Mulenge, il s’appelait Mwenyamulenge. Alors ses cousins qui sont restés là continuent à s’appeler Banyamulenge. Vous conviendrez avec moi qu’on ne devra pas continuer avec cette confusion. Au besoin ce problème doit être analysé au niveau du tribunal international. On ne peut pas se bercer et dire tous on est des Banyamulenge. Il faut que des vrais banyamulenge soient connus. On ne doit pas se servir d’un peuple comme les banyamulenge pour prendre le territoire congolais.

Q : Quelle région du Rwanda est limitrophe de celle de Mulenge ?

F. Twagiramungu : Vous avez la prolongation de Mulenge avec le Bufulero. Là, il y a la commune de Bugarama frontalière avec la région de Bufulero qui descend jusqu’à englober Mulenge où vivent aussi des Babembe. Disons que la région la plus proche serait une région burundaise, pas très loin de Bujumbura. Je ne suis pas très loin de Bujumbura car je n’habite qu’à 90 Km de là. La région de Banyabugarama, celle de Bafulero, de Bujumbura et de Mulenge c’est la même région. On ne peut pas nous tromper. Personne ne peut venir raconter des histoires sur les Banyamulenge que nous ne connaîtrions pas du tout.

Q : A votre avis, les Banyamulenges qui se réclament aujourd’hui congolais et qui revendiquent tout ce que nous savons, sont-ils essentiellement d’origine tutsie ou Hutue ?

F. Twagiramungu : Ceux qui réclament sont d’origine tutsie. Ceux qui seraient d’origine hutue, même s’ils sont banyamulenge, sont toujours rejetés et je sais qu’il y en a. Mais on ne les accepte pas. C’est là où la situation est très grave. Parce que l’idéologie kagamiste et compagnie est purement raciste. Elle (idéologie) consiste à toujours dire que les tutsis sont victimes, il faut que la communauté internationale leur donne des armes pour se protéger. Pourtant personne ne chasse ces gens-là. Au Rwanda, j’imagine que la situation aurait trouvé une issue heureuse si les gens n’avaient pas manipulé l’élément raciste. Et comme cette situation raciste leur donne facilement accès au pouvoir en anéantissant des milliers des personnes, ils vont toujours continuer avec la même histoire au Congo. Ils causent des situations douloureuses dans le Masisi, dans le Sud-Kivu et veulent continuer dans le Katanga notamment à Moba prochaine ville visée en prenant prétexte que le roi Musinga après avoir été chassé du Rwanda par les Belges, s’est installé à Moba. Il y aurait laissé des Banyamulenge, donc cette ville leur reviendrait et partant toute la région du Katanga. C’est quand-même un phénomène extraordinaire qu’il faut absolument combattre. C’est du racisme. Nous n’avons pas d’autres analyses. Nous n’avons d’autre choix que de le combattre. Parce que ceci peut nous amener à une sorte d’apartheid à la rwandaise ou à l’africaine et nous ne l’accepterons pas.

Q : Pensez-vous comme Pasteur Bizimungu, alors président du Rwanda, qui lors d’un sommet des Chefs d’États d’Afrique et de France à Paris, disait qu’il faudrait revoir les tracés des frontières, c’est-à dire remettre en question la Conférence de Berlin de 1885.

F. Twagiramungu : Non. Je crois que monsieur Bizimungu est un homme tout à fait apolitique. J’ai eu l’occasion de travailler avec ce monsieur là quand il était sous mes ordres pendant trois ans, je n’en dirai pas davantage. Mais réclamer les frontières qui existaient bien avant 1885 lors de la Conférence de Berlin, c’est franchement une aberration. Ce n’est pas possible qu’au-delà d’un siècle et plus des gens viennent modifier ce qui ne doit pas l’être. Que deviendraient le Cameroun, le Tchad, le Congo et tous les autres ? Devraient-ils revoir aussi leurs frontières ou bien doit-on le faire uniquement parce que le Rwanda est supposé lésé ? Et curieusement pourquoi est-ce que monsieur Bizimungu qui travaillait sous les ordres de Kagame et en particulier de Museveni, il faut le préciser, ne réclamait pas la région du Rwanda qui s’appelle Bufumbira qui se trouve à l’intérieur de l’Ouganda aujourd’hui ? Pourquoi ces gens ne réclament pas la région d’Ankole d’où vient Museveni lui-même qui faisait partie intégrante du Rwanda ? Les habitants de Bufumbira, les Bagandais c’est à dire Ougandais les appellent des Rwandais. C’est une région frontalière avec Ruwengeri, pourquoi ne réclame-t-on pas ça avant d’aller réclamer les régions congolaises ?

Q : Vous voulez dire que c’est une partie du Rwanda qui a été prise par L’Ouganda ?

F. Twagiramungu : Non ! Elle a été prise lors de ce fameux partage de Berlin. Ce sont des rwandais qui sont là. Ils parlent notre langue et dans la classification des tribus ougandaises, les gens qui habitent cette région sont de la tribu Benyarwanda donc des rwandais. Alors, je me demande pourquoi monsieur Bizimungu prétendument politicien ne commencerait pas par réclamer ce territoire à monsieur Museveni plutôt que d’aller se battre au Congo au-delà de 1000 Km où il n’y a même pas un grain de poussière du territoire rwandais. L’objectif n’est pas celui-là. Je crois que monsieur Bizimungu est utilisé par les forces du mal qui sont au Rwanda. Personnellement ce n’est pas pour le dénigrer mais je ne sais pas s’il comprend ce qu’il dit. Sur le plan international, envisager de revoir le tracé des frontières qui existaient avant 1885 équivaudrait à dire que les américains doivent revenir et donner le continent aux peaux rouges et puis les Australiens etc…Nous devons vivre en paix et respecter l’intangibilité des frontières des autres pays. C’est l’essentiel. Le Rwanda peut vivre mieux en respectant les frontières du Congo et de tous ses autres voisins. Le reste, ce sont des histoires chimériques.

Q : A votre avis, pourquoi Kagame et ses affidés s’acharnent-ils à récupérer une partie du Congo ?

F. Twagiramungu : Il y a d’abord une ambition personnelle. Il trouve qu’aujourd’hui la conquête est devenue facile. Il faut tuer et savoir mettre ses morts sur le dos des autres et continuer la bataille. Kagame trouve que c’est facile, il a massacré 200.000 personnes. Et il n’a jamais été inquiété pour cela. Personne ne le qualifie de génocidaire. On est en train de courir après l’ex-dictateur Pinochet pour 3000 personnes. Kagame a accepté lui-même en juillet 1997 qu’il a massacré 200.000 personnes, qu’il a chassé Mobutu du pouvoir. Curieusement là, le silence est absolu. Pourquoi ? La question reste posée. Revenons à la question de savoir pourquoi Kagame réclame le territoire congolais, à mon avis, c’est d’abord une ambition personnelle. Mais ça cache autre chose. Il ne faut pas se gêner de dire que la partie occupée est une région riche. Compte tenu de cela, ce monsieur voudrait s’en approprier et ça lui permettrait bien entendu l’exploitation d’autres régions non réclamées historiquement.

Q : Pensez-vous réellement que Kagame et compagnie prendraient un jour tout le Congo ? Ma question n’est pas anodine parce que vous avez dit, lors de votre voyage au Congo en 1995, que vous aviez eu des contacts avec certains Congolais et vous leur aviez prédit ce qui se passe actuellement. A l’époque ils ne vous avaient pas compris. Avez-vous le sentiment que l’objectif ultime de Kagame est de prendre tout le Congo ?

F. Twagiramungu : Je pense que si les congolais ne s’organisent pas, Kagame prendra le Congo. Pourquoi ? C’est un problème d’alliance aujourd’hui. Si monsieur Kagame continue à flirter avec les américains qui vont lui fournir des armes tout en neutralisant les Angolais qui soutiennent Kabila. C’est un problème d’intérêt. Qui peut assurer que l’exploitation du Congo se fasse sans entraves ? Monsieur Kagame peut enrichir ses frères et cousins tout en exploitant le Congo en assurant peut-être une sécurité pendant une quinzaine d’années pourquoi pas, je ne vois pas de raison. Mais alors à très long terme. Il risque beaucoup. Parce que je suis sûr que les Congolais vont s’organiser et combattre Kagame jusqu’à le bouter hors du Congo. Ceci se fera. Mais si les congolais ne font pas attention, je ne vois pas pourquoi Kagame ne prendrait pas tout le Congo. D’ailleurs en commençant par Kitona, Matadi et autres coins de l’Ouest du pays, n’eut été l’intervention de l’Angola et du Zimbabwe, ne croyez-vous pas que le Congo serait déjà pris ? Je pense que oui, de mon point de vue. Et par qui ? Par James Kabarebe envoyé de Museveni et Kagame. Je crois que si on ne fait pas des alliances, si le congolais lui-même ne se réveille pas pour combattre les envahisseurs, il y a des risques que ce pays puisse être partagé entre les aventuriers de toutes sortes. C’est pourquoi d’ailleurs je déplore le fait que les anciens mobutistes croient que les alliances qu’ils font avec Kagame peuvent durer longtemps. Ils se trompent. Je crois que ce que Kagame fera une fois la victoire réalisée sera de les éliminer l’un après l’autre. Et ce sera un coup terrible. Je crois fermement que les congolais ont un devoir absolu de s’organiser eux-mêmes et de combattre les envahisseurs. S’ils ne le font pas, ils seront battus et le pays sera déchiré en petits morceaux. L’Ouganda et le Rwanda continueront paisiblement leurs exploitations. Je crains fort que les Burundais qui sont au pouvoir aujourd’hui puissent réclamer aussi une part. Ça peut durer une quinzaine d’années, je vous assure. Tenez ! Savimbi a exploité un territoire à l’intérieur de l’Angola, pourquoi est-ce que les autres ne le feraient pas ? Toujours sous le parapluie de mensonge des banyamulenge. Telle est ma réponse à votre pertinente question.

Q : Au fait si je vous ai bien compris, les banyamulenge, ce n’est qu’une fiction ?

F. Twagiramungu : Quoi d’autre puis-je ajouter à cela ? Comme je vous l’ai dit, moi tel que je connais ces gens, ce que je viens de vous dire, c’est ce que je connais, je ne l’ai pas lu. Je ne peux pas croire un seul instant que les vrais Banyamulenge puissent prendre les armes pour s’emparer du pouvoir au Congo. Ces gens-là sont utilisés par ceux qui veulent exploiter ce pays. Mais retenez ceci : Dans cette fiction, c’est surtout les rwandais qui ont quitté leur pays en 1959 et en 1963 qui se transforment en banyamulenge congolais parce qu’ils savent que le contrôle est relaxe. On les connaît. Et j’imagine que vous-même, vous les connaissez. Mais les pauvres banyamulenge, ces pasteurs qui courraient après leurs bêtes, je ne crois pas qu’il soit temps pour eux de prendre les armes et réclamer le pouvoir central. Tout au plus ils peuvent réclamer pacifiquement la nationalité et pas aller au-delà des centaines de kilomètres pour prendre le pouvoir. En bref il y a des voleurs qui poussent les banyamulenge. Et ces voleurs de pouvoir, les Congolais doivent savoir les chasser eux-mêmes.

Q : Et James Kabarehe ou Kabarebe est-il un mwenyamulenge ?

F. Twagiramungu : Oui bien entendu c’est ce que Kagame a affirmé sans honte devant un journaliste de Washington Post au mois de juillet 1997.C’est incroyable ! Ce jeune monsieur je le connais. Il s’appelle Kabarebe et non Kabarehe comme il l’a fait croire aux congolais. C’est un nom d’Ankole. Lui, c’est un Rwandais. Il est né dans cette région de l’Ouganda. Il parle notre langue. Je l’ai rencontré pendant les 13 mois que j’étais aux affaires au Rwanda ; je m’entretenais avec lui. Pour des raisons que vous connaissez, ils l’ont appelé Kabarehe afin de créer une confusion entre les congolais qui portent ce nom, il y en a beaucoup surtout chez les Bashis et tirer la conclusion qu’il s’agit là d’un mwenyamulenge, c’est trop facile. Kagame avait dit qu’il s’agit d’un mwenyamulenge de Masisi. On n’a jamais vu de banyamulenge à Masisi. Un Occidental, Américain particulièrement qui lit la déclaration de Kagame, il y croit profondément. Il croit que ce dernier dit la vérité et que monsieur Kabarebe est un congolais qui combat pour récupérer sa nationalité. On ne peut pas continuer à utiliser le mensonge, à obnubiler l’esprit des occidentaux qui fournissent des armes à ces aventuriers pour prendre le territoire des autres en racontant des mensonges. Je ne cesserai de le répéter, je ne peux pas accepter que des gens se servent de mon pays pour aller conquérir d’autres pays. Sur ce principe, moi-même je suis prêt à me battre. Ces gens se battent tout en sachant pertinemment bien qu’ils sont Rwandais. Il n’y a que les congolais qui les acceptent des temps en temps pour dire que ce sont des banyamulenge. Ils ont créé une réelle confusion dans l’esprit des congolais, même vous aujourd’hui vous hésitez. Vous vous demandez si Kabarebe est réellement rwandais ou mwenyamulenge ? C’est une confusion totale. Quand ils ont échoué à Kitona et Matadi, ce monsieur est retourné tranquillement au Rwanda. Nous avions reçu des informations, à l’époque, selon lesquelles il serait tué. Je n’en étais pas très sûr. C’était de l’intox. Je sais que quand je suis arrivé à Kigali, on m’a attribué la résidence qu’il occupait. Vous comprenez que je n’invente rien. C’est la preuve la plus authentique que je connais bien James Kabarebe. C’est lui qui m’envoyait la garde chaque semaine. Je causais avec lui chaque semaine.

Q : Qui était-il à ce moment-là ?

F. Twagiramungu : Il était commandant de ce que nous appelions la garde républicaine du Rwanda. C’est lui qui était chargé de mettre des soldats à la disposition du président, du vice-président et du premier ministre pour assurer leur garde. Ça me surprend que ce monsieur prenne l’avion pour aller dire qu’il est Congolais. On ne peut pas tolérer ce genre de mensonge pour que des gens se fassent piétiner, qu’on tue des pauvres paysans, etc…

Q : Mais toutes ces vérités, pourquoi les gardiez-vous ?

F. Twagiramungu : Je ne les garde pas je suis entrain de vous les livrer.

Q : Oui mais c’est seulement aujourd’hui que vous les livrez !

F. Twagiramungu : Que voulez-vous que je fasse ?

Q : Pourquoi n’êtes-vous jamais passé sur le plateau de télévision pour expliquer tout ça. Vous parlez si clairement et si librement qu’on se rend compte que vous maîtrisez la situation.

F. Twagiramungu : Quel plateau de télévision ? Les journalistes d’ici préfèrent leurs experts français, belges et américains à Faustin Twagiramungu. Moi, évidemment, ça m’agace quand je vois ces occidentaux discuter des affaires de mon pays alors que je suis ici. Ça me fait très mal au cœur. Je ne peux pas comprendre que quelqu’un puisse prétendre connaître mon histoire plus que moi. Ça m’énerve. Je préférerais qu’il y ait un débat avec des gens du FPR [Front Patriotique Rwandais, le mouvement insurrectionnel tutsi de Paul Kagame qui s’est emparé du pouvoir par les armes après les assassinats des présidents rwandais Juvénal Habyarimana et burundais Cyprien Ntaryamira ; NDLR] qui sont ici et aussi avec ces prétendus experts qui défendent le F.P.R.

Q : Seriez-vous prêt à en découdre avec eux sur un plateau de télévision ?

F. Twagiramungu : Bien entendu ! Pourquoi pas ? J’ai lu l’interview que vous avez accordée à l’ambassadeur du Rwanda en Belgique. Soyons honnêtes, il n’a pas voulu avouer qu’il était Congolais. Il est redevenu rwandais après la victoire du FPR. Je sais qu’il ne peut pas modifier car je sais comment nous l’avions nommé ambassadeur. Je reste radical. Les congolais doivent demeurer plus agressifs en ce qui concerne leur territoire. Les Rwandais qui veulent rester au Congo devraient essayer de travailler avec les Congolais pour qu’il y ait la paix dans cette région.

Q : A vous entendre dire tout à l’heure que vous invitez les congolais à récupérer leur territoire et à combattre le mensonge, n’étiez-vous pas choqué de voir à la télévision lors de la fameuse guerre de rébellion, des Congolais brûler certaines personnes, les traîner longtemps par terre et les jeter dans des cours d’eau tout simplement parce qu’ils les considéraient comme des Rwandais ?

F. Twagiramungu : Vous voulez parler de ce qu’il s’est passé dernièrement à Kinshasa. Il y a des choses qu’il faut considérer. Il y a d’abord la bataille entre les soldats eux-mêmes, et la bataille entre la population et les infiltrés. Le deuxième cas est un phénomène plutôt psychologique. On ne peut pas croire un seul instant que si quelqu’un vient vous tuer, tuer votre président et occuper votre territoire vous vous laisserez faire. La réaction est peut-être sauvage. Mais dans certains cas, j’imagine qu’il faut essayer de l’interpréter et de la comprendre (la réaction). C’est absolument essentiel que ça ne se fasse pas de façon étendue. Je crois qu’en cas d’auto défense certaines personnes qui attaquent, doivent faire attention.

Q : Ne pensez-vous pas vous attirer des ennuis de la part de vos compatriotes qui vous entendraient réagir de cette façon et sur ce ton-là ?

F. Twagiramungu : Quels ennuis ? Les voleurs doivent être punis. Il n’y a pas d’autre langage. Ce n’est pas ce genre de vocabulaire qui puisse m’effrayer. Je ne veux pas qu’on me traite de révisionniste de négationniste. Je ne suis pas de l’idéologie occidentale. Je vois les affaires africaines avec un œil africain. Le négationnisme et le révisionnisme ne répondent pas à notre idéologie. Ce sont des analyses politiques que des gens font ici et qui répondent à l’idéologie occidentale. Chez-nous en Afrique, un voleur qui veut vous tuer, vous arracher votre bien ou votre enfant, la punition est connue. Il y a des circonstances où l’on ne peut pas faire justice, où les gens se font eux-mêmes justice. C’est très regrettable. Mais c’est comme ça. Ceux qui attaquent, souvent veulent d’ailleurs que ces scènes apparaissent pour qu’ils trouvent la raison d’accuser l’agressé ou la victime. Ne le savez-vous pas ? Ils trouvent des raisons pour dire qu’on les a sauvagement tués et par conséquent ils doivent se défendre. C’est ce qui est arrivé. Dans d’autres mots : les gens sont provoqués et cette provocation engendre des réactions douloureuses et regrettables.

Q : Tout au début, vous avez dit que Kagame a personnellement reconnu avoir tué un certain nombre des rwandais. Il aurait reconnu certains massacres et tous ses abus. Mais personne ne l’attaque ni ne l’inquiète comme on l’a fait à Pinochet et à Fidèle Castro. Et vous-même qu’avez-vous fait à Kagame ? C’est à vous de porter plainte contre ce monsieur que vous qualifiez de génocidaire. Je ne parle pas seulement de vous individuellement mais des Rwandais lésés en général. Soit dit en passant, les Congolais l’ont fait contre Kabila lors de son dernier passage en Belgique et en France.

F. Twagiramungu : Les Rwandais aussi l’ont fait à maintes reprises. Ils ont même manifesté quand Kagame était en Belgique. Mais ça n’a pas donné gain de cause. Je crois que monsieur Kagame jouit d’une certaine crédibilité sur le plan international puisque les gens ne le connaissent pas assez. C’est dommage ! Et même quand il se déclare comme étant violent, personne ne prête l’oreille à ce qu’il dit. Il a donné plusieurs exemples pour démontrer qu’il a des capacités de nuisance et de violence extraordinaires qui dépassent de loin celles de monsieur Pinochet. Revenons tout simplement à l’assassinat de monsieur Juvénal Habyarimana, quelle hypothèse voudriez-vous encore qu’on puisse adopter ? Des extrémistes qui l’auraient tué ? Je ne crois pas. Monsieur Kagame devrait endosser la responsabilité entière de l’assassinat de deux présidents Habyarimana et le burundais Ntaryamira. Une fois de plus, c’est un silence assourdissant autour de ces deux morts quoique toutes les preuves soient réunies pour que ce monsieur-là soit traduit devant les tribunaux. D’autre part, lui-même a avoué avoir confectionné le plan d’attaque des camps de réfugiés et que tout ce qui s’est passé au Congo en 1996 et en 1997 tombe sous ses responsabilités. Mais la communauté internationale ferme les yeux, comme je l’ai dit plus haut. Et c’est comme si elle nous lançait un défi en disant : les hutus ce sont des génocidaires, ils méritent d’être punis n’importe comment. Les Tutsis ce sont des victimes, ils doivent se défendre toujours en tuant. Ce n’est pas normal.

Q : Revenant au dossier « Banyamulenge », pensez-vous que la main mystérieuse pour ne pas dire la main noire de Museveni reste toujours présente ?

F. Twagiramungu : Oh là là ! La main cachée de Museveni est toujours là. Museveni a fait ses stratégies à long terme. C’est là, je crois, son point fort. Car il planifie. L’africain en général ne planifie pas. C’est là toute la différence avec les autres. Museveni sait pertinemment bien ce qu’il va faire dans les cinq ans à venir. Les autres ne le savent pas. Ils travaillent au jour le jour. Museveni et ses compagnons avaient bien ce plan de conquérir le Rwanda, y créer des contradictions internes, rebondir et sauter sur le Congo et faire la même chose. On a utilisé les réfugiés rwandais pour le Rwanda, on devrait utiliser les banyamulenge pour le Congo. Cela a tenu et jusqu’à aujourd’hui ça tient encore. Museveni est toujours là. Il exploite les mines de diamant aux alentours de Kisangani et poursuit son avancée militaire tant au sud qu’au nord du Kivu et à l’intérieur de la région du Haut-Congo.

Q : Quelle solution préconisez-vous pour mettre fin à cette fiction ?

F. Twagiramungu : Je crois qu’il appartient aux congolais de trouver une solution. Moi je ne pourrai pas. Il faut faire un recensement et déterminer qui est qui ? et qui n’est pas mwenyamulenge ? Ceci n’est possible que dans des circonstances pacifiques. Pour l’heure, c’est très compliqué. Car, ils risquent de déverser des gens venus de l’Ouganda et même des Rwandais authentiques dans des régions du Congo. Ils les appelleront Banyamulenge. Ils les présenteront devant la presse internationale comme tels. Personne ne contredira. Ceux qui oseront riposter seront assassinés. C’est ce qu’on fait aujourd’hui. Alors là je crois que le Congo est en train de perdre, si pas la totalité, mais une bonne partie de la région du Nord et du Sud Kivu sous des arguments de récupération des territoires perdus lors de la conférence de Berlin et d’ assurer la protection de leurs congénères Banyamulenge se trouvant au Congo. Croyez-moi, à cette allure cette histoire peut durer un demi-siècle si les congolais ne font pas preuve de vigilance. La deuxième solution envisageable pour le Congo, c’est de créer une puissance militaire qui permette de dire un mot dans la région des Grands Lacs. Le Congo est un grand pays qui s’il était mieux organisé, même l’Afrique du sud ne prétendrait pas être plus forte. Malheureusement à ce jour, c’est manifestement la faiblesse économique, politique et militaire qui handicapent le Congo. S’il réunissait les trois conditions, pensez-vous que Kagame oserait combattre ? Je ne le crois pas. Donc la solution se trouve dans la réorganisation de ce pays comme je l’ai tantôt décrit.

Q : Seriez-vous prêt à participer à un débat télévisé au Congo ?

F. Twagiramungu : Bien entendu ! Pourquoi pas ? Même au Rwanda si on m’assure la sécurité j’y irai. Oui aussi parce que des menteurs dominent la politique de notre région, des voleurs, des bandits, des aventuriers attirés par la richesse du Congo. Vous ne savez pas combien ce pays est en train d’être déchiré et volé par des gens que je connais personnellement et qui avaient juré qu’ils prendraient le Congo ne fût-ce que pour voler le diamant et l’or qu’il y a parce le pays est désorganisé.

Q : Qui sont-ils ?

F. Twagiramungu :  Il n’est peut-être pas temps de citer leurs noms ou les confidences. Sachez que je le sais. Le moment viendra où je citerai les noms. Ce n’est pas par amour des Banyamulenge que ce pays est attaqué. Mais par amour du diamant, de l’or, du cobalt, du cuivre et de toutes ces richesses dont le Congo est plein.

Q : A l’heure qu’il est, quel est le mot de soutien que vous aimeriez adresser particulièrement aux vrais congolais habitant la région de Banyamulenge. Je ne parle pas de Tutsi mais plutôt des Congolais qui sont entrain de mourir dans cette partie de la République.

F. Twagiramungu : Il n’y a pas une autre formule que de les encourager. Ils sont en train de mourir actuellement. Ils se donnent en sacrifice pour la libération de leur pays. Ce qui leur manque, c’est peut-être l’organisation mais sûrement le soutien de la communauté et de la presse internationales. Les distances étant ce qu’elles sont entre Kinshasa et les régions d’Uvira et de Banyamulenge, ils en souffrent beaucoup. Personnellement je les encourage à résister. Le pays leur appartient et ils ne doivent pas reculer ; bien au contraire il faut qu’ils cherchent des alliances et continuent leur combat.

Q : Pouvez-vous confirmer que vous iriez au Rwanda si toutes les conditions de sécurité étaient réunies ?

F. Twagiramungu : Pensez-vous que je continuerai à faire ma politique dans cet appartement à Bruxelles ? Il faudra que j’aille dans mon pays. On ne peut pas abandonner son pays aux mains des gens qui le connaissent très mal et qui comptent curieusement sur l’appui des américains. Mon pays est dirigé par fax et par téléphone, ce qui est regrettable. Il est temps que l’on ouvre les yeux et que l’on discute de la politique. Mais on ne peut pas parler politique avec des gens qui vous tiennent le couteau sur la gorge. Quand vous dites qu’ils tuent, ils disent non et vous qui dénoncez-vous devez disparaître. C’est pourquoi je ne le dirai jamais assez, l’assassinat de monsieur Sendashonga est un grand coup. On ne peut pas trouver un homme qui s’était donné corps et âme pour son pays et même pour le FPR mieux que ce personnage-là. Il était le ministre de l’intérieur du F.P.R. au sein du gouvernement que je conduisais. Nous avions démissionné ensemble. Il a été assassiné au mois de mai 1998 à Nairobi parce qu’il contredisait monsieur Kagame. Nous réclamons la sécurité. Nous ne pouvons pas aller au Rwanda sans sécurité.

Q : Il a été assassiné tout simplement parce qu’il disait la vérité ou il contredisait Kagame.

F. Twagiramungu : Il contredisait Kagame tant quand nous étions au gouvernement que quand nous en étions partis. Après notre démission, nous avions mis en place l’organisation politique qui nous permettrait de nous exprimer. C’étaient les forces démocratiques de résistance. Je suis indéniablement dans l’opposition. Les méthodes que Kagame utilise pour assassiner les politiciens sont un peu sophistiquées, dans lesquelles il doit être assisté par des services secrets étrangers. Si le Kenya, les États-Unis notamment voulaient que la vérité soit connue au sujet de l’assassinat de monsieur Sendashonga, ça ne prendrait pas deux heures. Nous avons des informations sur sa mort. Mais curieusement on continue à couvrir Kagame toujours en se servant du génocide rwandais. Même pour le Congo, c’est le même scénario. Je crois qu’il y a eu un génocide au Rwanda. Mais s’en servir continuellement tant sur notre territoire que sur celui des voisins, je trouve cela ridicule.

Q : Et le dernier mot ?

F. Twagiramungu : Puisque vous m’offrez cette occasion je dirai : Le Congo est un pays d’avenir et qui constitue un grand espoir pour beaucoup d’africains compte tenu de ses dimensions, de ses richesses et de ses citoyens. Il y a beaucoup d’intellectuels et de politiciens intelligents au Congo. Nous souhaitons qu’ils se mettent ensemble pour trouver des solutions appropriées à la situation actuelle. Ce faisant, ils pourront concrètement définir ce que c’est les Banyamulenge. Ces derniers (les banyamulenge) s’ils réclament la nationalité, ils peuvent l’obtenir sans prendre les armes et sans prêter main forte aux aventuriers venus de l’Ouganda et qui veulent dominer toute la région des Grands Lacs. Je demanderai aux Congolais d’être plus agressifs et de rester unis entre-eux pour que la vérité puisse triompher. Pour terminer je ne peux qu’exprimer le regret de ce qui se passe au Congo, l’exploitation de ses richesses qui sont aujourd’hui vendues à Kigali et à Kampala. Les deux capitales étant devenues les plaques tournantes de presque toute l’économie de la région. Ce que veulent ces gens, c’est l’exploitation de ce pays et non pas le bien ni la paix de son peuple. C’est là ma conclusion.

Interview réalisée par Zadain KASONGO. T.

Malheur aux maîtres-chiens !

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Depuis quelques temps, une avalanche d’injures couvrent la presse et les réseaux sociaux. Les habitués s’en délectent et semblent trouver une occupation favorite. Pas un jour ne passe sans que les activistes politiques congolais s’invectivent. Des noms d’oiseaux volent en éclat. Des complots réels et ou imaginaires sont dévoilés. Des politiciens en mal de positionnement s’inventent des stratégies. Une véritable foire politique où le vrai se mêle du faux.

Chrétiens et païens, commerçants et charlatans, voyous et savants se confondent.  Le congolais moyen, ne comprenant rien de ce qui lui arrive, ne sait plus où donner de la tête. Il ne se retrouve plus. Lui qui depuis deux ans attend de saluer l’arrivée du successeur. Hélas ! le monarque reste à la manœuvre des stratégies et de sa pérennisation. Pendant ce temps, dans le fin fond de mon Congo natal, une grand-mère du haut de ses 96 ans, imperturbable, bon pied, bon-œil attend de voter pour son arrière-petit-fils candidat à l’élection présidentielle. Personne n’ose lui expliquer l’imbroglio entretenu à Kinshasa par des activistes politiques et amplifié par leurs valets. Le nombre de ces derniers augmente de jour en jour. Sans culture politique aucune pour la plupart, ils sont surtout reconnaissables par la capacité à l’usage des mots orduriers, des injures et autres formules de persiflage.

Inconstants, versatiles à souhait, ils naviguent d’un clan à un autre sans transition c’est-à-dire sans réflexion. A trop vouloir manger à plusieurs râteliers, ils ne peuvent rien proposer de consistant d’où le vagabondage politique. C’est à ce genre de spectacle que nous assistons. Les valets politiques ne sont pas encore en panne d’idée pour amuser la galerie. Incapable de lire ce qui semblerait être sa déclaration politique devant les caméras l’un d’eux annonce renoncer à ses origines ethniques pendant que l’autre, c’est-à-dire son collègue vilipende la même ethnie qu’il menace de renvoyer de la capitale. Inculture consacrée !

Tout porte à croire que les valets ne sont pas maîtres de leurs actes. Que dire ? Ils restent valets aussi bien pour eux que pour la communauté. Et pour quel apport en politique ? Aucun, si ce n’est demeurer chiens de la meute lâchés contre un certain Félix TSHISEKEDI dont le seul péché serait celui d’être ce qu’il est, c’est-à-dire muluba. Pour mieux l’anéantir, tous les coups sont permis, y compris utiliser certains balubas sans scrupules prêts à vendre leur âme pour des miettes. C’est du déjà vu et du déjà entendu. C’est à croire que le fils du Sphinx aurait hérité de tout. Notamment ce charisme de faire trembler les adversaires politiques, insuffler peur et panique dans le camp de l’ennemi par sa seule présence. Observons bien ! Il est là sans rien dire, sans chercher à se défendre ni à se justifier pour des accusations aussi farfelues que grotesques. Et les médias sont débordés des propos incendiaires contre lui. Il y a de quoi se demander si ce n’est le même Sphinx, le même père qui renaît en lui. Le mystère de la réincarnation serait-il entrain de se réaliser sous nos yeux et la barbe des pourfendeurs du plus grand parti de l’opposition congolaise ? Si oui, auraient raison ceux qui avaient surnommé et considéraient le père comme Moise. Ils auraient ainsi prédit l’arrivée de Josué aujourd’hui en route vers la terre promise. De quoi faire trembler les kabilies, la régnante et l’oppositionnelle. Le bal des chauves ne fait que commencer pour ceux qui auraient compris la nécessité de retrouver fierté et dignité du peuple congolais. Le pays aujourd’hui est sous occupation. Seuls les chiens de la meute susdite d’ici et d’ailleurs tiennent à prolonger le bail de l’occupant en amplifiant la division entre Congolais, pour le bonheur de leurs maîtres. Le train de la révolution est sur les rails. Malheur aux maîtres-chiens ! 

Zadain KASONGO

Docteur LOSEKE serait-il atteint ?

La bombe a explosé dans les mains de son poseur. Il croyait rouler tout le monde. L’ancien médecin de CNPP se serait-il mué en goinfre politique? Sa plainte portée contre Jean-Marc KABUND-A-KABUND le secrétaire général de l’UDPS a été rejetée.

Il espérait obtenir l’annulation du congrès extraordinaire du parti. Selon lui, les organisateurs de cet important événement n’en avaient point qualité. Le procès vient de démontrer que c’est plutôt lui Tharcisse LOSEKE Nembalemba qui n’a aucune qualité de porter plainte contre KABUND-A-KABUND.

Pour longtemps, docteur Loseke en a eu et en aura pour son compte. Quelle mouche aurait piqué notre brave médecin et politicien sans envergure? Serait-il atteint? Oui certainement de la boulimie politique.

Bravo Docteur KABANDA! Pour avoir mis à nu la roublardise du toubib neurologue de Tshumbe. Véritable combat entre médecins politiques ? Pas vraiment car le match vient de se solder au premier round par arrêt de l’arbitre au tribunal de matete à Kinshasa.

Mis K.O  technique débout, le neurologue osera-t-il solliciter un match retour contre le néphrologue Kabanda? Rien n’est moins sûr. Maintenant, il ne faut plus relâcher. Toutes les bêtes politiques en divagation devront en prendre acte. Le neurologue, se serait-il tellement occupé des extravagants qu’il en devient un à surveiller?

l’affection mentale aurait-elle déjà commencé, par effet de contagion, à le ronger tout doucement ? Réponse à cette question dans un futur proche. Ce qui est sûr, docteur Loseke restera pour l’histoire politique de notre pays celui par qui le scandale de la boulimie politique a commencé mais surtout celui qui aura poussé les congolais à s’interroger sur la vraie nationalité de ses dirigeants. Qui est qui ? 

Zadain KASONGO

Etienne TSHISEKEDI Wa Mulumba : Le Baobab s’est écroulé ! [OPINION]

En ce 1er février 2017, une seule nouvelle préoccupe les Congolais tant de la diaspora que du pays. Jour pour jour en ce jeudi 1er février 2018, il y a un an. Elle les divise autant qu’elle les rassemble. C’est l’annonce de la disparition d’Étienne Tshisekedi Wa Mulumba. Figure emblématique de la politique congolaise. Opposant historique aux 3 derniers régimes non démocratiques du Congo.

Personne n’a l’air d’y croire. Les téléphones sonnent de quatre coins du monde. Ceux du Congo demandent confirmation à ceux de la Diaspora. Est-ce en Belgique qu’il aurait rendu l’âme se demandent les congolais, perturbés. Dans moins d’une heure, la planète entière est au courant. Le temps passe et la lugubre nouvelle se précise.

Le baobab s’est écroulé ! Des pleurs se font entendre. Jeunes et vieux, militants,combattantes,combattants et simples sympathisants prennent d’assaut la permanence de l’UDPS à Kinshasa. Tous consternés, ils pleurent celui qu’ils nomment « Père de la démocratie congolaise ». Il n’est plus.

A Bruxelles, c’est le même triste spectacle. La ville finit par mettre l’espace du Palais des Expositions sur le plateau du Heysel à la disposition de la famille. Seul endroit pouvant contenir cette marée humaine qui y déferle pour s’incliner devant la dépouille mortelle de celui qui incarnait l’espoir d’une réelle démocratie.

Et ils sont nombreux, des congolais venus de toute l’Europe, du Canada et des États-Unis. L’entrée dans le lieu est filtrée, contrôlée et bien régulée. Les incrédules se rendent à l’évidence. L’atmosphère est pesante. Tout le monde veut partager ces moments avec la famille Tshisekedi. La file est longue pour passer devant le cercueil exposé à l’intérieur du bâtiment. Anecdotes, vérités et mensonges autour de sa mort se racontent dans la foule. Plus on se rapproche du cercueil, plus on se rend réellement compte qu’il n’est plus.

Celui qui a fait vaciller Mobutu premier dictateur du pays cher à Simon Kimbangu. Celui qui, par son courage de dire la vérité au rebelle M’zée Kabila, s’est fait reléguer par ce dernier dans son village natal. C’était le prix à payer pour avoir exigé entre autres, la facture à devoir aux mercenaires qui ont aidé l’ancien trafiquant d’or et de diamant à conquérir le pouvoir. C’est toujours lui qui a dit tout haut que le pays était dirigé par un jeune rwandais incompétent et sans aucune culture politique.

Il n’avait pas sa langue en poche quand il fallait dénoncer la dictature, les anti-valeurs et l’occupation du pays. Son heure a sonné loin de son quartier général de Limete. Les nouvelles technologies de l’information facilitent la communication entre congolais éparpillés aux quatre coins du monde. Les membres de son parti, l’UDPS peinent à trouver des mots pour confirmer la triste nouvelle. Devant l’inévitable, ils sont réduits à l’impuissance. Des communiqués se préparent tant bien que mal.

Le choc est frontal, inattendu, la douleur indescriptible. La famille biologique effondrée, recherche les dernières énergies pour faire face à la suite des évènements. Pendant qu’elle tente de réunir ses membres, le régime de Kinshasa se prépare quant à lui, à les diviser en sablant le champagne. La fête se veut grandiose, triomphale, mais malsaine et immorale. Tant le chemin, pour les opposants à l’opposant historique, semble libre et dégagé. C’est lui (Tshisekedi) qui faisait peur au régime.

Maintenant qu’il est parti sans partir, les thuriféraires du pouvoir se frottent les mains. Ils multiplient interviews et communiqués dans la presse. Tantôt pour apaiser tantôt pour accuser les militants du parti et la famille biologique du défunt. Pendant ce temps le corps sans vie du leader Maximo traîne dans un funérarium bruxellois. Un an passé aujourd’hui à tergiverser sur le lieu de l’enterrement. La famille, le parti et le régime se rejettent la balle. Qui a tort ? Qui a raison dans ce duel sans raison ? Seul le plus lucide comprend et mesure les enjeux de la communication.

Pendant que certains membres de la majorité présidentielle, s’illustrent par des démonstrations accusatrices, le temps pour la veuve Tshisekedi affectueusement appelée maman Marthe semble s’arrêter. Celle qui une année durant porte le deuil de son regretté et charismatique mari. Elle ne peut enterrer l’homme de sa vie, de sa jeunesse. Les autorités de Kinshasa se refusent à faciliter le rapatriement du corps.

Ils sont nombreux au sein de cette plate-forme présidentielle dont les sorties médiatiques ne laissent pas indifférents. Même le moins averti des observateurs de la politique congolaise n’aurait de la peine à démêler le faux du vrai. Cependant deux parmi eux semblent battre le record et se disputent la première place dans la nouvelle discipline d’excellence à rebours au Congo Kinshasa. Quand l’un affirme, la main sur le cœur que le corps d’Étienne Tshisekedi a déjà été enterré, il prend soin de préciser même le nom du cimetière. L’autre déclare, pince-sans-rire, que la famille biologique aurait conditionné le rapatriement du corps de Tshisekedi par la nomination de Félix Tshisekedi son fils au poste de premier ministre.

L’amalgame est perceptible et le doute palpable. Interrogé par des journalistes, Félix Tshisekedi lève le voile. Ni ma famille biologique, ni ma famille politique n’ont posé aucune condition pour le rapatriement du corps du leader de l’UDPS. Je ne suis demandeur d’aucun poste politique précise celui qui a tout l’air d’incarner son père dans le combat politique. L’accord de la Saint-Sylvestre signé par l’opposition et la majorité présidentielle est clair. Il fixe les conditions de nomination d’un premier ministre.

Pour confondre les médiocres, à la veille du premier anniversaire du décès d’Étienne Tshisekedi, sa veuve et ses enfants décident de se réunir autour du cercueil de l’illustre disparu au Funérarium d’Ixelles. Les images font le tour de la toile et de différentes chaînes de télévision du monde. L’information circule. Les flatteurs du régime en prennent un coup. Ils semblent se taire depuis, tant la réplique est indiscutable.

Difficile désormais de croire à ces chantres de contre-vérités. Les connaissant, ils n’auront pas froid aux yeux pour rebondir dans l’art qui leur est cher. La médiocrité ! Pendant ce temps, le corps de feu Président Tshisekedi reste bloqué à Bruxelles et ne peut être enterré dans son pays. L’on peut se demander, par la volonté de qui? La réponse peut sembler simple, mais pas aussi simple que ça quand on se dit qu’en Afrique, devant la mort ou le défunt, c’est l’occasion d’enterrer la hache de guerre entre frères ennemis.

La communauté africaine, ici l’ensemble de dirigeants africains, s’avère impuissante de faire fléchir le Pharaon de Kinshasa ne serait-ce que le temps d’organiser les funérailles. Ceci aurait eu le mérite d’éluder les gesticulations des hommes du pouvoir. Jamais un mort n’aura fait tant parler de lui comme le sphinx de Limete. Même mort, il fait toujours peur.

L’occasion est toute belle de dénicher d’autres médiocres. Notamment ceux qui l’ont trahi pour embrasser Pharaon dans son camp. Ils se pressent aujourd’hui d’organiser des messes en son honneur. Question de marquer une certaine visibilité dans l’opinion, toute honte bue. Que reste-t-il du Baobab et de son combat ? Poser la question, c’est y répondre. Des jeunes gens décidés à perpétuer l’œuvre du vieux entendent poursuivre la lutte jusqu’à l’instauration effective de la démocratie dans un État des droits.

Zadain KASONGO

RÉACTION  A l’article de MARIE FRANCE CROS contre Félix TSHISEKEDI 

Je viens de lire non sans dégoût l’article ci-dessus sous la plume de madame Marie-France Cros, journaliste à la Libre-Belgique. Seul le titre renseigne des intentions malveillantes et de haine. 

 On peut se demander en quoi ceci est un article de presse. Aucun élément probant dans le corps du texte ne vient étayer l’argumentaire sur une certaine prétendue fuite du Président Félix TSHISEKEDI. 

 Madame Cros se plaît à rapporter ce qui peut s’apparenter à des sornettes. Et ce, dans l’unique but d’affaiblir les ardeurs de tout un peuple qui espère le départ du pantin terroriste placé à la tête du pays. C’est ça qui est lamentable madame Cros et non la prétendue fuite, fruit de l’imaginaire d’un prétendu interlocuteur en mal du sensationnel, si ce n’est l’auteure même . 

En ces temps de tensions et de profondes crises multisectorielles au Congo, est-ce le moment de diffuser des « chiens écrasés? » Impensable. Le seul mérite de ce papier est de briser l’espoir de tout un peuple et de redonner vigueur à un régime décadent, à la dictature . C’est ça qui est lamentable ! Les chaînes de télévision belges présentes à Kinshasa couvrant l’évènement ont diffusé des images d’un Félix TSHISEKEDI combattant et combatif, présent , assistant à la messe de ce dimanche. 

Aucune chaîne ne nous a arrosé de la prétendue fuite, sauf l’interlocuteur sans nom et non autrement identifié de madame Cros. Du journalisme ? Peut-être! Cet interlocuteur, à dire vrai « informateur chargé d’intox » n’avait-il qu’ un seul angle de vue pour réaliser son reportage sur un si important évènement ? C’est ça qui est lamentable ! 

Aucun digne professionnel de l’information ne peut se contenter de voir à travers un tel prisme des préjugés. Dans ce papier, aucun mot sur le jet de gaz lacrymogènes, ni sur la brutalité dont ont été victimes, prêtres, chrétiens et population venus nombreux défier la dérive dictatoriale du régime d’occupation. C’est ça qui est lamentable !

Aucun mot sur la mort des paisibles citoyens frappés, rançonnés sans vergogne par la soldatesque barbare. C’est ça qui est lamentable! Aurait-il des lunettes ultraviolettes pour identifier ce vent de distraction qui souffle en direction d’un peuple déchaîné et déterminé? 

Faudrait-t-il encore des preuves de la haine nourrie contre le peuple congolais et à travers lui tous ses dignes représentants dont Félix TSHISEKEDI ? 

Le prétendu interlocuteur s’il en était un, ne serait-il pas un colporteur au service du pouvoir finissant et chargé de détourner l’attention du peuple, diviser et affaiblir davantage l’opposition? 

 Autant des questions à se poser avant diffusion d’un tel papier lamentable. Oui ! Sauf quand on partage la même intention que son interlocuteur. 

 La lutte sera longue, les ennemis sont nombreux. Les congolais patriotes doivent se le dire. D’où l’impérieuse nécessité de s’unir pour renverser le rapport des forces. Prenez-vous en charge, dixit Étienne TSHISEKEDI wa Mulumba d’heureuse mémoire! 

Zadain !

Zadain

Le Cardinal AMBONGO SERAIT-IL UN MÉDIOCRE ?

Chez les chrétiens catholiques, le prestigieux titre de Cardinal est porté par le plus haut dignitaire chargé avec ses homologues d’autres pays, d’élire et d’assister le Chef suprême de l’église Catholique Romaine. Pour cela, la formation intellectuelle chez les catholiques est l’une des plus rigoureuses si pas la meilleure dans les pays d’Afrique sub-saharienne. Leurs écoles s’occupent de l’intellect. Mais forment elles l’homme, ce dernier étant un tout ?

Le Cardinal AMBONGO, archevêque de Kinshasa, serait-il un médiocre ? Telle serait juste une innocente question qu’un congolais imaginerait se poser à la suite de l’observation de derniers évènements et du climat politique actuel en République démocratique du Congo. 

La justification de cette interrogation est liée à l’attitude affichée par le Cardinal Ambongo ainsi qu’à la place qu’il s’est donnée dans le débat politique en cours. La preuve ? Son nom est actuellement le plus cité dans les discussions tant à la cité que sur les réseaux sociaux. Curieusement, il apparaît plus que celui de Mgr Utembi, président de la Cenco en exercice.  Malheureusement, l’Archevêque Ambongo lui a ravi la palme du succès ou de l’insuccès. C’est selon.

Pourtant, chacun sait qu’aucun prêtre, semble-t-il, ne peut accéder à ces hautes charges cardinalices en étant un nul, convenons-nous-en. Les critères d’accessibilité sont simples et ou multiples. Seuls les concernés et les initiés s’y intéressent, mais aussi en savent un peu plus. Si chez les catholiques on peut supposer que la qualité d’un certain cursus, d’un certain parcours serait nécessaire, elle l’est aussi dans d’autres domaines par et pour ceux qui y œuvrent. 

Les catholiques, mieux que tous les autres devraient le savoir. Les membres du clergé ajoutent souvent si pas toujours, c’est Dieu qui choisit. La formule consacrée est : « Les voies de Dieu sont insondables, voire impénétrables ». Comme pour dire : ce que Dieu a décidé, personne ne peut le remettre en doute. Curieusement ces mêmes voies ne sont pas insondables quand il s’agit du choix fait par le peuple en contradiction avec la volonté du Cardinal.

Déjà peu avant la chute du précédent régime Kabila et début de celui de TSHISEKEDI actuellement en cours, l’autre archevêque de Kinshasa en l’occurrence feu Laurent Monsengwo Pasinya, dans son style déclamatoire habituel, tel un prophète, lançait cette tirade restée gravée dans la mémoire politico-religieuse congolaise. Il avait déclaré ceci : « Il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systémique. Que les médiocres dégagent et que règnent la paix et la justice en République démocratique du Congo ».

Ce bref rappel peut rassurer chacun de mes lecteurs que l’intention de l’auteur ici n’est pas de porter atteinte à l’intégrité morale de qui que ce soit, mais de nous en servir, de tourner autour de cette réflexion pour peaufiner la présente analyse. Toutes choses étant égales par ailleurs, devant Dieu, les humains restent égaux.

Oui certains prêtres du Congo sont réguliers, présents plus dans l’une que dans l’autre de ces deux sphères de vie, religion et politique par excellence. Et ils s’en défendent.

Cependant, les médiocres auxquels il faisait allusion n’étaient pas si loin. Ils n’étaient pas seulement là où on semblait les imaginer, sous-entendu dans la sphère politique. Le Cardinal Monsengwo ne l’avait point clairement insinué. Les médiocres sont pourtant là. On les a vu à l’œuvre, et on les a même côtoyés. 

Par ailleurs, depuis deux ans, s’opère un renouvellement de la classe politique congolaise par un changement de régime qui signe une alternance apparemment apaisée peut-on le dire par rapport aux craintes d’avant les élections. Mais cette alternance n’est pas de tout repos tant pour les gouvernants que pour les autorités de l’église catholique. 

Si pour les premiers notamment le Président de la République, il s’agit de trouver des solutions à apporter aux difficultés majeures, et aux problèmes laissés ou causés par le régime précédent, pour l’église catholique cependant, il s’agirait d’imaginer, inventer, créer des mécanismes par lesquels il faut mettre fin au mandat en cours du Président Felix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Mieux encore, il s’agirait d’éviter avec adresse que l’actuel Président de la République rempile, alors que la Constitution lui en donne le droit. 

Donc, il s’agirait pour ces « prêtres » de marquer nettement leur opposition politique tout en se réclamant apolitiques en faisant la politique. Le beau rôle tout aussi ambigu qu’ils jouent n’a de sens que quand on cerne leurs objectifs. Le chaos, l’échec du Président actuel. Comment interpréter et comprendre certaines sorties médiatiques si pas toutes quand le premier représentant du Pape en RDC semble se mêler les pinceaux en faisant des déclarations hors contexte. 

Référons nous au dernier cas en date. En pleine célébration de la messe, lors des funérailles de feu Laurent MONSENGWO PASINYA, le Cardinal Ambongo déclare : « On ne peut rendre hommage à la mémoire du Cardinal Laurent Monsengwo si on laisse la population croupir dans la misère, alors que les gouvernants vivent dans l’opulence ».

C’est la phrase de trop. C’est la phrase qui tue. Ni le contexte, ni l’atmosphère de deuil pendant la cérémonie ne justifiaient pareille sortie impromptue ! Sauf à vouloir régler certains comptes politiques contre des ennemis ou adversaires ou même à vouloir s’attirer de la sympathie politique chez les adversaires du Chef de l’État qui était présent en première ligne en face de la chaire utilisée par le Cardinal pour soi-disant prêcher. Même dans un combat de catch le plus sauvage, le célèbre catcheur Edingwe parvient à respecter arbitre, spectateurs et téléspectateurs.

Et les participants de se demander de quelle opulence parle-t-il ? Sûrement pas de la sienne. Lui qui a reçu gratuitement deux véhicules de luxe en l’espace de deux mois. De quelle opulence parle-t-il ? Il est admis que l’usage des paraboles, d’adages et autres formes de style langagier reste courant dans les prédications des hommes de Dieu. Mais ici, la question a été tournée dans tous les sens pour comprendre. Rien n’y fait. C’était tout simplement hors contexte. Propos difficiles à contextualiser. C’est ce que les professeurs de cours de français soulignaient au Bic rouge sur le papier de l’étudiant en inscrivant cette annotation célèbre : « HORS SUJET!» 

Cette note scolaire appelée cote en Belgique, cumulée à d’autres, aboutissait à l’appréciation générale qui se traduisait par « médiocre ». Dans les écoles catholiques, un élève coté médiocre en était exclu à la fin de l’année. Ses chances de se réinscrire dans une autre école catholique étaient nulles. De même, aucun autre élève venant d’une autre école que catholique ne pouvait être inscrit, admis dans une école catholique avec un bulletin portant cette cote de Médiocre.

Or, le constat est qu’actuellement ces médiocres se retrouvent malheureusement au sein de la classe politique, mais aussi au sein du clergé.

Tribalisme primaire ou lubaphobie ?

Tout peut être dit. Des conclusions aussi hâtives soient elles peuvent être encore tirées. L’homme peut être tout sauf un religieux, encore moins un politique. L’habit ne fait pas le moine nous dirait on. Lui est moine et porte cet habit. Cet habit cache-t-il le moine que l’œil ordinaire du commun des Congolais ne semble point voir ? Plutôt que cache le moine qui serait dans cet habit ? Le Cardinal AMBONGO y cacherait il un guerrier à la recherche des glorioles, ou un politicien qui n’ose pas se déclarer à travers un véritable parti politique ? 

De mémoire de congolais aucun comportement de prêtre catholique n’a autant nourri en mal des conversations de salons aussi bien huppés que ceux des bidonvilles de la République démocratique du Congo. Ambongo par-ci, Ambongo par-là ! Il est sur toutes les lèvres. O mon Dieu ! quel exploit de se faire tirer vers le bas à force d’accumuler couac, bourdes, indélicatesse et indécence à l’intelligence ? 

Dans certains secteurs professionnels autres que la religion, seul le sceau de l’incompétence aggravée mériterait d’être apposé sur le document de licenciement d’un pareil ouvrier ou cadre d’entreprise. Les Congolais constatent que dans le dire et l’agir du prélat transpire la tare d’un tribalisme primaire mortel. Tenez ! Un candidat s’est vu refuser d’aspirer à ce poste de Président de la CENI (Commission Électorale Nationale Indépendante) pour un seul motif qu’il était de l’ethnie luba. Alors que ce critère d’exclusion ne figure sur aucun texte de règlement. 

Décision ne reposant sur aucun critère. Seule la voix du Cardinal compte pour écarter le candidat. Tout autour de lui y compris dans son cabinet, la province majoritairement représentée est la sienne, à savoir celle de l’Équateur. Dans les années antérieures, selon des informations en notre possession, il se révèle qu’il ne suffisait pas de déclarer sa vocation pour devenir prêtre. Un jeune homme en avait fait les frais. 

Après avoir attendu et avoir travaillé auprès de son éminence Évêque Ambongo, il s’était vu refuser l’ordination sous un motif le plus fallacieux possible qu’il était jugé inapte. Voilà une autre manière de déclarer quelqu’un de médiocre. Or il se dit clairement dans ce milieu là que l’appartenance tribale du jeune homme aurait beaucoup pesé dans l’appréciation de son chef spirituel qu’était Mgr AMBONGO. 

Ainsi le pauvre n’a jamais été ordonné prêtre et avait dû retourner dans son Kasaï natal à Kananga. Il avait mis ainsi une croix sur ce qu’on appelle vocation sacerdotale. Plus près de nous monsieur AKUSUL SUKULA professeur d’université, chrétien catholique devant l’Éternel jure de ne plus mettre ses pieds à l’église catholique vu le comportement et le tribalisme avéré du Cardinal. Ils sont nombreux à jurer pareil. La baisse de vocation s’ensuivra. 

Madame Lisette Lisa Mongendu congolaise de père et de mère originaire de l’Équateur n’a pas attendu pour épingler dans une lettre ouverte, le tribalisme primaire du Cardinal AMBONGO son frère de clan. Plus forte encore est la réaction de l’analyste de télévision sur les réseaux sociaux l’excellent Christian BOSEMBE, congolais de père et de mère, lui-même originaire de l’Équateur. Juriste de formation, il demande au Cardinal sans le citer, sur base de quel texte de loi ce dernier se permet de rejeter les candidatures des originaires luba au poste de la présidence de la CENI entre autres.

La nouvelle a traversé les frontières. A l’ère du numérique, plus rien ne peut longtemps rester caché. Hier, le Cameroun faisait écho d’un courrier adressé au Cardinal en signe de lettre ouverte pour le rappeler à l’ordre. Aujourd’hui c’est du Sénégal que nous vient un cri de détresse et de profonde déception des chrétiens catholiques indignés du comportement du non moins célèbre prélat catholique congolais AMBONGO. 

Que dit-on ? Célèbre ? Oui célèbre, le qualificatif l’est dans tous les sens. Seuls comptent, le déterminant et l’explication que l’on met devant et derrière. Le premier et le dernier de la classe sont tout autant célèbres l’un et l’autre. Surtout quand c’est à répétition, donc sur une longue durée. Autant on s’habitue à admirer le premier de classe ou de promotion donc le meilleur, autant on se lasse d’encourager le cancre qui n’écoute aucun conseil et continue à en faire à sa tête. Il est tout autant célèbre.

Star du mal, star en mal !

Lors de la lecture d’une libre tribune diffusée cette semaine dans les réseaux sociaux, deux confrères ayant lu un article où le prélat catholique est pris à parti n’ont pas hésité à interpeller son auteur. On ne peut pas critiquer un ministre de l’Église disent ils. Pourtant le même ministre ne met pas de gant pour dénuder par un vocabulaire cru d’autres ministres, en l’occurrence ceux du gouvernement qu’il critique sans considération. Il ne fait d’ailleurs que ça. 

On pourrait se demander si sa profession était celle de critiquer le gouvernement et ses animateurs, ne se limiterait qu’à cela, au point de se contredire quand il déclare que sa fameuse CENCO aurait une mission prophétique d’accompagner le peuple de Dieu. Lequel peuple ne serait visible que dans sa pensée.

LA PARABOLE DE LA PAILLE ET DE LA POUTRE :

« Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. »  

Évangile selon Matthieu chapitre 7, versets 3 à 5 :

Il nous revient de constater qu’une certaine loi non écrite serait d’application au sein de l’église catholique congolaise. Mais, on n’en parle jamais. Pour être fait Cardinal, il faut être originaire de l’Équateur ou y avoir des liens même indirects. 

Simple observation :

1)Joseph Albert MALULA fait premier Cardinal est de père lubakasai et de mère de l’Équateur. C’est sur l’identité de sa mère qui l’a élevé seule qu’il avait été fait Cardinal. L’étonnement du Président Mobutu au stade lors d’un meeting en disait long. Il venait d’apprendre que le père du tout premier cardinal était d’origine luba-kasai. Car Malula avait décidé de dédier sa première messe à son père en allant la célébrer sur le sol Kasaïen.

2) Cardinal Frédéric Etsou Nzabi Bamungwabi, né le 3 décembre 1930 et décédé le 6 janvier 2007, était de l’Équateur.

3) Cardinal Laurent MONSENGWO Pasinya originaire d’Inongo, ancienne localité de l’Équateur, rattachée plus tard au Bandundu

4)Cardinal Fridolin AMBONGO Besungu originaire de l’Équateur

Comme on peut le constater, le Cardinal AMBONGO n’a jamais dit mot sur ça. Il ne serait pas étonnant qu’il soit considéré dans le futur comme un incitateur à la haine tribale dans ce pays par des prochaines générations. 

PARADOXE COMIQUE

Le paradoxe qui ferait rire certains serait ce constat de similitude à rebours entre un prêtre qui se comporte comme un catcheur et un catcheur qui décide d’abandonner le ring , les fétiches et le monde de spectacles mondains pour embrasser la parole de Dieu. Il s’appelle EDINGWE. Quelqu’un nous avait prévenus qu’il y aurait dans ce pays un Président entrant et un Président sortant. C’était sans préciser qu’il s’agirait d’un catcheur sortant pour l’église et d’un prêtre sortant de l’église pour entrer sur le ring pas seulement du spectacle mais aussi politique. 

Et KADIOMBO s’invite !

Pendant tout ce temps maman Nicole NGALULA Ilunga veuve Kadiombo se bat seule pour rétablir la vérité sur le meurtre de son cher époux Mars Kadiombo Yamba Bilonda décédé depuis plus de deux semaines.Comme si cela ne suffisait pas pour cette famille, maman LUSAMBA NZEBA mère du défunt comédien vient de le rejoindre dans l’au-delà sans avoir enterré son fils. Double deuil pour la veuve. Elle reçoit du réconfort moral du monde entier par des coups de fil, mais jamais celui du Cardinal pourtant réputé être du côté des plus faibles, veuves et orphelins. Le seul combat qui accapare le représentant du Christ à Kinshasa est celui de la prochaine élection présidentielle.

Quoiqu’il en soit, l’histoire nous démontre que le choix de faire de quelqu’un président de la République Démocratique du Congo ne dépend pas du président de la CENI seul, mais aussi de Dieu. Sinon, les congolais savent qu’un certain monsieur dénommé Emmanuel Ramazani Shadary, Tout puissant Secrétaire Général du PPRD, parti au pouvoir et dauphin de son état du Président Joseph Kabila Kabange lors des dernières élections présidentielles de 2018, ayant déclaré avant de déposer son bulletin dans l’urne « que dès ce soir, il serait élu président de la République Démocratique du Congo ». Il ne le deviendra jamais et la suite est connue de tous. 

Que reste-t-il de l’évangile selon saint Ambongo? Sûrement mettre sur le chemin de l’exil tous les baluba-kasai à défaut de les éliminer physiquement comme l’avait fait un autre Saint en Allemagne Nazie ou Saint Antoine Gabriel KYUNGU wa Kumwanza au Katanga en 1992-1993.L’homme est déterminé à faire parler de lui, à laisser ses traces dans l’histoire de la République démocratique du Congo. Quel euphémisme ! Mais quelle histoire ? Celle de l’évangile de la haine. Faudra-t-il attendre la mise à exécution de son plan ? Il se chuchote entre certains congolais la désertion pure et simple de l’église catholique comme l’a déclaré ce professeur d’université en Belgique et d’autres qui ont requis l’anonymat. Ils n’entendent pas prier et partager la même parole qui prône l’amour avec ceux qui prêchent la haine sans masque, c’est-à-dire sans se voiler la face. En ce temps dominé par des mesures sanitaires contre la pandémie de Covid-19,la précision reste utile.

Notre Cardinal Ambongo n’en a-t-il jamais tiré de leçon ? A moins qu’il n’ait rien appris de l’histoire récente. Ce qui serait une des caractéristiques des potentiels médiocres !Il serait un véritable défi à la médecine, un malade qui s’ignore.

Ce qui, cependant reste vrai, est que les médiocres du futur, ce n’est pas la peine de les chercher ailleurs ni de les attendre, ils sont déjà parmi nous !

Zadain KASONGO